Environnement : publication du rapport annuel de la situation des forêts du monde

Jeudi 18 Juin 2020 - 18:51

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Alors que la décennie des Nations unies pour la biodiversité 2011-2020 touche à sa fin et que les pays se préparent à adopter un cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publie son rapport annuel sur la situation des forêts du monde (Sofo).

La nouvelle édition donne l’occasion d’examiner les contributions des forêts et des personnes qui les utilisent et les gèrent, à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité. Elle est destinée à compléter l’état de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture en février 2019, le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques publié en 2019, et la cinquième édition des perspectives mondiales de la biodiversité de la convention sur la diversité biologique (CDB), publiée en 2020.

Les forêts abritent la plus grande partie de la biodiversité des terres émergées de la planète. Il s’ensuit que la conservation de la biodiversité de la planète est hautement tributaire de la manière dont les humains interagissent avec les forêts du monde et les utilisent. Les forêts procurent un habitat à 80% des espèces d’amphibiens, 75% des espèces d’oiseaux et 68% des espèces de mammifères. Environ 60% de l’ensemble des plantes vasculaires se trouvent dans les forêts tropicales.

Plus d’un tiers des forêts du monde sont primaires

Plus de la moitié des forêts du monde est comprise dans cinq pays seulement, à savoir  Brésil, Canada, Chine, États-Unis d’Amérique et Fédération de Russie. Près de la moitié de la superficie forestière mondiale (49%) est relativement intacte, tandis que 9% se présente sous forme de fragments forestiers isolés ou très faiblement reliés entre eux. Les massifs de forêts pluviales tropicales et de forêts boréales de conifères sont les moins fragmentés, tandis que la forêt subtropicale sèche et les forêts océaniques tempérées comptent parmi les plus fragmentées. Les massifs de plus d'un million d’hectares constituent environ 80% de la superficie forestière mondiale.

Les 20% restants se répartissent dans plus de 34 millions de massifs dans le monde, dont la grande majorité sont de taille inférieure ou égale à 1000 hectares. Plus d’un tiers (34%) des forêts du monde sont des forêts primaires, définies comme des forêts naturellement régénérées d’essences indigènes où aucune trace d’activité humaine n’est clairement visible et où les processus écologiques ne sont pas sensiblement perturbés.

La déforestation et la dégradation des forêts se poursuivent à un rythme préoccupant et contribuent de manière sensible à l’actuelle perte de biodiversité. Depuis 1990, on estime que quelque 420 millions d’hectares de forêts ont disparu par conversion de ces espaces à d’autres utilisations, même si le taux de déforestation montre un ralentissement sur les trois dernières décennies. En effet, sur la période 2015-2020, le rythme de la déforestation a été estimé à 10 millions d’hectares par an, contre 16 millions d’hectares par an dans les années 1990. La superficie mondiale des forêts primaires s’est réduite de plus de 80 millions d’hectares depuis 1990. Plus de 100 millions d’hectares de forêts souffrent de diverses agressions: incendies, action des ravageurs, maladies, espèces envahissantes, sécheresse et événements climatiques dommageables.

Agriculture et déforestation

L’expansion de l’agriculture reste le facteur principal de la déforestation, de la fragmentation des forêts et de la perte de biodiversité qui en résulte. L’agriculture commerciale à grande échelle (principalement l’élevage de bétail et la culture du soja et du palmier à huile) a compté pour 40% de la déforestation dans le monde tropical entre 2000 et 2010, tandis que 33% sont imputables à l’agriculture vivrière locale.

Le changement climatique accentuant les risques qui pèsent sur les systèmes alimentaires, le rôle des forêts dans la fixation et le stockage du carbone, et l’atténuation du changement climatique, revêt une importance croissante pour le secteur agricole. La perte nette de superficie forestière est passée d’une moyenne de 7,8 millions d’hectares par an dans les années 1990 à 4,7 millions d’hectares par an au cours de la période 2010-2020. Alors que la déforestation sévit à tel endroit, de nouvelles forêts se développent ailleurs, par expansion naturelle ou grâce à des efforts déployés dans ce sens. Il s’ensuit que la perte nette de superficie forestière est inférieure au taux de déforestation.

Nourrir l’humanité et conserver et utiliser les écosystèmes de manière durable sont des objectifs complémentaires et étroitement interdépendants. Les forêts fournissent de l’eau, atténuent le changement climatique et procurent un habitat à de nombreux pollinisateurs, soit un ensemble de services essentiels pour une production alimentaire durable.

Boris Kharl Ebaka

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