E-rencontre littéraire : « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres » au menu des échanges

Lundi 21 Septembre 2020 - 18:11

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Le poète congolais, Tristell Moussoki, a eu un moment de lecture et d’échange virtuel avec le public autour de son livre « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres » le week-end dernier.

Le rendez-vous s’inscrit dans la poursuite du programme « Un auteur, un livre » organisé par les Editions+ et qui vise à promouvoir les écrivains congolais ainsi que leurs œuvres. Aussi, il est un appel à la lecture et la consommation massive des livres écrits par des Congolais. Et dès le début de cette rencontre littéraire en ligne, l’auteur a remercié les Editions+ qui lui offrent une occasion de partager son œuvre avec le public et qui contribue à maintenir la flamme de l’espoir chez les écrivains.

Passionné de poésie, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que Tristell Moussoki a partagé avec les internautes, durant une demi-heure, quelques extraits de son recueil de poèmes « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres », paru l’an dernier aux éditions Alliance Koongo. Chant poétique incandescent, ce livre est une poésie miroir qui entend nommer et blâmer le mal pour l’en désaligner de sa marche vers le destin. « Le poète que je suis dessine-t-il un tableau aux couleurs d’apocalypse ? En réalité, ce que je scrute dans une tonalité tragico-pathétique aboutit rapidement dans une conscience marquée. C’est d’ailleurs cela qui donne au poème toute sa densité révolutionnaire », a souligné l’auteur.

Ce chant poétique est comme un cri volcanique à travers lequel Tristell Moussoki présente une Afrique blessée comme un mouton égorgé. Il y a dans sa poésie l’Afrique des ancêtres et des héros. Le regard du poète prend source dans son Congo natal avant de s’ouvrir sur le continent africain pour découvrir d’autres horizons avec leurs peuples et leurs histoires. La première sensation qui se greffe à son esprit est l’image sombre des antivaleurs qui ne cessent de nuire à l’équilibre et à l’harmonie de la terre de ses ancêtres.

« Que le soleil se lève au milieu des hommes, que les maux deviennent lumière du monde. Je suis né, mûri, en écoutant les mêmes mots : tribalisme, guerre. Des mots qui parlent d’eux-mêmes, des mots qui déchirent des rêves. Je suis né dans un pays pluvieux qui traverse des temps noduleux de son espérance. Je suis né, mûri dans une Afrique où l’avenir s’accouple avec la nuit… Ô peuple d’azur, lève-tôt, voyage dans la profondeur des psaumes, tu n’es pas loin du jour », stipule un extrait de l’œuvre lu par l’auteur. Ainsi face à cette calamité, Tristell se voit investi d’une mission : poétiser la douleur du peuple africain dans un ultime vœux d’arrêter l’obscurité pour que jaillisse le soleil de la liberté et de la paix.  

Dans son ensemble, « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres », se veut au confluent de l’hermétisme et du lyrisme de l’écriture des poètes congolais Tchicaya U Tam’Si, Maxime Ndébéka et Tati Loutard, lesquels ont beaucoup influencé et inspiré le jeune poète Tristell Mouanda. En outre, sa poésie fait une part belle à la femme en la présentant sous trois dimensions : la femme-mère, la femme idyllique et la femme héroïne.

Notons qu'en dépit de quelques soucis techniques, le public a beaucoup apprécié ce moment de lecture et de partage autour de l’œuvre.

Merveille Atipo

Légendes et crédits photo : 

Tristell Moussoki/Adiac

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