Lire ou relire : "Fleurs du Mayombe" de William Brice Makosso

Vendredi 13 Décembre 2019 - 12:18

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Le juriste et poète écrit pour conjurer le spectre de la guerre en Afrique. La guerre qui pousse beaucoup d’Africains à l’exil.

"Fleurs du Mayombe" est un recueil de trente-cinq poèmes en vers libres. L’auteur y « exprime sa révolte intérieure face à la destruction sans précédent de l’Afrique, à l’indifférence notoire de la communauté internationale. Ces poèmes constituent souvent de longues mélopées où le poète apostrophe l’injustice », telle est, en partie, la présentation de l’ouvrage à la quatrième de couverture.

Le recueil commence, en effet, par une apostrophe adressée à l’humanité dans sa diversité. « Frères du monde/ Ecoutez cette parole », écrit le poète pour interpeller les consciences sur les horreurs de la guerre qui endeuille le continent africain. « Né sous les bruits de guerre/ J’ai respiré la guerre/ (…) Je n’ose plus croire/ A la sagesse de l’humain/ Qui trouve sa joie en faisant couler/ L’eau de boudin », peut-on lire.

S’identifiant à tous ces déshérités de la vie qui errent sans repère à cause des guerres à répétition, William Brice Makosso rapporte des anecdotes tragiques pour montrer le comble du malheur nourri dans une indifférence généralisée. « Même les anges étaient incapables/ De se mouvoir pour me rendre service », écrit-il.

Quémandant la compassion du lecteur anonyme qui se trouve être chacun de nous, il invite donc à l’humanisme contre cette barbarie. « Je veux que tu sois Homme/ Plongé dans la pleine humanité », invite le poète.

Et, en même temps, à tous les fugitifs des atrocités qui quittent leur pays en choisissant la voie de l’exil, l’auteur leur recommande d’être solidaire aux siens. « Souviens-toi que ta langue c’est ta culture/ De près ou de loin, garnis tes origines/ Pour que la porte de ton pays te soit toujours ouverte », recommande-t-il.

Devant les situations calamiteuses que traversent l’Afrique, l’heure n’est plus à l’ambiance ou à l’insouciance, mais plutôt à la méditation ou mieux à l’intercession. « Je ne peux pas penser au soleil/ Et m’imaginer à la plage/ Quand les veuves sont violées dans leur intégrité/ (…) / Mon cœur saigne/ Je ne danse plus/ Je suis à genou », avoue le poète.

Par ailleurs, il met en garde ceux des Africains qui se permettent de détruire leur pays pour construire le bonheur hors du continent où ils sont mal aimés. « Un jour, tu comprendras/ Que tu es un enfant du Congo/ de la Guinée/ de l’Angola/ du Tchad/ du Togo/ du Sénégal », fait-il siginfier. Aussi enjoint-il au changement de mentalité par le renoncement à toutes pratiques mortifères. « Donne-toi la peine d’être façonnable/ Car le goût de recommencer habitera ta demeure/ Et tu comprendras que l’autre c’est la vie », conseille William Brice Makosso.    

 

 

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Couverture du livre

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