Football féminin : le lancement du championnat national direct à l’étude

Jeudi 9 Avril 2020 - 16:19

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La Fédération congolaise de football (Fécofoot) voulait frapper un grand coup cette saison en lançant fin avril le championnat national direct du football féminin . Avec la crise sanitaire due à la pandémie du coronavirus, ce projet qui permettra   de relancer la machine va,  sans nul,  être reprogrammée.

Le passage à Brazzaville  du président de la Fédération internationale de football association (Fifa), le 29 novembre 2019,  a ramené la Fécofoot à la réalité. Gianni Infantino   avait, en effet, insisté sur le   développement du football féminin. « N’oubliez pas le football féminin », précisait-il avant de remettre au président de la Fecofoot  le ballon de la Coupe du monde féminin  qui s’est disputée en France. Depuis lors, Jean Guy Blaise Mayolas et son équipe multiplient des stratégies pour répondre aux attentes de la Fifa.  « Nous devons faire des efforts de ce côté-là pour ramener le football féminin au niveau des autres nations », avait reconnu le président de la Fécofoot.  

Les études démontrent que l’absence des compétitions de qualité est l’une des causes du déclin de football féminin congolais, lequel avait déjà atteint le sommet en 2008 avec la participation à la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Depuis lors, les dames congolaises, rattrapées par les contre-performances n’ont plus revécu ce bonheur. La manière dont les choses étaient organisées ne leur permettaient pas de relever le défi de la performance.

Les dames congolaises passaient, en effet, de longues saisons sans avoir plusieurs matches dans leurs jambes.  Elles ne se contentaient que des matches de la Coupe du Congo organisés à la va-vite pour sauver leur saison. Les championnats nationaux qui devraient augmenter le nombre de matches dans leurs jambes étaient souvent organisés de façon irrégulière. De  plus, la  compétition avait  même  perdu sa crédibilité à cause du  nombre d’équipes engagées et  aussi  par sa formule zonale.  «  Aujourd’hui, la Fifa nous demande d’organiser beaucoup de matches étalés en six mois. Nous n’avons que  sept équipes. Le constat qui se dégage est qu’il y a des départements où le football féminin n’existe pas. Nous sommes en train de mettre un programme pour l’année prochaine sur lequel nous allons insister sur le football féminin », expliquait le président de la Fécofoot.

 Au début du mois de mars, le président de la Fécofoot avait assuré les représentant du football féminin que le championnat national de cette saison ne se jouera plus  par zone. Il se disputera en aller et retour dans une  formule directe. La  création de nouveaux clubs  dans la Bouenza et la Sangha a visiblement soulagé la Fécofoot. « Vous devez avoir  des ressources pour vous déplacer d’une ville à l’autre », déclarait Jean Guy Blaise Mayolas.

Pour appuyer les équipes, la Fécofoot a promis de subventionner chacune des équipes à hauteur de trois millions de francs Cfa. L’argent qui  sera directement  versé dans le compte de chaque club était  conditionné par  la tenue des assemblées générales avant le démarrage de la compétition.

L’organisation des compétitions de qualité, faut-il le rappeler,  est le seul moyen qui permettra aux Diables rouges de retrouver leur forme des années 2007-2008. Lors des éliminatoires de la CAN 2008, les Congolaises avaient  battu les Léopards de la RDC à Brazzaville 4-1 avant de négocier un nul 1-1 à Kinshasa qui leur avait ouvert les portes de la Can 2008. Dans cette compétition, les Diables rouges avaient remporté le match contre les Maliennes 1-0 avant de perdre respectivement face à la Guinée Equatoriale 2-5 et le Cameroun 0-1. C’était pour la première fois que les Congolaises participaient à la phase finale de la CAN. Depuis lors, le football féminin a régressé, enchainant coup sur coup  de mauvaises performances.  

Le lancement de la compétition va  permettre également  de rajeunir l’équipe des Diables rouges, presque vieillissante.  Lors des  Jeux africains, les Diables rouges avaient montré ses limites en quittant  la compétition dès le premier tour. Pire encore,  pendant  le  premier tour des éliminatoires des Jeux Olympiques de Tokyo, les Congolaises ont été éliminées à domicile aux tirs aux buts 4-5.  Les Diables rouges qui avaient remporté la première manche à Libreville 2-0, se faisaient rattraper au score sur leurs propres installations par une équipe gabonaise dont la moyenne d’âge ne dépassait pas dix- huit ans.  

La récente  qualification des Congolaises,  pour le second tour, de l’équipe U-20 lors des éliminatoires de la Coupe du monde  contre les Angolaises (2-0 puis 4-2)  donne matière à réflexion.

 

James Golden Eloué

Légendes et crédits photo : 

un match du football opposant les deux meilleures équipes du football féminin au Congo/Adiac

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