Egypte 2019: les Pharaons déchus dès les 8es, soirée noire pour le foot égyptien

Dimanche 7 Juillet 2019 - 8:45

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L'Egypte, grande favorite devant son public et avec sa super star Mohamed Salah, est tombée dès les 8es de finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) face à l'Afrique du Sud (1-0), entraînant avec elle le président de la Fédération qui a démissionné après ce retentissant échec.

L’élimination, vendredi soir, du Maroc, n’aura finalement été qu’un coup de semonce envoyé aux grosses nations. Car samedi, ce sont le champion sortant, le Cameroun, et le pays-hôte, archi-favori, qui ont quitté prématurément la compétition.

Le stade international, si bruyant, a doublé ses encouragements après que Thembinkosi Lorch a scellé un improbable hold-up à la conclusion d'un contre admirable, servi par Lebo Mothiba (85mn). Mais à la fin de la rencontre, un long silence a enveloppé l'enceinte de soixante-quinze mille fans, sans aucun sifflet.

Leurs Pharaons quittent la compétition, la tête basse, dans un scénario rare : ils n'avaient perdu qu'une seule fois un match à élimination directe devant leur public dans la compétition, en demi-finales face au Zaïre ( actuelle République démocratique du Congo) en 1974.

Au milieu de la nuit, l'influent Hani Abou Rida, membre du conseil de la Fifa, a acté cette déroute historique en quittant son poste de patron de la Fédération (EFA) et en limogeant l'ensemble du staff technique, dont le sélectionneur mexicain, Javier Aguirre.

Sa décision répond à "une obligation morale", a indiqué l'instance, après "avoir déçu les supporters égyptiens" qui ne s'attendaient pas à voir triompher les Sud-Africains, miraculés de la phase de poules avec deux défaites et un seul but marqué.

Vainqueur de trois des quatre éditions organisées à l'ombre des pyramides, l'Egypte laissera 2019 aux autres, l'Algérie, le Sénégal ou peut-être le Nigeria, trois favoris qui ont dû se réjouir des sorties précoces des hôtes, du Maroc et du Cameroun tenant du titre. Ou qui doivent trembler tant cette phase finale est folle.

Après son sacre en Ligue des champions, Mohamed Salah rêvait lui de prendre le sceptre de souverain de l'Afrique. Mais comme son équipe, il a raté son tournoi, quittant la pelouse parmi les premiers, sans émotion. Et fait probablement une croix sur le prochain Ballon d’Or.

Son échec est énorme. Pas influent face à l'Afrique du Sud, il rentrera à Liverpool moins grandi qu'il est parti, éclaboussé aussi par le scandale autour d'Amr Warda, exclu un temps par sa fédération après des accusations de harcèlement sexuel puis réintégré, avec la bénédiction de son célèbre coéquipier.

Un édifice bâti sur du sable

La phase de poules idéale de l'Egypte, avec trois victoires et aucun but encaissé, mais jouée face à des adversaires limités, n'avait pas mis un terme aux doutes de ses millions de supporters, qui se demandaient ce que leurs favoris valaient. Aujourd'hui, c'est clair: l'édifice qu'Aguirre a bâti, après un Mondial-2018 raté, reposait sur du sable, vulnérable au premier coup de vent.

"Je suis responsable du résultat. C'est une nuit triste", a réagi le Mexicain après la rencontre, sans penser qu'il allait être démis de ses fonctions deux heures plus tard.

La tristesse a succédé à la tension, qui a engourdi les Egyptiens tout le long du match. Nerveux, les hôtes ont aussi souffert face à l'impact physique des Sud-Africains, solides au pressing et dangereux en contre.

Comme ses soldats Ahmed El-Mohammadi et Mahmoud Trezeguet, efficaces depuis le début du tournoi, n'étaient pas dans un grand soir, c'est sur les épaules de son général cinq étoiles, Salah, que les derniers espoirs de l'Egypte allaient reposer, encore une fois.

Il avait marqué un doublé, avec un penalty à la 95mn,  pour envoyer son équipe à la Coupe du monde. Cette fois-ci, il n'a pas répété ses exploits. Sa seule fulgurance, une superbe passe pour Trezeguet, a été gâchée par l'ailier gauche de Kasimpasa qui a tiré sur le gardien (56e).

Ce fut l'unique occasion du match des Egyptiens, qui n'auront finalement dominé que le premier quart d'heure avant de lentement tomber dans le piège sud-africain.

"Presser durant tout le match, c'est un job difficile, et mes joueurs l'ont très bien fait. C'était une démonstration, ils ont été excellents", s'est réjoui le coach sud-africain, Stuart Baxter.

Certains rêvaient d'un quart entre le Cameroun et l'Egypte, un remake de la finale de 2017, ce sera finalement entre le Nigeria et l'Afrique du Sud, dans un stade international qui devrait sonner creux, comme à chaque fois que l'Egypte ne joue pas.

Camille Delourme avec AFP

Légendes et crédits photo : 

Les Bafana exultent après leur victoire sur l'Egypte de Mo Salah (AFP)

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