Elections en RCA : la Cour constitutionnelle confirme les résultats d’Anicet Dologuélé et Faustin Touadéra, mais annule les législatives

Lundi 25 Janvier 2016 - 15:15

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La Cour constitutionnelle de transition (CCT) censée proclamer les résultats définitifs, a rejeté lundi toute requête contestant les résultats provisoires. Les deux anciens Premiers ministres, Anicet Georges Dologuélé (23,74%) et Faustin Archange Touadéra (19,05%), vont s’affronter au second tour.

La Cour constitutionnelle était appelée à statuer sur plus de 400 requêtes introduites par les candidats à la présidentielle et aux législatives. Arrivés respectivement en troisième et quatrième positions, Désiré Zanga Kolingba(12,04%) et Martin Ziguélé (11,43%), réclamaient l’annulation partielle et le recomptage des voix à la présidentielle. Initialement prévue pour le 18 janvier, la décision de la haute instance juridictionnelle de la RCA, reportée au 22 puis au 25 janvier,  est susceptible d’aucun recours. Selon les résultats provisoires de l’autorité nationale des élections (ANE), Anicet Georges Dologuélé obtenait 23,78% et Faustin Archange Touadéra récoltait, quant à lui, 19,42%.

Les cinq requêtes de Désiré Zanga Kolingba, Martin Ziguélé, Karim Meckassoua (environ 3%), Sonny Collet et Cyriaque Gondha, ont été rejetées aux motifs qu’elles ne sont pas fondées. Les sages de la Cour ont estimé, par ailleurs, que les irrégularités suscitées par les contestataires ne sont pas de nature à remettre en cause les résultats disponibles. « Il faut respecter le verdict de la Cour constitutionnelle au lieu de faire des tapages, du désordre pour rien », a invité un jeune rencontré à Bangui par la radio Ndekeluka (une station des Nations unies). « Cela ne sert à rien de manifester, je vais accompagner le nouveau parce qu'on a vécu des choses dans ce pays », a confié un autre jeune banguissois.

Même son de cloche du côté des leaders politiques. « J'invite les centrafricains (…) au calme. Je les invite à l'apaisement, au fair-play et au sens de la responsabilité. Qu'ils ne se laissent plus manipuler par ceux qui ne cherchent que les intérêts personnels et égoïstes », a déclaré un candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre, Joseph Yakété cité par la même source. « Avoir l'humilité de reconnaître qu'on a perdu pour ne pas mettre le pays en péril. Personne n'a intérêt qu'il y ait encore des problèmes ou troubles dans le pays », a-t-il martelé.

Les législatives annulées

Les législatives sont entachées de nombreuses irrégularités, ont admis les sages de la Cour constitutionnelle de Centrafrique. D’après les chiffres provisoires de l’ANE, 22 députés ont été élus au 1er tour sur 140 sièges à pourvoir au Parlement, soit 118 circonscriptions à pourvoir au second tour. Tous les acteurs sont unanimes sur l’irrégularité du scrutin législatif. Malgré la forte mobilisation des électeurs, il y a eu des retards constatés dans l’ouverture de certains bureaux de vote ; absence de bulletins de vote des députés et confusion dans certaines circonscriptions... Les législatives sont annulées et devront être reprises dans deux mois, ont décidé les sages centrafricains.

 Le 2ème tour reporté au 7 février 

Le scrutin était pourtant groupé : présidentielle et législatives. Par exemple dans le nord-ouest, Anicet Georges Dologuélé, le candidat arrivé en tête, est battu dès le premier tour des législatives dans la région de Bocaranga (sa ville natale). Quant à Faustin Archange Touadéra, 2e au premier tour de la présidentielle, il est en ballotage favorable dans sa localité de Damara (au centre, 75 km au nord de Bangui). « De nombreuses anomalies entachent ces législatives, et elles devraient être régularisées par la Cour constitutionnelle », avait reconnu l’ANE en charge du scrutin.

Le calendrier électoral en Centrafrique était initialement prévu pour le 31 janvier. En raison des difficultés techniques, d’après l’Autorité nationale des élections (ANE), le second tour de la présidentielle est reporté au 7 février 2016. Les deux anciens Premiers ministres devront donc convaincre de nouveau les électeurs centrafricains.

 

Fiacre Kombo

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