Entrepreneuriat : Séraphine Eka Kamwa, visionnaire dans l’âme aux projets ambitieux

Jeudi 5 Décembre 2019 - 20:43

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Après 19 ans passés en France, Séraphine Nadine Eka Kamwa, 42 ans, mère de trois enfants, ressent le besoin de couper les ponts avec sa patrie de cœur et de revenir se ressourcer en Afrique. C’est au Congo Brazzaville qu’elle dépose ses valises, il y a de cela trois ans, à la suite d’un consulting auprès d’un cabinet de conseil pour accompagner les entreprises et les collectivités dans leurs projets. Zoom sur une entrepreneure au parcours atypique et aux actions prometteuses.

Depuis son arrivée à Brazzaville, Séraphine Nadine Eka Kamwa s’est entièrement investie dans plusieurs projets : Africadvice training center (vente des produis africains), Africadvice travel (entité de tourisme créée autour du voyage), African eben (structure qui regroupe des hôtesses qualifiantes). Séraphine ne compte pas s’arrêter en ci-bon chemin. Eveiller l’esprit d’entrepreneuriat auprès de la jeune fille, tel est devenu son leitmotiv. 

« Lorsque je suis arrivée au Congo, j’ai compris que j’avais une mission à jouer dans le domaine du consulting et je ne me suis pas trompée. Et depuis que nous avons lancé nos projets, il ne se passe pas une journée sans que nous ne soyons sollicités », lance-t-elle d’emblée, dédiant ce succès à son équipe et surtout à la détermination de chaque membre de la structure à vouloir faire bouger les choses. Si les débuts n’ont pas été faciles, la jeune dame d’origine camerounaise n’a pas pour autant pris la poudre d’escampette. Elle s’est plutôt remise en question car il a fallu s’adapter aux réalités du terrain en trouvant des moyens appropriés pour donner un sens au travail qu’elle faisait et intéresser les apprenants. 

 « Je me focalise sur la formation de la jeune fille, car elle représente le Congo de demain. Si elle est bien dans ses baskets, elle sera capable de se prendre en charge et, par conséquent, de participer au développement de ce pays », indique l’entrepreneure qui juge néanmoins que la formation en elle-même ne suffit pas dans la mesure où beaucoup d’étudiants n’osent pas affronter le monde du travail.  « Une fois le diplôme en poche, les jeunes ne bougent pas pour chercher du travail. C’est là que nous intervenons, nous leur offrons les clés pour affronter le monde du travail, au plus, leur donner la possibilité de créer leurs propres emplois » explique-t-elle. Ce qui l’a emmenée très vite à mettre en place ses trois structures.

Des entités indépendantes auxquelles s’est ajouté Africa shop qui met en lumière des produits fabriqué en Afrique et plus particulièrement au Congo. « Nous avons constaté qu’il y avait peu de boutiques qui proposaient des produits locaux et africains bio, où les touristes pouvaient s’approvisionner à moindre coût à Brazzaville. D’où la naissance d’Africa shop qui vient à point nommé puisqu’il propose des produits fabriqués au Congo, mais aussi dans la sous-région », fait savoir Séraphine, qui ne regrette pas d’avoir tout quitté pour reprendre à zéro. 

« Quand j’ai décidé de partir de Paris, j’étais cadre dans une société, j’avais un mari, des enfants… bref, j’avais tout pour être heureuse, mais cela ne me suffisait plus. J’étais convaincue que je devais partir, mais les gens n’arrêtaient de me dire que je faisais fausse route », revèle Séraphine qui remercie Didier Mavouzéla de la Chambre de commerce de Pointe-Noire pour l’avoir convaincue de venir au Congo afin de participer, en tant que diaspora, à la Green Business. Un voyage qu’elle considère aujourd’hui comme un signe du destin car depuis, la jeune femme va de projets en projets.

Berna Marty

Légendes et crédits photo : 

1- Séraphine Nadine Eka Kamwa intervenant lors d'un séminaire de formation/DR 2- La jeune dame dans sa boutique Africa shop/Adiac

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