Lire ou relire : « De la bouche de ma mère » de Georges Mavouba-Sokate

Jeudi 18 Juillet 2019 - 20:45

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Paru aux éditions L’Harmattan, ce recueil de sept contes issus du patrimoine culturel Kongo est le fruit de la mémoire de la mère de l’auteur.

Si la figure de la femme est chère à Léopold Sédar Senghor, elle ne l’est moins à Georges Mavouba-Sokate. Par ce titre, il fait l’éloge de sa mère, une véritable bibliothèque, pour son patrimoine culturel qu’il a su lui transmettre. Anonyme, elle est le dépôt du savoir ancestral transmis de génération en génération par l’entremise de la tradition orale, faite de contes, de fables et renfermant des enseignements riches en morale.

Comme sa mère jadis, l’auteur, au moyen de l’écriture, s’assigne la tâche de transmettre aux lecteurs ces précieux enseignements capables de faire d’eux des références et modèles de la société. Par ces contes dans lequel le surnaturel, l’invraisemblable rejoignent le vécu, le conteur fait un flash-back dans le passé du Royaume Kongo où la forêt et bien d’autres espaces sont sacrés et mystérieux. Aussi dénonce-t-il certains vices comme la jalousie, le fratricide, la malhonnêteté, etc., qui fragilisent l’élan d’harmonie au sein de la collectivité.

Le respect des règles qui régissent la rédaction du conte témoigne de leur connaissance par l’auteur. Les éléments « il y avait une fois ou il était une fois » et la présence du surnaturel caractérisent l’univers du conte.

Dans le premier titre, La légende des deux luminaires, le conteur raconte le processus qui aboutit à la nomination du soleil et de la lune et de leur règne. Dans Le Gendre, il explique le triomphe d’un jeune artiste nommé Kountoukoua qui déjoue les plans du vieil homme appelé N’Donzoao après sa mort. Dans les tradi-esthéticiennes, l’auteur montre comment au nom de la jalousie une bande de filles originaires de Lovo tue leur amie N’Dona, plus belle qu’elles. L’origine d’une nymphe, N’zombo l’unijambiste, Le palmier des mânes, La vierge, l’eunuque et le diable figurent également dans ce même recueil.

« De la bouche de ma mère » de Goerges Mavouba-Socate, « Les dits de nos ancêtres » de Ing Weldy Télémine Kiongo, « Tracas d’un rêve, conte vili » de Jean Dello, « Le lièvre et le caméléon » de Bernard N’Kaloulou… sont des signes qui témoignent de la bonne santé de la littérature congolaise orale.

Originaire du Congo-Brazzaville et ancien professeur d’anglais, Georges Mavouba-Sokate est né en juillet 1949. Il est aussi auteur de deux recueils de poésie publiés aux éditions Souvenir au Benin, Mal de mer à vingt ans et Des îles de l’Extrême Océan. Il a longtemps travaillé dans les sociétés pétrolières au Congo.

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Couverture du livre

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