Devoir de mémoire : des praticiens du droit rendent un hommage à Placide Lenga

Mercredi 26 Février 2020 - 18:15

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Un hommage solennel a été rendu à l’ancien premier président de la Cour suprême, Placide Lenga, par les universitaires, praticiens de droit, étudiants et autres sachants, en marge de la cérémonie de mise en place du groupe Congo de l’Association Henri Capitant.

Magistrat chevronné, Placide Lenga a étudié à l’Ecole de Mbounda, au lycée Pierre-Savorgnan- de- Brazza et en France. Il était détenteur d’un certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Sa carrière professionnelle a débuté à l’époque précoloniale et s’est poursuivie jusqu’après l’indépendance du Congo.

C’est en fait un grand témoin des mutations intervenues dans le pays aussi bien sur le plan politique que juridique. Homme de droit, Placide Lenga était reconnu par sa rhétorique et son attachement à la justice.     

 Comme Henri Capitant, Placide Lenga, docteur en droit, a enseigné à la Faculté de droit de l’Université Marien-Ngouabi et a des disciples, a souligné le président du groupe Congo de l’Association Henri Capitant, Eric Dibas-Franck.

« C’est un symbole qui permet de perpétuer la mémoire de celui qui représentait à l’endroit des Congolais et au-delà l’un de nos meilleurs maîtres en droit », a-t-il renchéri.

Né le 5 décembre 1939, Placide Lenga a quitté la terre des hommes le 5 septembre 2019. Il a assumé plusieurs fonctions parmi lesquelles celles de procureur général près la Cour d’appel et la Cour suprême. Diplômé en droit, Placide Lenga était également licencié en histoire. Il a enseigné à la fois à l’Université Marien-Ngouabi et à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature.  

« La vie de monsieur Placide Lenga est une trajectoire, dans le temps, définie par un commencement et une fin ; son activité professionnelle se déroule au sein des tribunaux de la France d’Outre-Mer jusqu’à l’institutionnalisation du pouvoir judiciaire au Congo et au-delà », a indiqué Samuel Gatabantou, magistrat émérite, ancien président de la chambre administrative de la Cour suprême.

Selon lui, l’illustre disparu « c’était aussi un timbre, une voix qui tonnait dans les prétoires de justice. Il était de taille moyenne, d’apparence svelte avec une éloquence vive, fruit d’une longue pratique des parquets, un esprit retors, une perception aiguë de l’infirmité de la vie de l’homme ordinaire », a-t-il ajouté.

Membre de l’Association des hautes juridictions de cassation d’Afrique francophone et de l’Association africaine des hautes juridictions francophones, Placide Lenga, a apporté sa contribution dans l’évolution du droit congolais.

La mise en place du groupe Congo de l’Association Henri Capitant et l’hommage à Placide Lenga ont eu lieu en marge du colloque international sur l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), tenu du 24 au 26 février à Brazzaville et Pointe-Noire.

Invitée à la cérémonie, la présidente du Conseil économique, social et environnemental, Emilienne Raoul, s’est réjouie de la mise en place du groupe Congo de l’Association Henri Capitant.

« Il est heureux et bienvenu que l’Association Henri Capitant, à la faveur du colloque sur l’Ohada en marche ait mis en place un groupe Congo qui sera, à n’en point douter, un espace privilégié non seulement pour la promotion de la culture juridique romaniste mais également pour la progression de la réflexion sur les sujets divers et variés qui impactent nos sociétés », a-t-elle déclaré.  

Christian Brice Elion

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