Finance et banque : deux Congolais sur dix épargnent

Mardi 30 Octobre 2018 - 18:18

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20 % à peine épargnent « régulièrement » sur l’étendue du territoire national. Plusieurs facteurs viennent expliquer ce chiffre désastreux, notamment l’absence d’éducation financière et la précarité des conditions de vie de la majorité de la population active.

La huitième édition de la Journée internationale de l’épargne n’est pas passée inaperçue en République démocratique du Congo (RDC). Plusieurs banques participent activement à différentes activités organisée par la Banque centrale du Congo (BCC), du 30 au 31 octobre,  dans plusieurs grandes villes du pays : Bukavu, Kinshasa, Kindu, Kisangani, Kananga, Lubumbashi et Mbandaka. Le thème de cette nouvelle édition s’intitule « Épargner en RDC pour mon avenir, oui c’est possible ».

Pour la RDC, le principal enjeu autour de cette journée dédiée à l’épargne demeure toujours la faible culture bancaire et financière de la population. Les derniers chiffres du Programme national d’éducation financière démontrent à suffisance l’ampleur du mal qui ronge le pays dans un secteur très stratégique. En dehors des 20 % d’épargnants recensés, il y a aussi les 38 % de salariés qui se retrouvent désargentés avant la fin du mois et les 69 % de Congolais qui ne paient pas leurs dettes. En outre, seulement 17 % d'entre eux empruntent et investissent dans des projets porteurs.

Le débat autour de cette situation catastrophique prend plusieurs directions. Pour certains analystes, la majorité d’ailleurs, les Congolais manquent d’éducation financière. Il faut des actions fortes dans ce domaine pour familiariser davantage la population avec les pratiques financières et bancaires. Comme le rappelle une autre frange d’experts, cela veut dire également que les institutions financières ne font pas assez pour convaincre leurs clients potentiels car il s’agit de la population active. Les Congolais dans leur grand ensemble préfèrent encore garder leur argent en-dessous du matelas.

Selon l’une ou l’autre hypothèse, la réponse au mal ne sera pas la même. Faut-il finalement éduquer la population ou inviter les institutions financières à plus d’audace ? Depuis peu, la BCC tente une offensive auprès des jeunes qui ne sont que 4 % à détenir un compte bancaire. La démarche s’est avérée parfois payante, a-t-on appris, au regard du nombre de comptes ouverts au cours d’une période donnée. Mais le rythme d’ouverture reste lent et l’avenir n’augure rien de bon. En dehors des cas de liquidation ou mise sous administration provisoire, plusieurs banques se retrouvent actuellement dans une situation très difficile.

Rebondissant sur la journée internationale de l’épargne, la BCC espère en faire une action d’envergure visant à améliorer l’inclusion financière dans le pays. Dans les discussions avec le secteur bancaire et financier, l’autorité monétaire demande de mettre un accent particulier sur la femme, les jeunes et les PME/PMI. Pour elle, il s’agit des cibles importantes au regard de leur rôle incontournable dans le domaine économique tant sur l’échiquier international que national.       

Laurent Essolomwa

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