Cuvette ouest : le préfet dresse un état des lieux alarmant du département

Samedi 11 Mai 2019 - 16:00

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Dans le cadre de la deuxième session ordinaire administrative du conseil départemental, ouverte le 8 mai, Edouard Denis Okouya a fait, devant l’assemblée locale, l’état des lieux de son entité administrative. Il ressort de son exposé que son département régresse de plus en plus car presque tout lui manque actuellement.

A l'issue de sa récente tournée départementale, Edouard Denis Okouya n’a pas eu de retenue pour présenter aux élus locaux, secteur par secteur, le sombre tableau de la Cuvette ouest. Dans le secteur éducatif, par exemple, le préfet a affirmé que le département, d'une superficie de 26 000 km2 et peuplé de près de trente mille habitants, accuse un déficit de mille quatre-vingt-huit enseignants, rien que dans le sous-secteur de l’enseignement général, pour un besoin exprimé de mille cinq cent cinquante-six enseignants. Dans ce nombre, à peine cent cinquante-neuf enseignants sont actifs, en majorité les prestataires, soit un déficit de six cent vingt-trois enseignants pour couvrir le gap. Dans le sous-secteur de l’enseignement technique, la réalité est presque la même. Les trois établissements techniques que compte ce département ont un déficit en personnel, surtout dans les filières plus techniques.

Quatre médecins pour près de trente mille habitants

Le secteur de la santé n’est pas épargné par cette triste réalité. Les données publiées par le préfet font froid dans le dos. Il ressort notamment que la Cuvette ouest, avec six districts (Ewo, Okoyo, Mbama, Etoumbi, Kéllé et Mbomo), compte deux hôpitaux de base, dix-sept centres de santé intégrés,  mais n’a que quatre médecins. Pire, tout le département ne dispose que de cent cinquante-neuf agents de santé. « Avec ce maigre nombre du personnel soignant, on ne peut que s’attendre à des performances en dessous de la norme, comme l’a été celles de la couverture vaccinale qui plaçaient notre département dans la zone rouge, au même titre que d’autres départements, tels que le Pool et la Likouala », a souligné Edouard Denis Okouya.

Parlant des infrastructures routières, le préfet a aussi relevé que le réseau routier de la Cuvette ouest est long de 1 672 km, soit 672 km de route nationale,196 km de routes départementales et 804 km de routes d’intérêt local. Sur l’ensemble de ce réseau, seulement 200 km de routes  sont bitumés et 103 km de réseau latérité. Les autres routes sont quasiment impraticables car étant dans un état de dégradation inquiétant, rendant la plupart des localités départementales inaccessibles, a indiqué le préfet. Parmi ces routes en terre, figure le tronçon Boundji-Ewo, long de 80 km, dont les 25 restants sont abandonnés depuis 2011.  Hormis le réseau routier, nombre de ponts sont coupés à la circulation depuis des lustres, empêchant la population à se mouvoir librement d’un coin à l’autre, a révélé le préfet.

Le chef-lieu du département dans le noir

Dans la kyrielle des manquements épinglés, Edouard Denis Okouya a aussi parlé avec regret de la non-connexion d’Ewo au réseau électrique d’Imboulou, comme initialement prévu par le gouvernement. Il a tout de même rassuré le Conseil départemental que cette année, le gouvernement a prévu une ligne budgétaire pour corriger cette défaillance. « S’agissant des départements devant bénéficier du boulevard énergétique du barrage d’Imboulou, à l’instar des Plateaux, je vous avoue que la Cuvette ouest est bien inscrite dans le budget 2019. Une ligne de huit cents millions est prévue dans le volet investissement pour connecter Ewo, notre chef-lieu de département, au réseau d’Imboulou », a précisé le préfet.

Edouard Denis Okouya a aussi déploré le manque d’eau potable dans le département, malgré l’apport du projet Eau pour tous, dont la plupart des installations techniques sont tombées en panne faute d’entretien ou soit vandalisées par les inciviques. Il s’est aussi inquiété du chômage des jeunes, de l’insécurité qui prend de l’ampleur ainsi que du braconnage des espèces animales protégées par la loi.

Précisons que les travaux de la deuxième session ordinaire du Conseil départemental se poursuivent dans les quatre commissions mises en place pour la circonstance. Il s’agit de la commission budget, chargée d’adopter le budget de l'exercice en cours ainsi que celui de l’année dernière par régularisation ; la commission des comptes de gestion et administratifs qui, elle, planche sur l’exécution des budgets exercices 2017 et 2018; la commission délibération, chargée de rédiger les délibérations du Conseil; enfin la commission comité de gestion du développement communautaire, qui examine les statuts et le règlement de ces comités de gestion.

Firmin Oyé

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