Indépendance du Bénin : des festivités dans l’ombre

Samedi 1 Août 2020 - 13:15

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Le Bénin a célébré, le 1er août, ses 60 ans d’indépendance sans le défilé traditionnel, en raison de la situation sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.

L’Indépendance du Bénin s'est déroulée de façon pacifique. Le premier août 1960, Hubert Maga proclamait à Porto-novo l’Indépendance de la République du Dahomey.

Mais au cours des dix années qui ont suivi ces festivités, ce jeune Etat d'Afrique de l'ouest fut déchiré par des conflits opposant d’anciennes élites coloniales. En six ans, quatre coups d'État avaient déjà secoué lepays. Le Bénin, un temps surnommé « quartier latin de l’Afrique » pour la qualité de son enseignement, a ensuite été affublé du surnom « enfant malade de l’Afrique », à cause de ces coups-d’État à répétition dans les années post-indépendance.

« Il y a 60 ans, notre pays annonçait au monde, sa souveraine volonté de se construire en nation et de se déterminer en Etat libre. En ces instants où nous nous apprêtons à célébrer le souvenir de cette mémorable proclamation, il est de mon devoir de réitérer l’hommage de la nation à mes illustres prédécesseurs qui ont entrepris de poser les jalons de l’édification et du développement de notre commune patrie », a déclaré Patrice Talon, dans son traditionnel discours à la nation, le 31 juillet, veille de la célébration des 60 ans de l’indépendance du Bénin.

« La célébration de cette soixantième édition de notre Fête nationale intervient dans un contexte tout particulier, marqué par la pandémie de la COVID-19. C’est la plus grave crise sanitaire de notre temps. Elle se double d’une crise économique tout aussi préoccupante. Tous les pays y sont confrontés, le Bénin aussi. Mais très tôt, le gouvernement en a pris conscience et a engagé des actions hardies pour la contenir », a-t-il ajouté.

Il a dans son adresse renouveler la reconnaissance de la nation aux « valeureux bâtisseurs de regrettée mémoire » que sont Hubert Koutoucou Maga, Christophe Soglo, Sourou Migan Apithy, Justin Tomètin Ahomadegbe, Tahirou Congacou, Maurice Kouandete, Alphonse Alley, Emile Derlin Zinsou, Paul Emile de Souza, et Mathieu Kerekou. La même reconnaissance a été également adressée à Nicéphore Dieudonné Soglo et Thomas Boni Yayi.

Dans ce traditionnel discours, le président de la République a aussi salué les artisans, paysans, commerçants, salariés du secteur public comme du secteur privé, religieux ou acteurs politiques qui, affirme-t-il, sous la lumière des projecteurs ou dans l’ombre, contribuent à cette œuvre « passionnante et honorable ».

« Les hésitations qui souvent nous habitent, les erreurs qui caractérisent parfois nos choix, la crainte du changement qui nous cantonne quelques fois dans les acquis éphémères et insuffisants, ne doivent nullement nous stigmatiser et nous faire douter de notre capacité à nous développer nous aussi », a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « Les expériences que notre cheminement nous a permis d’accumuler, doivent plutôt constituer la rampe de lancement vers ce développement certain et durable dont nous rêvons depuis 60 ans. Pour ce faire, nous devons assumer notre devoir d’inventaire avec lucidité, pour surmonter avec courage et responsabilité les difficultés de parcours ».

En effet, pour assurer le développement de ce pays, Patrice Talon préconise des réformes majeures déjà entamée par le gouvernement depuis bientôt cinq ans. « Les résultats déjà perceptibles, de plus en plus appréciés et salués à l’international, traduisent la pertinence de l’option en faveur d’une vision claire pour le développement de notre pays et d’une gouvernance rigoureuse dans tous les secteurs, débarrassée de la corruption, des détournements et de la prévarication », a souligné le premier citoyen béninois, avant d’ajouter, « c’est ce qui a permis à notre pays, dans le cadre de l’évaluation par la Banque mondiale des politiques et des institutions nationales en 2020, d’être classé 2ème du continent africain en matière de gestion économique ».

En 2019, le Bénin a été classé premier des pays francophones d’Afrique en matière de transparence budgétaire, par une structure internationale d’enquête partenaire de la Banque mondiale, du FMI et de l’OCDE.

Cette rigueur dans la gouvernance a permis au pays, depuis le début de cette année, de sortir de la liste des vingt-cinq pays les plus pauvres de la planète et de quitter la catégorie des pays à faible revenu pour intégrer le groupe de ceux à revenu intermédiaire.

Dans son discours, il se montre optimiste face à l’éradication et de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie de la population béninoise. « La pauvreté et la misère peuvent être éradiquées quand le travail devient une valeur et constitue la véritable source de revenu, quand l’anticipation, l’organisation, la méthode et la rigueur caractérisent la gouvernance et quand chacun répond de son action devant la loi », a indiqué le chef de l’Etat béninois, avant de souhaiter « bonne fête nationale à toutes et à tous ».

 

Josiane Mambou Loukoula

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