Lire ou relire : " La colère du fleuve" de Prince Arnie Matoko

Jeudi 6 Juin 2019 - 22:21

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Sept nouvelles constituent le recueil publié aux éditions Renaissance africaine. Le contenu de l’œuvre montre l’attachement de l’écrivain congolais à son pays.

"L’expulsé", " Demain je suis riche", " La rue des sorciers", "C’est triste de perdre sa meilleure amie", "Un fou pas comme les autres", "Le soleil de Fleuville", puis "La colère du fleuve", sont des récits qui reflètent la contemporanéité de la société congolaise. L’écrivain comme témoin de son temps s’érige en porte-parole des malheurs du peuple.

Comme l’attestait le pédagogue romain, Quintilien, « on écrit pour raconter et non pour prouver », Prince Arnie Matoko s’inspire des réalités de son terroir pour relater des histoires vraisemblables dans lesquelles ses contemporains n’auront la peine de reconnaître la véracité des faits. Cependant, il faut admettre un préalable, cette œuvre, malgré son apparence réaliste, demeure une fiction, et non un documentaire écrit.

L’auteur revient sur les thèmes classiques de la littérature congolaise : le majestueux fleuve Congo, les désillusions de l’émigration vers l’Europe, la satire sociale et d’autres réalités endogènes.

En plus, la richesse linguistique de ce recueil réside sur l’usage des lexèmes issus du sociolecte local, des néologismes appelés demain à enrichir éventuellement la langue française. Il s’agit, entre autres, des congolismes « yaya » ou « ya… », « baisser la médaille », « un singlet », « un petit nganda », « le système de madeso ya bana », « poutoulou », « un ngaya », « croiser le cercueil », ou encore des mots de la langue verte comme « courtesianisme », « nomalisme », « bibliophobie » et « culturophobie ».  

"La colère du fleuve" est, selon les critiques littéraires Ramsès Bongolo et Bruno Roger Makaya, « une véritable chronique congolaise », « une agape de l’esprit à consommer sans modération, si vous avez un peu de temps ». C’est le sixième ouvrage de Prince Arnie Matoko, après "Mélodie des larmes" (Chapitre.com, Paris), "Sous les ailes de l’aurore" (Les Editions du Net, Paris), "Ces fruits de mon jardin intérieur", "L’enfant de l’or noir et du sel" (Edilivre, Paris), "Un voyage à New York" (L’Harmattan, Brazzaville), et " Lettres de sang" (Renaissance africaine, Paris).

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

La couverture du livre

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