Libye: les deux camps rivaux s’accordent pour un cessez-le-feu durable

Mercredi 5 Février 2020 - 13:53

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« Les parties au conflit en Libye se sont mises d'accord sur la nécessité d'un cessez-le-feu permanent et durable pour remplacer une trêve incertaine », a déclaré le négociateur de l'ONU, Ghassan Salamé, à l’issue des pourparlers tenus le 4 février à Genève (Suisse).

« Ces pourparlers à Genève visent à écouter attentivement la position des deux parties sur les conditions leur permettant d'accepter que cette trêve se transforme en un cessez-le-feu permanent et durable », a déclaré le représentant spécial du secrétaire général pour la Libye et chef de la Mission d'appui des Nations unies dans ce pays (MANUL).

En effet, les deux parties se sont réunies pendant deux jours à Genève au sein de la « Commission militaire mixte libyenne 5 + 5 » après plusieurs mois de conflit à l’extérieur de la capitale Tripoli entre le gouvernement d’union national (GNA) de Fayez al-Sarraj reconnu par l'ONU et l'armée nationale libyenne (LNA), dirigée par Khalifa Haftar, qui a assiégé la capitale en avril dernier.

Le risque que la situation se détériore persiste, a averti Ghassan Salamé, malgré un appel à une trêve lancé début janvier par les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan.

L’embargo sur les armes est « sans cesse » rompu

Bien que cette trêve ait été acceptée par les deux parties, le fonctionnaire onusien Salamé a noté qu'en même temps un embargo international sur les armes était « sans cesse » rompu, avec des preuves d'ingérences étrangères croissantes.

« Nous avons de nouvelles preuves sur le fait que de nouveaux équipements mais aussi de nouveaux combattants - des combattants non libyens - rejoignent les deux camps. Par conséquent, nous pensons que l’embargo sur les armes est violé par les deux parties », a-t-il déclaré.

« Ce qui se passe en Libye est un scandale », a, pour sa part, déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York.

Confronté au défi de parvenir à un résultat positif de ces pourparlers de Genève qui font partie d'une initiative des Nations unies couvrant les aspects politiques et économiques de la crise libyenne, Ghassan Salamé est resté réaliste quant aux chances de succès, avant de nouveaux pourparlers.

« C’est après tout la première fois, depuis très longtemps, que des officiers supérieurs des deux camps se rencontrent. Ne vous attendez pas que la réunion d'hier après-midi règle tous ces problèmes », a-t-il dit.

Interrogé sur une mission de surveillance du cessez-le-feu par l’Union européenne en Libye si les pourparlers s’avèrent fructueux, Ghassan Salamé a insisté sur le fait que c'était une décision « qui doit être prise par les Libyens eux-mêmes ». Selon lui, cette proposition sera « certainement » discutée cette semaine.

Dans un appel lancé au Conseil de sécurité pour qu'il agisse sur la Libye, le responsable onusien a noté qu'il était crucial de désamorcer la situation, alors que le peuple libyen est confronté à l'incertitude et à la violence depuis le renversement de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011.

En janvier, un rapport conjoint des Nations unies publié par la MANUL et le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a révélé qu’au moins deux-cent quatre-vingt sept (287) civils ont été tués et environ trois-cent soixante neuf (369) autres blessés l’an dernier.

Yvette Reine Nzaba

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