Diplomatie : la énième conférence sur la Libye, un succès selon l’ONU

Mercredi 14 Novembre 2018 - 13:15

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Après Brazzaville, le  Caire,  Paris  et  New York, la crise libyenne a été une fois de plus au cœur d’une rencontre internationale, les 12 et 13 novembre, à Palerme, en Italie.

À l'initiative de l'ancienne puissance coloniale, la conférence a eu pour objectif de tenter de trouver une issue à la crise politique dans laquelle s’est enlisée la Libye, qui reste divisée entre deux autorités rivales et une multitude de milices lourdement armées.
Parrainée par l’ONU, la rencontre de Palerme s’est  penchée sur le nouveau plan élaboré par l’envoyé onusien, Ghassan Salamé, qui prévoit l’organisation d’une conférence nationale sur le sol libyen, en tout début de l’année 2019, et de la faire suivre par des élections au printemps. Le représentant spécial sur la Libye pour les Nations unies a parlé de succès, tout comme le président du Conseil italien, Giuseppe Conte.
« Les réformes économiques et sécuritaires ne sont rien si un engagement politique n’est pas obtenu », a reconnu Ghassan Salamé. Selon lui et sur la base d’un sondage d’il y a une semaine, 80% des Libyens sont pour « un Etat légitime et légitimé ».

En résumé, a dit le diplomate onusien, « Il n’y a pas de solution militaire. Il n’ y a que vous pour résoudre l’équation libyenne. Et c’est à ce prix que le monde va vous accompagner. Mais, seule compte la volonté du peuple. Lui seul va donner la légitimité à celui ou à ceux qui voudront diriger ce pays ». Mais il a conclu son propos sur une proposition déjà faite par l’Union africaine : la conférence inclusive pour la réconciliation qui devrait se tenir en terre africaine et libyenne surtout.

Pour le président du Conseil italien, Guiseppe Conte, la solution ne viendra pas de Palerme. « Palerme est une pierre de plus aux côtés de bien d’autres déjà posées pour aider la Libye à retrouver la vie normale... Il s’agit de garder   en   éveil   la   communauté   internationale   pour   accompagner   ce   pays », a-t-il déclaré dans son mot introductif.

Par ailleurs, le chef de l’exécutif italien a salué les précédentes initiatives (Paris ; Egypte) en 2017. C’est ainsi que quelques personnalités sont intervenues pour donner leur opinion ou garantir leur apport au processus de retour de paix et de la stabilité en Libye. Outre les leaders libyens reconnus comme principaux protagonistes, le président tunisien est lui aussi intervenu.
Tous ont pris des engagements fermes de tourner le dos à la guerre et d’aller dans le sens souhaité par la communauté internationale et la majorité du peuple libyen.

Le Congo a été représenté par le ministre Charles Richard Mondjo, qui s’est entretenu avec le président  du conseil  des  ministres italien pour un court  entretien bilatéral prévu avec chaque chef de délégation. Il a rappelé que le président congolais, Denis Sassou N’Guesso, pilote le Comité de Haut niveau sur la Libye mis en place par l’Union africaine. Il a insisté sur les initiatives dont l’acte majeur a été la présence à Brazzaville, en septembre 2017, des principaux protagonistes de la crise libyenne.

Mais outre la difficulté de trouver un terrain d’entente entre le chef du Gouvernement d’Union de Tripoli, Fayez El Sarraj, soutenu par l’ONU d’une part, et le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est du pays, de l’autre, la réconciliation inter-libyenne est confrontée à un défi extérieur.
À commencer par la rivalité entre l’Italie et la France. Rome, s’appuyant sur ses relations historiques avec la Libye en tant qu’ancienne puissance coloniale, veille à préserver ses importants intérêts économiques dans ce pays maghrébin.
Quant à Paris, souvent pointée pour son rôle dans la chute du régime de Kadhafi qui a précipité la Libye dans le chaos politique et l’insécurité généralisée, les enjeux sont d’ordre économique, mais aussi sécuritaire en méditerranée et au Sahel.

Yvette Reine Nzaba

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