Gestion du spectre des fréquences : des experts formés à Brazzaville sur l’emploi d’un logiciel approprié

Samedi 5 Octobre 2019 - 18:00

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Une cinquantaine d’experts en gestion du spectre des fréquences des pays de l’espace francophone africain ont bénéficié, pendant cinq jours, d’une formation à l’utilisation du SMS4DC, un logiciel créé par le Bureau de développement des télécommunications de l'Union internationale des télécommunications (UIT) afin de pallier les faiblesses constatées dans la notification des assignations de fréquences dans les pays en développement.

Le séminaire de Brazzaville a permis aux experts de saisir l’intérêt et l’utilisation du logiciel SMS4DC, dont la version 5.1 complètement transformée permet d’aller au-delà des signalements de fréquences au niveau international. La nouvelle version du logiciel, a souligné le représentant de l’UIT-Afrique centrale, Jean-Jacques Massima-Landji, a été étudiée afin de permettre aux pays d’effectuer, par ailleurs, des opérations de facturation et de comptabilité.

« Ce logiciel, un outil pratique, fiable et peu cher, est utilisé par les grandes sociétés. Nous avons formé les experts à la nouvelle version parce que nous avons demandé à l’UIT de nous permettre d’autres applications. C’est un logiciel qui évolue. Nous sommes à la version 5.1 et cela permet de mettre à jour le tableau national d’attribiution des fréquences », a-t-il souligné.

La formation des experts vient d’un constat. Alors que les fréquences sont naturellement bien attribuées, l’UIT constate malheureusement une faible notification de celles-ci dans le registre international lorsqu’elles sont assignées à un service.

Chaque pays, en effet, a des fréquences qui lui sont proposées pour être assignées à des services divers, comme la télévision, les télécommunications terrestres et spatiales. Ces fréquences font l’objet d’une mise à jour permanente prévue à cet effet dans le régistre international. C’est ce que l’on appelle notifciation.

« Si l’on affecte une fréquence à la radio télévision congolaise, elle doit être notifiée dans la base des données mondiales où l'on enregistre toutes les fréquences du monde entier et selon les services auxquels elles sont attribuées », a expliqué Jean-Jacques Massima-Landji.

A Brazzaville, le seminaire a eu pour objectif de renforcer les capacités des acteurs afin que les pays arrivent à un taux de notification des assignations de fréquences de 90%. Plusieurs d'entre eux, dont le Congo, stagnent encore à 30% de notification et de nombreuses fréquences allouées à des services ne sont pas déclarés au niveau international.

« L’UIT demande aux pays de bien signaler toutes les fréquences et cela permet d’éviter les interférences qui sont préjudiciables. Parce qu’il ne faut pas qu’un service aéraunotique, par exemple, utilise une fréquence qui est prévue pour un autre service que celui attendu pour l’atterrissage d’un avion », a illustré un expert au terme de la formation.

Intitié par l’UIT avec l’appui de l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce) en République du Congo, le seminaire a traduit dans les faits l’initiative Prida de l’UIT et de l’Union africaine qui vise à  promouvoir sur l’ensemble du continent l’accès universel et abordable au haut débit large bande. Il s’agit, a précisé Benjamin Mouandza, directeur des ressources en fréquences à l’Arpce, de faciliter l’utilisation efficace du spectre de fréquences, à travers l’harmonisation des cadres politique, juridique et réglementaire en matière des télécommunications.

Parmi les acquis de ce seminaire, les experts ont cité les meilleures pratiques dans l’attribution des licences, le traitement des interférences nuisibles, la tarification, la notification, mais aussi la gestion des tableaux nationaux d’attribution des fréquences, afin de les rendre disponibles pour le haut débit large bande en Afrique.

Quentin Loubou

Légendes et crédits photo : 

Jean-Jacques Massima et Benjamin Mouandza avec un échantillon d'experts, certificat de formation en main

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