Lire ou relire : « Le lièvre et le caméléon » de Bernard N’Kaloulou

Vendredi 18 Octobre 2019 - 12:55

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Sociologue et géographe, l’auteur de l'opuscule se donne la tâche de divertir et d’éduquer la société à travers des contes du Congo-Brazzaville.

« Heureux pays que celui qui possède un Jean de La Fontaine pour instruire ses enfants », s’exclamait René Leguy. Comme le fabuliste français, Bernard N’Kaloulou puise dans le patrimoine culturel congolais treize contes dans lesquels une variété d’animaux remplit les fonctions d’actants.

Dans ce recueil, le lecteur y découvre un vocabulaire riche de noms d’animaux, d’oiseaux et d’arbres. Aussi l’auteur poursuit-il deux objectifs, l’un ludique et l’autre pédagogique. Le caractère ludique de ses contes se traduit par le divertissement qui peut produire des réactions diverses sur le lecteur, selon sa sensibilité.

A travers la trame de ces contes où le merveilleux s’invite parfois, soit pour châtier, restaurer l’ordre en infligeant des sanctions aux auteurs des actes licencieux, soit pour aider le héros à accomplir une tâche difficile, le narrateur dénonce certains travers sociaux et justifie l’origine de certaines situations conflictuelles qui opposent les animaux. Par ailleurs, il montre aussi l’importance de l’interdépendance des relations entre individus vivant dans une même société en les invitant à la solidarité pour l’amélioration effective de leur milieu naturel.

En fait, tous ces animaux sont des masques. Cette symbolique traduit les situations que vivent les hommes. Voilà pourquoi à la fin de chaque récit, l’auteur donne une leçon de morale qui se présente sous la forme de proverbes et qui les résume.  Du genre : « Rien ne sert d’envier le sort des autres. Accommode-toi du tien et tu n’iras pas mal » pour le premier titre. « Devant une offense, l’aîné ruse toujours, pour ne pas perdre », dans le deuxième conte. « Sur terre, le Créateur, c’est la famille. Quiconque s’en exclut sera pleuré par les corbeaux et les vautours et enterré par les chacals et les hyènes », dans le troisième. « Sans le concours de ses affluents, de quoi le grand fleuve Congo peut-il avoir l’air ?», dans le quatrième. Ainsi de suite. 

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Couverture du livre

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