Hommage : juillet, mois de la mort de deux géants de la littérature congolaise

Mercredi 8 Juillet 2020 - 17:15

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Pour le monde littéraire, juin demeure le mois de l’hommage à Sony Labou Tansi. Courant juillet, il se souvient, à 14 ans d’intervalle, des disparitions de Sylvain Mbemba, mort le 8 juillet 1995 à 61 ans, et, de Jean-Baptiste Tati Loutard , mort le 4 juillet 2009 à 71 ans, tous les deux décédés à Paris.

Jean-Baptiste Tati-LoutardJean-Baptiste Tati-Loutard est né en 1938 à Ngoyo dans la commune de Pointe-Noire. Après ses études de lettres en France, il enseigne la littérature à l’université de Brazzaville où il devient doyen de la faculté des lettres.

A partir de 1975, il est tour à tour ministre de l’Enseignement supérieur, de la Culture, des Arts et des Sports. En 1997, il devient ministre des Hydrocarbures. Il a toujours su concilier ses activités administratives et politiques avec celles de poète, de nouvelliste et de romancier (souvent primé : prix Simba, grand prix littéraire d’Afrique noire, prix Africa Okigbo Prize for Poetry, prix Tchicaya U’Tamsi).

Le monde littéraire retiendra de lui l’auteur d’une poésie congolaise enracinée dans la terre d’un auteur de la nouvelle génération, une poésie chargée de sens et d’une facture relevée agréable à lire et à entendre. Des poèmes caractérisés par leur brièveté et composés pour faire dire à la terre natale de l’auteur tous les secrets accumulés depuis la nuit des temps. Cependant, ses tendances lyriques et sa sensibilité frisent l’abstraction. Cela fait partie de son goût, de son tempérament, de sa discrétion qui dissimulent à merveille des idées politiques dans un contexte où la liberté d’expression n’est qu’une vue de l’esprit, une illusion.

Éminemment lyrique, son activité poétique, déployée sur une trentaine d’années, a donné forme à une réflexion profonde sur l’art et la vie, la nécessaire réconciliation des contraires, la facticité de l’existence et le douloureux passage du temps où parmi les éléments de son inspiration la mer occupe une place privilégiée, aux côtés de l’élément féminin, abondamment célébré.

A la mémoire de Sylvain Bemba, c’est le souvenir d’un écrivain, journaliste et musicien, une des grandes voix de la littérature congolaise. Il était le liant de la fratrie des écrivains congolais. Il fut l'un des premiers lecteurs des manuscrits de l'illustre Sony Labou Tansi, et a accompagné les pas de nombreux jeunes auteurs congolais dans les années 1970- 1980.

Il est l'auteur de nombreux romans, nouvelles et de pièces de théâtre, dont la dernière, "Noces posthumes de Santigone", écrite pendant sa résidence d'écriture à Limoges en 1988 dans le cadre du 5e festival international des francophonies en Limousin, est traduite en anglais par le UBU Repertory Theater Publications à New York.

Né en 1934  à Sibiti dans le département de la Lékoumou au Congo- Brazzaville, Sylvain Bemba était chroniqueur sportif, littéraire et politique pour l’hebdomadaire la Semaine Africaine. Ancien ministre de l’Information et directeur des Affaires culturelles et de la radio. Ses prévenances fraternelles à l’endroit de ses amis, ouvriers de la plume, sont citées souvent en exemple, notamment pour la fratrie des écrivains congolais, dont il fut la cheville.Sylvain Bemba

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Photo : Jean-Baptiste Tati-Loutard Photo : Sylvain Bemba

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