Etat de la diaspora africaine : la feuille de route de la ministre des Affaires étrangères

Jeudi 31 Octobre 2019 - 13:30

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Dans le cadre de sa stratégie présentée le 24 octobre, l’Etat de la diaspora africaine renforce ses institutions. La reine Diambi Kabatusuila de Bakwa Luntu, du Kasai central (République démocratique du Congo), Diambi Mukalenga Mukaji Wa Nkashama, littéralement reine de l'Ordre des Léopards et ministre des Affaires étrangères du gouvernement de l'Etat de la diaspora, dresse les grandes lignes de la renaissance de la population diasporique.

 Diambi Kabatusuila, Ministre des Affaires étrangères de l'Etat de la Diaspora au premier plan lors de la rencontre du 24 octobre à ParisPour le nouvel État de la diaspora africaine créé suite à l'initiative de l’Union africaine (UA), la ministre des Affaires étrangères propose quelques pistes à l’intention des Africains vivant hors de leur continent d’origine, mais rassemblés au sein de cette entité.

Les grandes lignes de ce diagnostic ont été communiquées lors de la conférence de presse tenue par Louis-Georges Tin, le Premier ministre, en présence de son gouvernement de vingt-deux membres, le 24 octobre dernier, à Paris. L'Etat de la diaspora africaine a une carte d'identité pour les citoyens, un parlement pour les députés, une banque, une compagnie aérienne, une chambre de commerce, une agence s’occupant des stages pour les jeunes, etc. C'est un territoire sans frontières, qui fait le lien entre le continent et la diaspora.

«Notre État se structure, possède un siège en Jamaïque, un drapeau, il est doté d’un parlement et d’un gouvernement paritaire », souligne Diambi Kabatusuila, fille d'une mère belge et d'un père diplomate congolais, la République démocratique du Congo étant l’un des deux pays, avec la Mauritanie, à avoir déjà reconnu le nouvel État.

Elle explique les freins de la diaspora par des comportements mal adaptés, développés en réaction aux multiples traumatismes trans-générationnels causés par la maltraitance et les injustices subies par les Africains déportés pendant plusieurs siècles. De même, durant les mêmes périodes, ceux restés en Afrique ont subi de multiples sévices jusqu’à la colonisation. Elle évoque également, en priorité, le manque d’estime de soi. Et pourtant, constate-t-elle: « Nous aimons toutes les couleurs peuplant la terre, mais nous ne nous aimons pas nous-mêmes ». De surcroît, « nous nous attardons sur le passé et passons notre temps à nous comparer en permanence par rapport aux modèles d’ailleurs. Cela coûte cher à l’intégrité de la pensée des Noirs », prévient-elle. Et de renchérir plutôt sur le rôle des Noirs dans la construction des sociétés.

Directe, pédagogue et déterminée, la ministre des Affaires étrangères se projette dans sa mission qui a pour but de faire le lien entre la diaspora, les chefs d'Etat et les autorités traditionnelles.

« Quoi de plus naturel que de rappeler que les mathématiques sont une application primaire des Africains ! Quoi de plus naturel que de rappeler que le système binaire utilisé par internet est une invention de Noirs! Quoi de plus naturel de prouver que le filament en cuivre de la lampe électrique a été conçue par Lewis Howard Latimer! Quoi de plus naturel d’évoquer le pilotage des satellites de la Nasa par le Malien Cheick Modibo Diarra !».

Les ressources humaines de la diaspora sont énormes, les talents aussi, estime la ministre. En s’identifiant à ces exemples concrets, « nous devons arrêter d’être sous la tutelle intellectuelle et nous devons croire en nos capacités ! Cette prise de conscience constitue la seule solution pour l'émergence, car nous voulons renforcer l'Afrique par la diaspora, et la diaspora par l'Afrique».

Pour plus de renseignements : https://www.stateofafricandiaspora.com/

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Photo : Diambi Kabatusuila, ministre des Affaires étrangères de l'Etat de la diaspora, au premier plan lors de la rencontre du 24 octobre à Paris/ Crédit : Jean Marie Luviluka D

Notification: 

Non