Lire ou relire : « Grands Lacs : sur les routes malgré nous ! » d’Emilie Efinda

Jeudi 5 Mars 2020 - 21:51

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« La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas », dit Paul Valery. Ce fléau est l’une des causes principales des migrations forcées dans la zone du Bassin du Congo. Emilie Efinda s’en inspire pour tisser la trame de son roman paru aux éditions L’Harmattan.

Sur la première de couverture de ce roman autobiographique et historique, on y voit la fresque d’un gorille, celle des hommes avec des bâtons de pèlerin, portant des baluchons, des femmes et des enfants escaladant une montagne escarpée. Ces images évoquent un exode dans les conditions difficiles au parcours sinueux, parsemés d’embûches et débouchant sur les zones forestières et parcs dangereux. La cause immédiate de cet exode est la guerre.

En 1996, un conflit armé éclate en République démocratique du Congo opposant le régime politique du président Joseph Désiré Mobutu et les rebelles rwandais, conduits par Laurent Désiré Kabila. Bukavu est en ébullition. Dans cette ville résident Emilienne, le personnage principal, et Ali, son époux, ainsi que leurs enfants. C’est une famille opulente.  Grands Lacs : sur les routes malgré nous ! est, en effet, le récit tragique de la longue marche qu’entreprennent Emilienne et sa famille pour se rendre à Kinshasa. Par manque de vols aériens, la voix routière devient l’option préférentielle. Mais à quel prix !

Dans ce roman, l’auteure tourne en dérision « la défaillance du système politique » de son pays (p. 94), l’immoralité, le manque de patriotisme et le barbarisme des hommes armés (pp. 93-102). Se ressourçant dans sa foi en Dieu, elle salue avec force la convivialité et l’hospitalité des villageois et des citadins, gage de leur survie.

Emilie Efinda est née le 31 août 1950 à Bukavu en République démocratique du Congo. Après des études de pharmacie à l’Université libre de Bruxelles, elle s’engage à Bukavu dans une entreprise spécialisée dans la culture du quinquina et la production de la quinine. En 1996, la guerre des Grands lacs l’oblige avec toute sa famille à émigrer à Kinshasa. Ce roman est le témoignage des péripéties vécues au cours de ce périple.

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Couverture du livre

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