Interview. Noellie Ngombe : « Mes écrits relatent mon état d’esprit et mon envie de valoriser les femmes en général »

Vendredi 4 Septembre 2020 - 12:46

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Emancipation de la femme congolaise, relations fraternelles, amour et foi, ce sont les principaux sujets que l’activiste Noellie Tamaris Ngombe aborde dans son prochain recueil de nouvelles. Nous l’avons rencontrée.

Les Dépêches du Bassin du Congo : En septembre vous ferez votre rentrée littéraire avec la publication du premier recueil de nouvelles tiré du blog « Les billets d’humeur de Noellie ». Qui est Noellie et quels sont ses humeurs ?

Noellie Tamaris Ngombe (N.T.G) : J’ai publié depuis trois ans plusieurs articles d’opinion et une vingtaine de nouvelles sur ma page Facebook intitulée « les billets d’humeur de Noellie ». Les 3500 lecteurs de la page ont pu me découvrir à travers des sujets qui me tiennent à cœur : émancipation de la femme congolaise, relations fraternelles, amour et foi. Les nouvelles contées ont un thème récurrent, celui de la relation amoureuse. Et la plupart des personnages sont congolais.

L.B.D.C : En parcourant votre page Facebook, nous avons pu nous imprégner de cet univers dans lequel vous contez ces histoires, sont-elles imaginaires ou c’est du vécu ?

N.T.G : Ce sont en majorité des histoires imaginaires, il y a quelques anecdotes vécues qui viennent souvent agrémenter le tout. Dans le recueil de nouvelles qui sortira en octobre 2020, l’histoire intitulée « Akeyi » aborde le sujet du deuil, c’est sûrement la nouvelle dans laquelle je parle un peu plus de moi. Je l’ai écrite après le départ d’un être cher et j’ai voulu parler de tout ce qui se passe autour de la perte d’un membre de la famille, les secrets, la mort vue par les yeux de la sœur de la défunte.

L.B.D.C  : Outre la littérature, vous avez plusieurs initiatives à l’endroit de la jeune femme, quelle est la place de la femme dans ce recueil ?

N.T.G : Toutes mes histoires mettent en avant des personnages féminins forts. Des femmes pour la majorité actives, toutes sont en quête de reconnaissance : tantôt au sein de la société, tantôt au sein de leur cellule familiale. Mes écrits relatent mon état d’esprit et mon envie de valoriser les femmes en général. J’ai en amont fondé le Collectif Entre Elles qui met en relation des femmes bénévoles actives à d’autres femmes dans le besoin, on les accompagne au quotidien dans leurs démarches administratives, professionnelles ou médicales. En 2019, le Collectif a organisé une collecte de serviettes hygiéniques pour des collégiennes. Pour octobre 2020, le Collectif fera gagner un ordinateur portable et une enveloppe de 100.000FCFA à une lycéenne, grâce à un concours d’écriture où elle devra répondre à la question suivante : comment imagines-tu la femme congolaise en 2030 ?

  L.B.D.C : Vous prévoyez aussi de lancer un podcast, de quoi s’agira-t-il ?

N.T.G : Le podcast est lancé depuis mi-août. C’est une série de trois podcasts qui va permettre aux lecteurs d’avoir un résumé des nouvelles qui seront présentes dans le recueil qui paraîtra au mois d’octobre.

Trois nouvelles sont mises à l’honneur. Akeyi qui parle du deuil d’une sœur meurtrie par le décès de son ainée. La rumeur qui soulève le sujet de l’amitié homme-femme. Puis, le retour au pays qui parle d’un jeune congolais qui rentre au Congo retrouver son amour d’enfance, à son arrivée, c’est le début d’une longue série de péripéties.

Sur les trois podcasts, j’échange avec deux lecteurs de la nouvelle. Chacun donne son synopsis et son avis sur l’histoire sans pour autant en dévoiler la fin. L’idée étant de servir un teaser vocal avant la sortie du recueil.

 L.B.D.C : En tant que jeune femme activiste comment percevez-vous la littérature en ce 21è siècle ?

N.T.G : La définition même du mot littérature m’autorise à dire que c’est un art qui permet d’exprimer un idéal de beauté et un ensemble de ressentis. A titre personnel, encore au 21ème siècle, la littérature constitue le meilleur exutoire qui soit. Avec un stylo et une page blanche, on peut tout dire, tout expliquer et tout commenter. Je vais finir sur une phrase de Jules Renard qui peut soulever une polémique : « La femme se rattrape singulièrement, dans la littérature, de la situation, dit-elle, inférieure, qu'elle tient de la société.», ce n’est pas totalement faux.

Propos recueillis par Sage Bonazebi

Légendes et crédits photo : 

Photo1 : L'activiste Noellie Tamaris Ngombe Photo2 : Couverture de l'ouvrage

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