Interview. Reddy Amisi : « Il n’y avait pas une période brillante dans Viva-la-Musica, mais plusieurs »

Lundi 25 Avril 2016 - 17:00

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Encore tout en émoi, le 25 avril en fin de matinée, le célèbre chanteur compté parmi l’un des ex-lieutenants de Viva-la-Musica est revenu sur l’épopée Viva la Musica. Dans cet entretien exclusif, la toute première qu’il a daigné accorder depuis l’annonce du décès inopiné de Papa Wemba, il revient sur ses souvenirs et livre ses impressions sur le personnage illustre qui l’a à jamais marqué.

 Reddy Amisi Les Dépêches de Brazzaville : Quel souvenir gardez-vous de Papa Wemba  ?

Reddy Amisi  : C’était un homme bien, quelqu’un de non conflictuel qui militait pour l’émergence des jeunes talents. Il y avait sa devise, bien sapé, bien coiffé, bien rasé et bien parfumé. À travers ses chansons, il était différent, il présentait ses chansons différemment par rapport aux autres. Quand il a fait le tour du monde avec son groupe Viva-la-Musica, moi j’en faisais partie. Il a emmené sa musique en dehors des frontières du continent africain, au Japon, aux États-Unis, en Australie, dans le monde entier. C’est dommage que l’on soit souvent plus porté à faire des éloges à la mort d’une personne, à embellir tout. Mais là, dans ce cas, ce que moi je dis, c’est vrai. C’est ce que j’ai vécu pendant mes 20 ans dans Viva la Musica. 

LDB : Quel est l’événement le plus marquant que vous avez vécu au côté de Papa Wemba  ?

RA : Mais, il y en a plein. En 20 ans, il y en a plein. Il y a d’abord le tour du monde et le fait qu’il a aidé beaucoup de jeunes, en l’occurrence Reddy Amisi. J’avais 21 ans quand j’ai intégré son groupe. Faire le tour du monde, c’est une histoire marquante. Tu viens de nulle part, ton père n’est pas riche mais tu arrives à faire le tour du globe. Et, avec ça tu rencontres tous les grands, Salif Keita, les Youssou N’Dour, Peter Gabriel, Paul Simon, Éric Clapton, Roch Voisine et plein d’autres grands artistes de ce monde. Donc, il y a beaucoup de bonnes choses mais l’on ne peut pas les dire tout de suite en ce laps de temps. Mais je vous ai donné là quelques éléments.

LDB : Selon vous, quelle serait la période la plus brillante de l’épopée Viva-la-Musica  ?

RA  : Viva la Musica a près de 50 ans, donc les périodes diffèrent. Vers les années 1977, il avait marqué son époque, je n’y étais pas. C’est quand Papa wemba a chanté Mère supérieure. Vers les années 1980, il a chanté Analengo, c’était toujours bien, moi je ne faisais pas encore partie de Viva la Musica. Puis, entre 1981-1982, il a eu la chanson Santa, dans l’album Santa qui avait récolté beaucoup de succès et Viva était toujours au top. Quand nous sommes arrivés, vers les années 1982, Lidjo Kwempa a sorti Ceci cela. Voilà, chaque époque a son histoire. L’on ne peut pas dire que telle ou telle autre a été la plus belle, m’a beaucoup plus marqué. En près de 50 ans, l’orchestre a été jalonné de nombreux faits marquants, il y a eu beaucoup de périodes où les choses ont très bien marché. J’ajoute quand nous sommes allés en Europe en 1985 cela a très bien marché, au Japon en 1986, c’était bien ; vers les années 1990, en 1995, lorsque Papa Wemba a sorti son album Foridoles avec 10e commandement, etc. Il n’y avait pas une période brillante dans Viva la Musica, mais plusieurs où nous avons passé de bons moments.

LDB : Quelle est votre chanson favorite dans Viva-la-Musica  ?

RA  : Ah, dans le répertoire, il y en a au moins 1 000, donc il y en a plein. Je me rappelle quand j’y étais il y avait Viva la Musica et les Molokaï. Dans le grand orchestre, il y avait un groupe constitué qui nous permettait de faire le tour du monde. Il y avait Maria Valencia, Madilamba, des chansons de ce genre. Mais aussi Mère supérieure, Aïsa na Zoé, Fleur Betoko, Bokulaka, Maman, Melina la Parisienne qui m’ont beaucoup marqué. 

LDB : Pouvez-vous nous citer une de vos compositions personnelles reconnue comme un tube de Viva-la-Musica  ?

RA  : Moi, j’ai 150 chansons, je ne peux pas vraiment dire laquelle. J’ai passé mes 20 ans dans Viva-la-Musica, j’en garde de très bons souvenirs. Ma carrière est garnie de 150 titres.

LDB : Et votre première chanson dans Viva-la-Musica  ?

RA  : C’était Kotida en 1982, lorsque j’ai intégré le groupe. Mais ensuite j’ai réalisé six albums dans Viva-la-Musica.

LDB : À quand remonte votre dernier contact avec feu Papa Wemba  ?

RA  : J’ai parlé avec lui récemment quand nous étions en Europe, je suis rentré au pays le 20. Quand il était hospitalisé, nous avons parlé longuement. Il m’avait dit que le médecin lui avait recommandé du repos. Et, lundi ou mardi de la semaine dernière avant qu’il ne parte pour Abidjan, je l’ai appelé juste pour lui dire bonjour.

 

 

 

 

 

 

Nioni Masela

Légendes et crédits photo : 

Reddy Amisi

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