Interview. Caleb Batata : « Les dirigeants doivent avoir l’information en temps réel »

Samedi 4 Mai 2019 - 19:30

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L'ingénieur informaticien, coordonnateurprincipal de Development study  company (DSC) et expert en développement logiciel (domaine de recherche d’intelligence artificielle spécialisé en intelligence singulière), estime, dans cette interview accordée au Courrier de Kinshasa, que ce qui manque aux gouvernants congolais, c’est la disponibilité de l’information pouvant leur permettre de bien remplir leurs missions.

Le Courrier de Kinshasa (L.C.K.) :  Pour quelles raisons pensez-vous que les autorités doivent être informées en temps réel ?

Caleb Batata (C.B.) : Avant de vous répondre, je voudrais dire qu' un Etat fort, c’est celui qui a l’emprise de son milieu. Maîtriser son environnement implique plusieurs disciplines. Le but est d’avoir un contrôle consolidé, aboutissant à une bonne prise de décision. Ainsi, un Etat fort doit explorer des stratégies lui permettant de savoir qu’est ce qui s’est passé, qu’est ce qui se passe, pour prévoir ce qui va arriver. En effet, nos dirigeants se trouvent dans une situation où ils n’ont pas la possibilité d’avoir des informations fiables en temps réel. Ce qui cause la megestion totale et occasionne même le non développement de notre pays.  Si j’ai voulu m’imprégner de ce sujet, c’est pour aider nos dirigeants à prendre des décisions réelles. Nous sommes partis du constat selon lequel, nos dirigeants n’ont pas l’emprise de l’information en temps réel. Et, nous nous sommes rendus compte que l’Etat doit mettre en œuvre les outils fiables pour consolider l’information. Comme disait Jean Louis Lemoine dans son livre intitulé "La modélisation du système complexe", « l’information permet à l’organisation d’adapter son comportement à chaque instant pour la régulation, se transformer, rééquilibrer, afin d’être en osmose avec l’environnement ». D’où l’information peut aider nos dirigeants à prendre des bonnes décisions .

L.C..K :Comment entendez-vous alors rendre l’information fiable à la disposition des dirigeants ?

C.B. : Voilà qu’interviennent les nouvelles technologies de l’information et de communication. Certes, toute personne morale ou physique étant dans le sol congolais ou pas, sans discrimination, peut avoir une vision dans l’optique du développement du pays sur le plan numérique. Le développement d’un pays, en effet, découle du fruit des idées dont la matérialisation demande une implication indéniable de ses ressortissants. La mondialisation et l’apparition de la technologie nous donnent plusieurs privilèges et outils permettant à une organisation ou à un Etat d’avoir un monopole sur le milieu où il exerce ses activités et la disponibilité de l’information est fortement nécessaire. Tout d’abord, pour y arriver, il faut une implication totale des informaticiens : malheureusement, ce travail n’est pas encore valorisé en RDC. C’est pour cela que vous trouverez plusieurs déficits liés à la formation des informaticiens pouvant permettre à une organisation ou un Etat de conserver ses données pour une exploitation en temps réel. Aujourd’hui, la bataille est celle de la technologie, parce que l’homme cherche à comprendre et à maîtriser la nature en exploitant plusieurs théories et approches scientifiques à la résolution d’un problème. Alors, les dirigeants doivent disposer, à leur tour, des moyens nécessaires pour une formation active des informaticiens. Car ceux-ci aideront le pays, avec les prototypes artificiels, à contrôler les entreprises et à créer sa propre technologie.

L.C.K. : Qu'es-ce qu'il y à faire pour avoir ces informations en temps réel partout?

C.B. : L'Etat doit mettre des ordinateurs pour la centralisation de systèmes dans différents ministères, pour être informé en temps réel de tout ce qui se passe. Il doit également chercher à stocker ces informations. Et c’est là que les informaticiens interviendront afin de les analyser et donner des propositions qui vont aider les autorités à pendre des décisions fiables.

L.C.K. :  Avez-vous une organisation qui s’en occupe déjà ?

C.B. : Oui, nous avons créé notre compagnie, le DSC, dans le souci d’aider notre pays à aller de l’avant, à avoir des outils technologiques. C’est une compagnie créée par des jeunes informaticiens congolais bien qualifiés. Nous pouvons rendre ce travail fiable sur toute l’étendue du territoire national. Sur ce point, je n’ai pas trop de commentaire à émettre mais pour tous ceux qui veulent nous contacter, ils peuvent appeler au +243 811702089, pour de plus amples explications sur tout ce qui est entrepris et ce qui peut être fait.

L.C.K. : Votre dernier mot ?

C.B : Nous, les informaticiens, ne pouvons pas toujours laisser la tâche aux politiciens parce qu’eux réfléchissent par rapport aux textes, alors que nous, nous réfléchissons au-delà des besoins de l’utilisateur et nous cherchons des solutions à y adapter. Nous devons aussi nous auto-former. Ce que je peux demander à nos dirigeants, c’est de créer des centres de formation et beaucoup d’ateliers informatiques pour vulgariser cette science de l’informatique dans notre pays.

 

Propos recueillis par Mélanie B. Lukenie (stagiaire)

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