Finances publiques : Jean-Claude Katende dénonce la gestion de la Banque centrale du Congo

Mercredi 15 Mai 2019 - 17:30

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Le juriste et penseur libre soutient ses allégations par l’exemple de la faillite de la Coopéc/Imara ainsi que celui du paiement des avances fiscales directement à la banque par la Générale des carrières et des mines (Gécamines).

Dans l'une de ses pages d’opinions du 15 mai, le président de l’Association de défense des droits de l'homme (Asadho) note que la Coopérative d’épargnes/Imara, qui avait 7 510 membres avec une épargne qui s’élevait à 6 675 694 dollars américains, serait tombée en faillite à cause de la négligence de la Banque centrale du Congo (BCC), qui lui avait donné l’autorisation de fonctionner alors qu’elle n’avait pas produit tous les documents et les garanties exigées par la loi. « A ce jour, ses membres ne sont jamais entrés en possession de leur argent, ses dirigeants s’étant volatilisés dans la nature », a regretté Jean-Claude Katende.

Parlant du paiement des avances fiscales directement à la BCC, le juriste relève qu’il était connu de tout le monde que le payement des taxes, impôts et redevances passe par les régies financières, après les banques commerciales et à la BCC, à la fin. Ceci, rappelle-t-il, est le circuit normal qui assure la transparence et la traçabilité des revenus publics. Il fait constater qu’avec la complicité de la banque centrale, entre 2009 et 2016, la Gécamines n’a pas respecté ce circuit. Elle versait, a-t-il admis, plus de 301 millions de dollars américains au titre d’avances fiscales directement à la BCC, en mallette de billets de banque. En 2018, cette société a encore versé près d’un demi-milliard de dollars par le même mécanisme.

Le président de l’Asadho, dont l’association est parmi les structures les plus actives dans le processus de l’Initiative de Transparence dans les industries extractives (Itie), a indiqué, par ailleurs, qu’en 2014, l’Itie/RDC avait recommandé à la BCC et à la Gécamines DE ne plus recourir à ce mécanisme flou pour effectuer des avances fiscales. Mais, selon lui, cette pratique continue.

S’appuyant sur ces deux exemples, Jean-Claude Katende se dit convaincu que la BCC n’est pas gérée dans le respect des lois et qu’elle aurait des pratiques qui favorisent la mauvaise gestion de l’argent de l’Etat. Plus encore, il avance que la polémique entre la présidence de la République et la BCC, au sujet du déficit ou l’excédent budgétaire sur la période de janvier à mars/avril, ne devrait pas exister si la banque centrale faisait sérieusement son travail. « Il n’est pas surprenant que la BCC, gérée dans ces conditions, soit à la base de la polémique spécifiée ci-dessus », a-t-il dit.

Cette analyse conduit le président de l’Asadho à préconiser l’audit de la BCC et le changement de l’équipe qui la dirige, comme gages pour le président de la République, Félix Tshisekedi, et le gouvernement qui sera mis en place, pour atteindre leurs objectifs en matière de meilleure gestion des finances publiques.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Jean-Claude Katende

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