Interview. Alégra Nicka : « La nuit fait partie de la vie et elle me fascine énormément »

Mardi 3 Décembre 2019 - 15:15

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Après sa première exposition solo, en avril 2018, sur le thème « La force de la nature : journal d’un voyage », la jeune artiste peintre revient au-devant de la scène, grâce à « Planète nocturne ». Entretien sur son récent travail exposé aux ateliers Sahm jusqu’en janvier 2020.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Peux-tu te faire connaître à nos lecteurs ?

Alégra Nicka (A.N.) : Je suis Alégra Nicka. Née et résidant à Brazzaville, j’ai fait deux ans d’études en droit avant de tout abandonner et me consacrer entièrement à l’art. Formée sur le tas en autodidacte, je suis un peu "touche-à-tout". En effet, je pratique la peinture, la performance, la musique, le design, la photographie, la comédie et un peu de théâtre. Ce n’est pas toujours facile de concilier le tout, mais j’ai cette manie de laisser les choses se faire par elles-mêmes, sans pression.

L.D.B. : Parlez-nous de votre présente exposition et pourquoi le choix de ce thème ?  

A.N. : La nuit fait partie de la vie et elle me fascine énormément. A la fin du XVIIIe siècle, de nombreux artistes adoptent le symbolisme, un mouvement qui ramène l’artiste à l’esprit, à la nature et à l’imaginaire. Et quand j’ai reçu une bourse de recherches, je me suis dit qu’il fallait pouvoir trouver un thème sur lequel travailler. Naturellement, je me suis penchée vers la nuit. Qu’est-ce qu’on peut bien faire la nuit, car elle est très paisible et mystérieuse à la fois ? J’ai fait des recherches sur le thème, notamment les différents artistes qui ont travaillé sur ce sujet et les œuvres déjà produites. « Planète nocturne » est une expression personnelle qui suscite la préoccupation sur l’état d’âme d’un corps pendant la nuit. L’insomnie, le rêve et le souvenir douloureux sont les concepts phares qui interviennent dans cette recherche artistique où la couleur noire est très dominante.

L.D.B. : Qu’est-ce qui vous a emportée pour réaliser ce travail ?  

A.N. : Tout a commencé par une phase d’insomnie qui me hantait et, de là, je me suis mise à peindre. A chaque fois que le ressenti était intense, l’inspiration fusait et, petit à petit, la passion a opéré sa magie.

L.D.B. : Combien de temps ont duré les travaux de réalisation et quels sont les matériaux utilisés pour cette exposition ?

A.N. : La réalisation de cette exposition a duré environ deux semaines. Cela a vraiment été deux semaines de travail intense car il m’arrivait de me réveiller et de faire trois tableaux une seule nuit. Pour cette exposition, j’ai notamment utilisé du fusain, de la cire aquarelle et de l’acrylique sur du papier. Je me suis également servie du sparadrap et du fil cousu pour exprimer la reconstruction, le processus de guérison.

L.D.B. : Que peut-on retenir de cette exposition ?

A.N. : Cela dépend avant tout de la perception de chacun. En cela, j’invite le grand public à visiter, interroger, plonger au cœur des œuvres et aussi s’en procurer. Toutefois, à titre personnel, cette exposition est un message de liberté, une manière d’extérioriser sa douleur pour en guérir. D’autant plus que mon travail est une marche vers soi, j’ai utilisé ma propre expérience pour emmener autrui à s'y identifier et se redécouvrir.

L.D.B. : Combien de tableaux compte cette exposition ?

A.N. : L’exposition regroupe onze tableaux, dont les coûts varient entre trente mille et cent cinquante mille francs CFA.

L.D.B. : Des projets en vue pour 2020 ?

A.N. : Forcement !  Je serai emmenée à bouger un peu de gauche à droite, avec la réalisation de projets majeurs qui me tiennent beaucoup à cœur. Mais je préfère garder secret pour l'heure.

Propos recueillis par Merveille Atipo

Légendes et crédits photo : 

1-L’artiste peintre Alégra Nicka, auteure de l’exposition « Planète nocturne »/ DR 2-" Woman on moon", l'une des pièces de l'exposition /DR

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