Développement touristique : la route Diosso-Loango en voie d'être aménagée

Mardi 2 Octobre 2018 - 15:15

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Le tronçon long de douze kilomètres a été visité récemment par la ministre Arlette Soudan-Nonault, dans le cadre du projet de la Route de l’esclave qui vise à restaurer ce lieu de mémoire où s'est patiquée la traite négrière.

La pose de la première pierre de construction de la Route de l’esclave a eu lieu en 2002 mais jusqu'à ce jour, les travaux n’avaient jamais débuté. C’est finalement le 3 juillet dernier qu'ils ont été lancés et l’inauguration de la stèle a eu lieu le 23 juillet, une date référentielle parce qu’elle marque l’abolition de l’esclavage prononcée par l’Unesco.

Arlette Soudan-Nonault, alors ministre du Tourisme et des loisirs, avait comme priorité après la prise de ses fonctions, la constitution du circuit touristique de la Route de l’esclave, en partant de Loutété jusqu’à Loango. Le but étant d’en faire une destination touristique mondiale. Pour ce faire, elle avait fait part de ce projet au directeur de Total Congo de l’époque. La société Total a finalement porté ce projet. Une étude de faisabilité a été faite par le Centre d’études de civilisation Loango en ce qui concerne l’aménagement de cette route dans sa composante Diosso-Loango, avec point de départ le nouveau musée de Diosso et point d’arrivée la stèle de Loango. Au terme de celle-ci, il a été démontré que cette route pouvait se réaliser. Cependant, beaucoup reste encore à faire.

C’est dans ce contexte que la ministre du Tourisme et de l’environnement s’est rendue sur les lieux pour voir ce qui s’est déjà fait. 

À propos, le gouvernement, par le biais du ministère du Tourisme, travaille avec la préfecture du département du Kouilou pour l’ouverture d’une voix d’accès autre que celle existante, parce que le terrain est assez fragile et il y a l’emprise de l’eau qui crée des érosions sur les fronts de berges. Par ailleurs, il est recommandé de préserver les écosystèmes fragiles.

« Nous sommes en train de monter un plan d’aménagement (...) Ce territoire paraît banal pour les nouvelles générations mais en fin de compte, c'est un lieu de grande histoire qui n’appartient pas qu’au Congo mais également à l’histoire de l’Afrique et à celle de l’humanité tout entière. Nous sommes ce qu’on appelle un centre de départ, nous ne sommes pas un centre de transit. Nous partons de Brazzaville du côté de Yoro en suivant le Chemin de fer qui nous a conduits jusqu’à cette baie, ce qui est une triste histoire pour nous aujourd’hui. Si nous voulons nous projeter vers l’avenir, il nous faut savoir qui nous sommes, qu’est ce qui nous est arrivé pour ne pas que cela se reproduise », a déclaré Arlette Soudan-Nonault.

Pour le conservateur et expert, Frédéric Pambou, le circuit de 12 km entre Diosso et Loango est bien établi. Il y a des panneaux de signalisation, des paillotes, des panneaux descriptifs qui racontent à chaque point ce que cette odyssée a été pour tous les peuples d’Afrique noire.

Quant à la stèle rénovée, Frédéric Pambou a indiqué que la difficulté a été de respecter les canaux traditionnels pour relever l’ancienne stèle, vu que l’ossature de fer n’existait pas car celle-ci pouvait à nouveau tomber. « Ce qu'il nous faudra à l’avenir, c’est d’y mettre un panneau descriptif pour raconter l’histoire de cette stèle, parce que nous n’avions que reproduit ce qui est écrit avec toutes les fautes que vous voyez (...), nous avions construit cette stèle avec le matériel roc (...) Au regard de cette stèle mémorielle, vous avez là trois événements en un événement… Il y avait le Loango français, le Loango anglais et le Loango portugais », a-t-il expliqué.

Parlant de l’histoire, le conservateur a rappelé que Loango était la première ville de la côte congolaise (1889-1923), administrée par Albert Dolisie qui a créé la circonscription du Kouilou-Niari dans le Congo- français. C’est par là que devait passer la voie de pénétration pour l’intérieur du Congo, précisément là où il y a la fameuse piste des caravanes. Lorsqu’officiellement il y a le décret qui crée la ville de Pointe-Noire en 1921, deux ans après, Loango a cessé d’être le chef-lieu de la subdivision de ce qu’on appelait à l’époque le Kouilou.

Frédéric Pambou a signifié qu'officiellement, environ deux millions d’esclaves ont été embarqués à partir de ce lieu. Un chiffre qu'il juge minoré pour la simple raison que ce lieu n’est que le port d’embarquement mais ces esclaves venaient de loin et il y avait la jonction entre la traite transatlantique pratiquée par les Occidentaux et la traite arabe. A titre de rappel, la traite a commencé en 1502 jusqu’en 1848 et même plus tard.

Avant de regagner Brazzaville, la ministre du Tourisme et de l’environnement, accompagnée du préfet du département du Kouilou, Paul Adam Dibouilou, a visité le pont du Bas-Kouilou.

Bruno Okokana

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : La stèle de Loango Photo 2 : La ministre du Tourisme et de l'environnement suivant les explications du conservateur Photo 3 : L'une des paillotes rénovées par Total Photo 4: La Route de l'esclave

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