Ecosystème : le WWF révèle que les deux tiers de la population d’animaux sauvages ont diminué en moyenne depuis 1970

Lundi 14 Septembre 2020 - 18:26

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L’ONG internationale appelle à une action urgente pour inverser la tendance d’ici à 2030, en mettant fin à la destruction des habitats naturels et en réformant notre système alimentaire.

L’ONG internationale active dans le domaine de la sauvegarde, le Fonds mondiale de la nature (WWF), vient de publier, le 10 septembre courant, son rapport intitulé « Planète vivante ». Dans cette étude, l’association révèle que les deux tiers de la population d’animaux sauvages ont diminué en moyenne depuis 1970. A en croire le WWF, cette situation est due aux mêmes causes que celles de la destruction de l’environnement dont la déforestation, l’agriculture non durable et le commerce illégal d’animaux sauvages - qui contribuent à des épidémies de virus comme la covid-19.

Le WWF exhorte à une action urgente, dont la fin de la destruction des habitats naturels et la réforme du système alimentaire humain, pour inverser la tendance d’ici à dix ans.

Ce rapport note, en effet, que la population mondiale de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons a subi un déclin moyen de deux tiers en moins d’un demi-siècle, en grande partie à cause de la même destruction environnementale qui contribue à l’émergence de zoonoses telles que la covid-19 qui fait des victimes dans plusieurs pays du monde depuis le début de l’année. « L'Indice planète vivante (IPV), fourni par la Zoological Society of London (ZSL), montre que les facteurs qui accroissent la vulnérabilité de la planète aux pandémies - notamment le changement d’affectation des terres et l’utilisation et le commerce des espèces sauvages figurent également parmi ceux à l’origine du déclin moyen de 68 % des populations mondiales d’espèces de vertébrés entre 1970 et 2016 », explique l’ONG internationale. Et au directeur général de WWF International, Marco Lambertini, de souligner que la destruction croissante de la nature par l’humanité a des effets catastrophiques non seulement sur la population d’espèces sauvages, mais aussi sur la santé humaine et sur tous les aspects de la vie de l’humanité. « Nous ne pouvons pas ignorer les faits que ces graves déclins des populations d’espèces sauvages sont un indicateur que la nature se dégrade et que notre planète envoie des messages d’alarme, signes avant-coureurs d’un effondrement systémique », a-t-il indiqué, notant que le déclin des espèces sauvages affecte directement la nutrition, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de milliards de personnes.

Des mesures mondiales coordonnées

Relevant l’émergence de zoonoses dont la covid-19, Marco Lambertini pense qu’au milieu d’une pandémie mondiale, il est maintenant plus important que jamais de prendre des mesures mondiales coordonnées et sans précédent pour arrêter et commencer à inverser la perte de biodiversité et de populations d’animaux sauvages dans le monde entier d’ici à la fin de la décennie, pour protéger la santé et les moyens de subsistance futurs de l’humanité. « Notre propre survie en dépend de plus en plus », a-t-il insisté.

Le rapport Planète Vivante 2020, note-t-on, présente un aperçu complet de l’état du monde naturel grâce à l’IPV, qui suit les tendances de l’abondance de la faune sauvage dans le monde, et aux contributions de plus de 125 experts du monde entier. L’étude montre que la principale cause du déclin dramatique des populations d’espèces terrestres observé dans l’IPV est la perte ainsi que la dégradation des habitats, y compris la déforestation, due à la façon dont les hommes, en tant qu’humanité, produisent leur nourriture.

Ce rapport est, appuie-t-on, lancé moins d’une semaine avant la 75ème session de l'Assemblée générale des Nations unies, au cours de laquelle les dirigeants doivent définir l’orientation du futur que l’humanité veut, notamment en mettant l’accent sur la protection de la planète. « Un sommet spécial sur la biodiversité, prévu le 30 septembre, réunira les dirigeants mondiaux, les entreprises et la société civile pour souligner l’urgence d’une action sur la nature au plus haut niveau. Il constitue une occasion unique pour les dirigeants de faire preuve d’ambition et d’accélérer les actions en faveur de la biodiversité pour le développement durable », fait savoir le WWF dans un communiqué.

Pour le WWF, avec un nouvel accord mondial sur la biodiversité qui devrait être négocié l’année prochaine, parallèlement à une action accrue en faveur du climat, le monde a la possibilité de garantir un « New deal for nature and people » mettant la nature sur la voie de la reprise d’ici 2030 et assure un avenir durable pour les hommes et la planète.

Le directeur général du WWF International note, dans cette optique, que le « modèle Bending the Curve fournit des preuves inestimables que si l’humanité veut avoir un quelconque espoir de restaurer la nature pour fournir aux générations actuelles et futures ce dont elles ont besoin, les dirigeants mondiaux doivent alors- en plus des efforts de conservation - rendre le système alimentaire plus durable et sortir la déforestation - une des principales causes du déclin des populations d’animaux sauvages - des chaînes d'approvisionnement ». Pour lui, alors que les dirigeants se réuniront virtuellement, dans quelques jours, pour cette Assemblée générale des Nations unies, cette recherche peut aider à garantir ce « New Deal » pour la nature et l’homme, qui sera la clé de la survie à long terme des populations d’animaux sauvages, de plantes et d’insectes et de l’ensemble de la nature, y compris l’humanité.  « Un New Deal n'a jamais été aussi nécessaire », a conclu Marco Lambertini.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo: des visuels de WWF, lors d'une activité à Kinshasa.

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