Élections présidentielle et législatives hors délai : le G7 responsabilise la majorité présidentielle

Samedi 23 Avril 2016 - 15:30

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Pour cette plate-forme politique, la saisine de la Cour constitutionnelle par les députés de la majorité au pouvoir est une énième tentative pour contourner les échéances électorales fixées par la Constitution et donner une légalité au plan funeste de glissement pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple congolais.

Dans un point de presse tenu, le 22 avril à son siège, par ses deux vice-présidents, les Honorables Olivier Kamitatu et Christophe Lutundula, le G7 a notamment fustigé la saisine de la Cour constitutionnelle (CC) par les députés de la majorité présidentielle (MP), sollicitant l’interprétation de certains articles de la Constitution. « Est-il besoin d’interpréter des choses aussi simples et claires ?», s’est demandé cette plate-forme politique.

Pour le G7, cette action de la MP rentre dans le cadre de la « stratégie de sabordage du processus électoral qui a consisté tour à tour, à tenter de subordonner les élections au recensement général de la population et de changer la loi électorale, ensuite à installer précipitamment vingt-et-une nouvelles provinces, à instrumentaliser la Cour constitutionnelle et la Céni et à asphyxier financièrement celle-ci pour qu’elle ne remplisse pas sa mission constitutionnelle », qui a, selon cette plate-forme politique de l’opposition, volé d’échecs en échecs.

Tentative pour contourner les échéances électorales

Pour le G7, cette saisine de la Cour constitutionnelle par les députés de la majorité au pouvoir est « une énième tentative pour contourner les échéances électorales fixées par la Constitution et donner une légalité au plan funeste de glissement pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple congolais ». À en croire le G7, l’initiative des députés nationaux de la MP vise à éviter que la question en soit débattue au cours du dialogue « qu’elle tente pourtant de vendre à grand renfort de clips, d’affiches publicitaires et de chansons », et d’obtenir de la CC la prorogation du mandat du chef de l’État actuel à la tête du pays au-delà du terme constitutionnel et ouvrir à la Céni la voie à l’organisation de l’élection du nouveau président de la République en dehors du délai constitutionnel.

De l’avis de cette plate-forme politique, « si les élections ne se tiennent pas dans le délai constitutionnel, la responsabilité entière d’un tel échec incombera totalement à ceux qui sont au pouvoir et à eux seuls qui ont planifié le blocage du processus électoral et mené la stratégie du fait accompli en cascade pour conduire le pays à l’impasse et obtenir un glissement extraconstitutionnel du président Kabila ». Le G7 s’est, par conséquent, dit étonné que la MP saisisse la CC alors quelle réclame à cor et à cri la tenue du dialogue national qu’elle présente comme la baguette magique aux entraves qu’elle a cyniquement dressées sur le chemin des élections et de l’alternance démocratique en RDC.

Devant cette réalité, ce regroupement politique a interpellé la conscience morale et interrogé l’éthique professionnelle des hauts magistrats de la CC « qui portent désormais, par leur comportement et décision, la lourde responsabilité de la paix civile et de la cohésion nationale » en RDC. Le G7 qui s’est souvenue des épisodes de l’histoire de la côte d’Ivoire, exhorte, est-il dit, les sages de la Haute cour à se racheter auprès du peuple et à éviter la reproduction des telles expériences à la RDC. « L’histoire sanctionne toujours, tôt ou tard, ceux qui l’offensent et trahissent les peuples », a souligné le G7.

Rejet du dialogue politique convoqué par le chef de l'État

Le G7 a également réaffirmé qu’il ne participera pas au Dialogue national convoqué par l’ordonnance du président Kabila du 28 novembre 2015 et réitère son son soutien à la résolution 2277 du Conseil de sécurité, qui souligne la nécessité de respecter la Constitution et d’organiser les élections dans les délais qu’elle prescrit. Mais la plate-forme, qui s’en tient à sa proposition de mettre en place un panel de facilitation, s’est aussi dite disposée à contribuer activement à la mise en œuvre de cette résolution et appuiera toute initiative allant dans ce sens. Ce point de presse a également permis au G7 de s’exprimer sur certaines autres questions brûlantes de l’heure dont la situation sécuritaire, la mise à sac du siège de l’Unafec, des incidents meurtriers de Kolwezi, la situation à Kinshasa et en Ituri ainsi qu’au Nord-Kivu.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Les Honorables Christophe Lutundula et Olivier Kamitatu, encadrés par d'autres membres du directoire du G7 Photo Adiac

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