Gourmandise poétique : un balai de déclamations pour la cinquième édition

Samedi 23 Février 2019 - 16:13

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Une dizaine de poètes s'est succédé devant l’auditoire pour déclamer chacun trois ou quatre textes, au cours d’une activité qui a eu lieu, le 22 février, dans la Librairie Les Manguiers des Dépêches de Brazzaville.

Gaétan Ngoua, Sauve Gérard Ngoma Malanda, Tristell Mouanda Moussoki, Florent Sogni Zaou, Alima Madina, Raymond Loko, Prince Matoko, Pierre Ntsemou, tels sont les poètes qui ont déclamé leurs textes lors de la cinquième édition de la gourmandise poétique, sous la modération de Alain Nzoka.

C’est la jeune poétesse congolaise, Gaétan Ngoua, qui a ouvert le bal avec un texte alléchant : « Aux sources des mots » dans "Ombre d’une vie de silence", recueil inédit. Ses deux autres passages ont été marqués par les textes « C’est à toi que j’écris cette missive » et « C’est la preuve », extraits de Ô doux soleils qui me sourient", également un recueil inédit. « C’est la preuve que nous sommes des hommes, Aimer les autres sans réserve, En faire un sacerdoce, Crever pour eux … » , extrait du texte "C’est la preuve".

Le poète et journaliste Sauve Gérard Ngoma Malanda a pris le relai avec « Le rêveurs du destin », « Les silhouettes de l’espérance » et « Marche vers ailleurs » écrit en hommage à Ernest Bompoma, ancien président du Forum des gens des lettres, décédé voici bientôt une année. « Le temps ne nous porte plus, Son squelette flirte avec les limbes de nos pensées, Plus fragiles que les ailes du vent, Les pensées semblables aux corps qui ne portent, Des mesures chemineront côte à côte avec les silhouettes de l’oubli, … », extrait de "Les silhouettes de l’espérance".

Le jeune Tristell Mouanda Moussoki a déclamé les textes portant sur « Lettre à Lumumba » extrait de "Parole du feu", œuvre inédite ; « Paix blessée » et « J’ai peur », extrait de "Tes larmes ô mon peuple", édition Reconnaissance africaine, 2018. Dans le texte « J’ai peur », il écrit : « J’ai peur de vivre, De vivre, Aux matins de mes maux, Pour mes mots de colombe, Entrecoupés de mon ivresse, Silence durcit, Aux infinités de la vie, J’ai peur de vivre, De vivre, Sur cette terre, De souffrances, Dans ce monde des armes, Qui alarment, La vie, Nos temps de réflexion, Maintenant la vie est insipide, La peur m’étrangle ».

« Le cœur a bu le sang. Chants pour les lèvres », « Du sang dans le cœur » et « Etrange famille » sont les textes déclamés par le poète journaliste Florent Sogni Zaou, également président du PEN Congo. « Par la caravane et la corde, Nous sommes un, Par la caravane et la corde, Nous sommes ensemble, D’Angola et des bords du Chari, Nous sommes venus, et du haut Ogoué, Et du haut Congo, De plus loin encore, Par la caravane et la corde, Nous sommes réunis, Etrange famille, Personne ne connait personne, Embarqués dans un même bateau, Corps suants contre cadavres puants, Notre destin commun reste le lien, Etrange parenté »,  texte "Etrange famille".

Alima Madina a déclamé quatre textes, dont « Pour un brin d’amour » et « Belles leçons de la nature » publiés dans Splendeur cachée. Pour sa part,  Raymond Loko a épaté l’auditoire par ses textes émouvants : « Voleur », « Je cherche », « Testament » et « Cimetière ». Dans ce dernier, il fustige le comportement des humains qui ne respectent guère cet endroit sacré. « Pourquoi détruisez-vous ma maison ? Ô, Hommes ! 

Pierre Ntsemou le saint-pierre des mots, a été l’applaudimètre de l’activité, avec ses textes portant sur « Apocasexe » ; « Kin la belle des belles » ; et « Beauté et résonnance des mots » ont captivé l’attention de tous. Dans « Apocasexe », un texte qu’il a écrit, le 19 février dernier, il peint la société de nos jours. « … La terre gémit et agonise de voir décimés ses fils et filles, Ses hommes et ses femmes abonnés à la viande fraiche ou chaude sans … con…diment, C’est le temps de l’apocasexe ! Alors le soleil témoin de cette vacherie ne rit plus, La lune témoin de ces cochonneries ne cautionne plus rien et se cache honteuse la nuit, Les étoiles témoins de ces partouzes à ciel ouvert baissent leurs fières paupières, Devant ce désastre de la morale humaine qui désole les autres, L’obsédé sexuel plaide coupable, Le détourneur des deniers publics plaide coupable, Le corrupteur plaide coupable ».

« Ma poésie », « Silex des temps nouveaux », « Cœur d’exil », « Mon beau pays », et « Les trois âges » sont les textes prononcés par Arnie Prince Matoko. Dans « Les trois pages » il écrit : « En ce matin parfumé de deux gazouillements, Je reviens vers toi au retour de ma course effrénée, Ma marche a été longue de trois âges de la vie, Celui de l’amour, du regret et de l’esprit, Je te reviens aujourd’hui, ma bien-aimée, Avec le bouquet du bonheur mûri par le temps, Pour te dire que je t’aime et donc je suis. »

La gourmandise poétique, organisée par Le Pen Congo et la librairie Les Manguiers, en partenariat avec Culture Elongo et Club de lecture et écriture, s’est achevée par la déclamation des textes « Congo Brazzaville terre d’avenir », « Ce qui rend mon Congo particulier » de Jeanine Esther Lokokou et « Je connais mon pays » de Marcelin Mounzeou, tous deux invités pour la circonstance.

Bruno Okokana

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Pierre Ntsemou déclamant ses poèmes Photo 2 : l'auditoire Photo 3 : un échantillon de poètes

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