Exploitation agricole : le Festival des fermiers du Plateau de Bateke se tiendra en décembre

Samedi 17 Octobre 2020 - 17:12

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Pour la première fois, un festival des fermiers du Plateau de Bateke sera organisé du 17 au 20 décembre 2020 au Grand Marché Tala Ngai (marché de la Liberté 2) à Menkao dans la commune de Maluku, à 45 km du centre-ville de Kinshasa. L’annonce a été faite par Tito Banewa Bokosola, promoteur de l’ONG de développement « Casques verts ».

La première édition pilote du Festival des fermiers du Plateau de Bateke sera parrainé par le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, avec la participation du chef coutumier Jean-Jacques Imbu du village Imbia de Menkao qui représentera les chefs coutumiers, et les fermiers conduits par le promoteur de l’ONG "Casques verts". Outre l’exposition des produits des fermiers du Plateau de Bateke, il est prévu des activités culturelles au cours de ces quatre jours de fête à Menkao. « A travers le festival, nous pensons apporter notre pierre pour ordonner ce secteur en vue de valoriser le travail du fermier. Outre l’exposition des produits des  fermiers, il y aura aussi des activités culturelles (musique, l’art culinaire Teke, etc.). Une conférence sera organisée et mettra ensemble les fermiers, les chefs coutumiers et l’Etat congolais représenté par le gouverneur Gentiny Ngobila, afin de trouver des solutions aux problèmes qui se posent au Plateau de Bateke. L’Etat, propriétaire des terres, les chefs coutumiers, gardiens des terres, et les fermiers, exploiteurs des terres vont se retrouver. Lorsque les trois parties trouvent chacune leurs comptes, tout le monde est alors à l’aise et il y aura une bonne production », a déclaré Tito Banewa Bokosola. Et d’espérer : « Nous espérons avec l’appui de bonnes volontés étendre ce projet de festival dans tout le pays. Nous comptons bien faire plusieurs autres éditions à l’avenir, et pourquoi ne pas avoir deux ou trois festivals chaque année au pays ! »

L’organisation du Festival des fermiers du Plateau de Bateke est une initiative du promoteur de « Casques verts ». A force d’aller dans cette partie de la capitale, il s’est rendu compte que les fermiers évoluent en ordre dispersé. « Sous d’autres cieux, le fermier, c’est une force, lorsqu’il va en grève, le pays est paralysé. Mais, chez nous, le fermier est négligé parce qu’il n’a pas conscience de ce qu’il est. Nous leur avons dit de créer une organisation pour faire voir au fermier son rôle, c’est lui qui nourrit la population, en commençant du premier citoyen du pays jusqu’au dernier. Chaque jour, nous consommons les produits du fermier. Mais lui-même le fermier n’en est pas conscient. Aussi avons-nous pensé à lancer un festival pour conscientiser le fermier de du Plateau de Bateke qui est le grand pool agricole de la ville de Kinshasa.», a confié le responsable de "Casques verts".

Tito Banewa Bokosola a fait savoir qu’après un recensement, il y a plus de huit cents fermiers au Plateau de Bateke. Et le festival va les réunir afin qu’ils montrent à la face du monde ce qu’ils font, et qu’ils entrent en contact avec le monde non agricole pour trouver des opportunités de partenariats et de business. Et qu’un lobbying pour les fermiers kinois soit mis en pied. « Le festival sera un cadre idéal pour toutes ces ouvertures et une fête des fermiers associés aux autorités coutumières, car le Plateau de Bateke est un coin où le pouvoir coutumier est bien assis et pose beaucoup de soucis aux fermiers. Le festival pourra être un canal, un moyen pour les réconcilier, les mettre ensemble, avec l’appui de l’autorité publique, car il y a des conflits des terres très vifs, certains cessent d’être fermiers à cause d’un problème de terre, d’autres les deviennent après avoir reçu des terres en cadeau », a-t-il martelé.

Ingénieur en électricité industrielle, technicien du développement rural et concepteur et élaborateur des projets de développement, Tito Banewa Bokosola est un acteur social, promoteur d’un établissement scolaire privé, le Collège de la République au quartier Yolo-Sud dans la commune de Kalamu à Kinshasa qui va organiser les enseignements à partir du cycle maternel jusqu’en sixième des humanités avec des options latin-philo, biologie-chimie, pédagogie, commerciale, électricité, mécanique générale, hôtellerie et hôtesse d’accueil, en plus d’un centre de formation professionnelle et d’apprentissage. C’est en 2009 à Bikoro dans l’ex-province de l’Equateur où il a érigé une plantation des cacaoyers qu’il a eu l’idée de fonder l’ONG "Casques verts", idée qu’il va concrétiser en 2014. Le but a été de réunir les planteurs autochtones et indépendants, propriétaires des vastes hectares et des production des divers produits, mais très pauvres et misérables à Bikoro. Au cours d’un voyage en Côte d’Ivoire où il s’était rendu pour expérimenter la culture du cacao, il avait constaté que les fermiers ivoiriens étaient très riches, alors que les Congolais de Bikoro sont très pauvres. Il a pris l’option de les sortir de leur torpeur et leur pauvreté à travers la Coopérative de développement rural et agricole « Casques verts ».

Martin Enyimo

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Tito Banewa Bokosola, responsable de l'Ongd Casques Verts Photo 2 : Un domaine agricole à Menkao dans le Plateau de Bateke à Kinshasa

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