Culture : il n’y a pas d’âge pour apprendre

Jeudi 13 Décembre 2018 - 20:47

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Paralysés par leurs émotions, les adultes hésitent souvent à se lancer dans l’acquisition d’un nouveau savoir. Dommage! On sait aujourd’hui que le cerveau peut toujours emmagasiner et que c’est à l’âge mûr que l’on donne du sens à ce que l’on apprend.

L’apprentissage n’est pas le privilège de la jeunesse. Si certaines fonctions cognitives commencent à diminuer autour de 25-30 ans, 35 pour les plus chanceux, ce ne sont pas ces facteurs physiologiques qui handicapent le plus les adultes. « La peur est le principal obstacle à l’apprentissage des adultes. Apprendre est déstabilisant et nous renvoie à nos limites, à nos phobies, à nos doutes », selon un neurologue.

L’exemple récent est celui d’une vieille femme kényane âgée de 95 ans qui s’est inscrite à l’école pour apprendre à lire et à écrire. Son image a fait la une des médias locaux, après avoir été photographiée à l’école en uniforme assise dans une salle de classe au milieu d’autres femmes qui ont la même envie de se familiariser avec l’alphabet. Chebelina Mukomuga, qui estime être née en 1923, a dit ne pas avoir eu la chance de s'inscrite dans une école, quand elle était plus jeune.

La vieille femme s’est inscrite à l’éducation des adultes avec plusieurs autres femmes âgées du Kenya. Elle est la plus âgée de sa classe et semble vouloir apprendre, sans se soucier de son âge.

En effet, l’âge n’est qu’un nombre et on peut apprendre toute sa vie. Or, certaines personnes, une fois adultes, délaissent les apprentissages, comme s'ils étaient réservés au monde de l’enfance ou encore pire, au système scolaire. Or, notre cerveau a la capacité d’apprendre toujours et de façon illimitée, pourquoi s’en priver ?

Le cerveau de l’adulte a ses atouts

Il y a des avantages à apprendre adulte plutôt qu’enfant. On est souvent impressionné de voir à quel point les enfants apprennent vite et on se dit que les adultes sont définitivement bien lents. En réalité, le cerveau de l’adulte a ses atouts. Premièrement, atout de taille : son « historique ». Le cerveau de l’adulte va se servir des connaissances déjà acquises pour faciliter les nouveaux apprentissages en établissant des connexions. On sait, par exemple, qu’il est plus facile d’apprendre une seconde langue étrangère qu’une première. En effet, face à un nouveau mot de vocabulaire, le cerveau va non seulement le comparer au vocabulaire de la langue maternelle mais aussi à celui de la première langue étrangère apprise, pour trouver d’éventuelles similitudes et faciliter la mémorisation. Le cerveau, efficient, utilise ce qu’il sait déjà pour accélérer les apprentissages et l’adulte a une base de données importante, de part le nombre d’années à accumuler des informations.

Enfin, il y a également l’expérience liée au temps, ce que certains pourraient appeler la sagesse qui donne une dimension supplémentaire aux enseignements : celle du sens. Alors qu’enfant, on peut parfois apprendre sans bien savoir pourquoi, l’adulte qui se lance dans un apprentissage en connaît les raisons profondes. C’est ce sens qui est source d’intérêt, un des piliers fondamentaux de tout nouvel apprentissage. C’est aussi ce sens qui alimente la motivation et permettra de persévérer là où, plus jeune, on aurait pu baisser les bras. Ainsi, il est temps de se lancer aux nouveaux défis et à faire de votre vie un apprentissage permanent et une aventure extraordinaire.

Yvette Reine Nzaba

Légendes et crédits photo : 

-Chebelina Mukomuga dans une salle de classe

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