Le 8 mars à Sibiti : les femmes donnent écho à leurs revendications

Mardi 11 Mars 2014 - 16:15

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Au fil du temps, la célébration de la Journée de la femme a pris de l’ampleur. À cette occasion, les femmes du monde entier en profitent pour rappeler leurs revendications. Égalité salariale, droit à l’éducation, lutte contre les violences conjugales, les mariages forcés, les stéréotypes… sont autant de questions abordées chaque 8 mars partout dans le monde. Au Congo, c’est la ville de Sibiti, dans le département de la Lékoumou, qui a été choisie pour célébrer cette fête. Sur place, nous nous sommes rapprochées de quelques femmes responsables qui espèrent des avancées concrètes dans l’application de leurs droits

Blandine Loumandé, directrice de cabinet de l’épouse du chef de l’État

Le 8 mars est une grande journée pour toutes les femmes du monde, qui nous permet de réfléchir sur la situation de la femme. Le combat qui nous reste est que les hommes accompagnent leurs femmes dans les taches à responsabilité. Notre combat d’aujourd’hui est que les hommes prennent conscience et acceptent d’accompagner leurs épouses dans les différentes fonctions qui leur sont attribuées. Aujourd’hui nous sommes heureuses parce que nous allons vers une évolution. Nous remercions le président de la République qui donne l’occasion aux femmes d’aller de l’avant.

 

 

 

 

 

 Sylvie Kaki, chargée de la communication à la Dynamique des femmes de la Lékoumou
Nous avons marché pour soutenir ce message de paix tiré du thème de la journée internationale de la femme cette année. C’est un thème très profond car tout le monde sait que la femme joue un rôle important dans la société. C’est elle la mère porteuse. Il y a un adage qui dit « éduquer une femme, c’est éduquer tout une nation ». Nous réclamons chaque fois l’égalité, mais l’égalité ne veut pas dire désobéir à son époux. La femme a plutôt le devoir d’accompagner et d’assister son conjoint dans toutes ses entreprises. Nous devons lutter main dans la main en faveur du développement de notre beau pays le Congo.

 

 

 

 

 

Elyse Thérèse NGamassa, ancienne présidente de l'URFC

Lorsque nous voyons Michelle Obama, l’épouse du chef de l’État américain, Hillary Clinton, l’ancienne secrétaire d’État américaine, Danielle Mitterrand et les autres femmes célèbres, je pense que nous aussi, nous avons des femmes africaines qui peuvent jouer un grand rôle derrière un homme d’État. Si aujourd’hui on parle de la réussite du chef de l’État Denis Sassou N’Guesso, c’est que derrière lui il y a une femme qui s’appelle Antoinette Sassou N’Guesso. Aujourd’hui si nous revenons encore sur le thème de l’égalité, c’est parce qu’elle n’est pas encore une réalité sur le terrain. En ce qui concerne notre pays, je pense que sur le plan du droit, beaucoup de choses ont été déjà acquises, mais c’est dans l’application où nous pensons qu’il reste encore beaucoup à faire. La femme aussi doit s’engager, car c’est elle-même l’actrice. Le gouvernement prendra des lois mais si les femmes ne se battent pas pour la mise en œuvre effective de ces lois, rien ne se fera. Hier les gens croyaient que la lutte des femmes était une utopie, mais aujourd’hui elle devient une réalité.

 

 

 

Philomène Fouti-Soungou, première secrétaire au Sénat

La parité est un concept que nous avons appris mais un concept sur lequel nous nous battons depuis trois ou quatre ans. Le président de la République avait parlé de la parité en donnant la chance aux hommes et aux femmes de participer au développement du pays. Force est de constater que ça traine des pieds, mais nous osons croire que d’ici là, ce projet de loi sera transmis au Parlement, et que tous les hommes et les femmes l’adopteront pour que cette parité s’applique. L’exemple donné par l’épouse du chef de l’État est d'une importance capitale. Parfois, lorsqu’on nomme une femme à la tête d’une structure nationale, si le mari n’est pas de bonne foi, la femme a des problèmes pour pouvoir progresser. Même au niveau national, nous sommes confrontées à ce genre d’obstacles.

 

 

 

 

 Jeanne Françoise Leckomba Loumeto Pombo, ancienne première ministre de la Promotion de la femme

Cette journée célébrée par la femme congolaise depuis 1965 et instituée par les Nations Unies en 1977 offre aux femmes du monde l’opportunité de poursuivre la lutte pour la reconnaissance de leurs droits. C’est une lutte engagée depuis des siècles par des femmes courageuses.

La célébration cette année de la journée sur le thème : l’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour tous et toutes, nous interpelle de manière à agir pour booster, canaliser et rentabiliser les atouts dont disposent les femmes dans tous les domaines, pour le devenir de notre pays. Il est donc nécessaire de bannir toutes les discriminations et l’injustice dont sont victimes les femmes et promouvoir l’égalité en droit entre l’homme et la femme, de donner les mêmes chances et les mêmes opportunités aux filles et aux garçons, aux femmes et aux hommes dans tous les domaines de la vie. Au moment où nous célébrons la 104e journée de la femme, il sied de souligner que dans notre pays, l’égalité homme femme n’est pas encore effective du fait de la persistance de plusieurs pesanteurs socioculturelles.

 

Yvette Reine Nzaba

Légendes et crédits photo : 

photo 1 : Blandine Loumandé, directrice de cabinet de l’épouse du chef de l’État photo 2 : Sylvie Kaki, chargée de la communication à la Dynamique des femmes de la Lékoumou photo 3 : Elyse Thérèse Ngamassa, ancienne présidente de l'URFC photo 4 : Philomène Fouti-Soungou, premier secrétaire au Sénat photo 5 : Jeanne Françoise Leckomba Loumeto Pombo, ancienne ministre de la Promotion de la femme