Les immortelles chansons d’Afrique : « Ancien combattant » de Zao

Jeudi 6 Février 2020 - 21:28

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Depuis sa sortie, la chanson « ancien combattant » ne cesse de marquer les esprits et les mémoires. Ce titre a propulsé son auteur au sommet de l’art d’Orphée.

Produit par Music-Club, enregistré et mixé à l’I.A.D (Industrie africaine du disque) de Brazzaville, « Ancien combattant » a connu un succès mondial. En 1983, ce tube remporte le premier prix au Festival de musique d’Afrique centrale. L’opus doit son succès en partie du fait de la participation de grandes pointures de la musique congolaise. La direction de l’orchestre est assurée par Jeff Louna, guitariste de renommée internationale. Les guitares de Samuel Pembele et de Jeff Louna s’accordent avec le clavier de Freddy Kebano alors que la batterie de Ricky Siméon, les percussions de Zao et de Clotaire Kimbolo puisent dans le folklore du Congo.

« Ancien combattant » est également porté par une basse de Rémy Salomon et les riffs d’une section cuivre exécutée par Sammy trompette (trompette et trombone) et Houla Bruno (saxophone). Le chœur est assuré par Pie Aubin, Ricky Siméon, Jeff Louna, Clotaire Kimbolo, Barnabé Matsiona.

Ce titre dessine le portrait d’un ancien tirailleur qui a survécu à la guerre mondiale. Avec un néologisme inventé par l’artiste, comme « cadavérer », qui signifie « tuer ou mourir », l’artiste invite l’humanité à prendre conscience des dégâts que peut causer la guerre. La guerre mondiale ce n’est pas bon (…) quand viendra la guerre mondiale tout le monde cadavérer». ZAO manie bien l’humour et l’ironie pour faire passer son message antimilitariste.

Une chanson culte inspire d’autres artistes

En juin 2015, ce morceau a galvanisé l’artiste Stromaé qui avait du mal à emballer le public brazzavillois présent à son concert. Dès que Zao monta sur scène, l’atmosphère changea. Au moment où il interpréta "Ancien combattant", les spectateurs hurlaient de joie. Ses prouesses scéniques et la qualité comique de ses exhibitions laissèrent pantois l’artiste Stromaé qui ne faisait que crier en indexant Zao. « C’est lui qui m’a inspiré. Il a écrit formidable bien des années avant moi. Je lui dois tout. Sans lui mes chansons n’auraient pas vu le jour », reconnaît-il.

Outre Stromaé, le compositeur d’ancien combattant a influencé plusieurs artistes tant sur le continent africain qu’européen. Originaire de la République du Congo, Zoba Casimir, dit Zao, est né le 24 mars 1953 à Goma Tsé-Tsé. « J’ai commencé la musique, comme tout Africain, en jouant les percussions et en chantant avec un groupe de mon quartier. En 1968, on jouait et on dansait tous les soirs au marché. Le groupe s’appelait les Gloria, nous n’avions pas plus de 15 ans », raconte-t-il. Après cette première expérience, l’artiste va rejoindre l’un des grands groupes congolais Les Anges où il sera recruté en tant que chanteur, percussionniste et danseur. C’est principalement avec ce groupe qu’il a acquis son expérience de scène.

En 1977, Les Anges ont participé au festival de la chanson politique en Bulgarie, où ils remportaient la palme d’or. En 1978, Zao entre à l’école des instituteurs. La même année, Les Anges vont à Cuba pour le festival mondial de la jeunesse. En 1980, trois membres des Anges dont Zao sont choisis pour se rendre en Italie à l’occasion du festival Mondovision à Florence. En 1981, il se présente au concours Découvertes RFI, sans succès, bien qu’il ait été sélectionné parmi les finalistes. En 1982, il se présente à nouveau avec la chanson "Sorcier ensorcelé" et il obtient le prix de l’ACCT. Le 28 novembre 2017, lors de la célébration de la journée de la République, il est élevé au grade de commandeur dans l’ordre du mérite congolais par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso.

Fréderic Mafina

Légendes et crédits photo : 

La pochette de l'album

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