Loisirs : un nouveau jardin public à Brazzaville fascine les gamins

Vendredi 6 Juillet 2018 - 18:47

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Avec l’installation de différents jeux, le jardin public de la Case De Gaulle, dans le deuxième arrondissement Bacongo, en diagonale du viaduc de la corniche et à portée de vue de Kinshasa, attire les tout-petits en cette période de vacances scolaires.

 

Le plus beau jardin de la ville qui vient pallier le manque d'espaces  publics de qualité dans la capitale accueille déjà les visiteurs. En attendant son ouverture officielle par la mairie de Bacongo, l’espace est envahi de jour comme de nuit par des enfants et des adultes en quête d’un endroit paisible.

Avec une superficie de 13 000 mètres carrés, le jardin public de la Case De Gaulle est composé d’une fontainerie à jets d’eau multicolores, d’un mur en cascades, d’un bassin à trois palmiers et de deux aires de jeux pour enfants. Le premier est composé de deux tourniquets, un toboggan pour les tout-petits et deux balançoires. Le second comprend un toboggan pour enfants et deux balançoires.

Les jeunes aussi bénéficient d’un espace approprié pour jouer au patinage. Ce moment de jeu est encadré par des patineurs expérimentés pour transmettre les bases de ce sport. La patinoire est divisée en deux parties dont une laissée libre à ceux qui maîtrisent déjà la discipline tandis que d’autres s’initient dans le jardin. Chacun peut évoluer ainsi à son rythme en découvrant le plaisir de la glisse. Un autre endroit a été aménagé pour l'apprentissage à la danse.

Un espace pour tous les âges

Ouvert aux personnes de tout âge, ce jardin est également un lieu de rencontre et de partage. Au centre, l’on peut aussi admirer un autre jet d’eau servant à amuser les plus jeunes et à relaxer les plus âgés. Les petits commerçants ambulants en profitent aussi pour faire de bonnes affaires. Tout se passe sous l’œil vigilant de deux ou trois personnes en uniforme pour sécuriser le lieu et prévenir d’éventuels troubles. « Ce jardin nous coupe du quotidien de la vie du travail. Il nous offre du repos et de la détente dans notre esprit comme dans notre corps. Il s'agit d'une partie essentielle dans notre vie. Je viens prendre de l’air tous les jours ici en compagnie de ma petite copine », a lancé Prince, un jeune garçon de 23 ans.

L’endroit est rehaussé par des espaces verts avec trois aires de repos et un parking d’une capacité de cinquante voitures. Selon le gestionnaire et responsable de l’entretien du jardin, Cyr Massala, l’espace sera bientôt remis à la mairie de Bacongo par la société chinoise China road and bridge corporate (CRBC) qui assure actuellement sa gestion et son entretien.

Pour les enfants, les loisirs sont perçus comme une opportunité pour se détendre, d’apprendre de nouvelles choses. Ils sont également l’occasion de tisser ou de renforcer des liens d’amitié et familiaux. «Cet endroit permet aux enfants de faire de nouvelles expériences, hors de la cellule familiale ou scolaire. Ici, ils ont le temps de faire de nouvelles découvertes. Ceux qui sont peu habitués aux interactions avec d’autres enfants y découvrent des notions telles le partage, les règles de vie collective. Ils testent de nouvelles choses. C’est un espace de socialisation et pas uniquement pour la petite enfance mais bien à tous les âges », a confié Valérie, une jeune femme qui assistait ses deux enfants en train de jouer.

Les travaux de ce jardin public ont été réalisés de février 2016 à septembre 2017. Après sa remise provisoire, d’autres travaux d’aménagement se poursuivent, d’après le gestionnaire.

L’absence de toilettes publiques, un constat amer

Le jardin public de la Case De Gaulle procure aux visiteurs l’agrément d’un lieu en retrait de la norme urbaine. Cependant, les visiteurs restent dubitatifs quant à son entretien.

De ce jardin en passant par ceux de la préfecture, du camp Clairon, de Blanche-Gomes, de Droits de l’homme, du Mausolée Marien-Ngouabi ou celui du lycée Pierre-Savorgnan-de Brazza, le constat reste le même. Aucun de ces lieux publics ne possède de toilettes publiques. « Je déplore le manque de toilettes en ce lieu. L’on se demande pourquoi les jardins publics sont dépourvus même d’urinoirs. D’ici là, tous les lieux publics seront empestés de matières fécales », a déploré Corinne, une Ponténégrine en vacances à Brazzaville.

En effet, l’absence de sanitaires dans les jardins publics a des conséquences néfastes. Certains inciviques ont, d’ailleurs, transformé les anciens lieux publics en dortoirs et dépotoirs, anéantissant ainsi le travail journalier abattu par une entreprise chargée de l’assainissement de la ville capitale. « Le lieu est impeccable mais nous déplorons l’absence des toilettes. D’ici peu, les gens chercheront à satisfaire leur besoin naturel dans les fleurs », s’est plaint Ruben, élève en classe de terminale qui fréquente les lieux en compagnie de son ami pour la lecture.

Ingrid, élève habitant au Plateau des 15 ans, affirme qu’avant de venir méditer au jardin de la préfecture, elle prend toutes ses précautions. Mais elle a déclaré qu’un jour, n’ayant pas pris ses dispositions, elle était obligée de se cacher dans un coin pour satisfaire un besoin naturel. Les jardins publics jouent également un rôle important dans la protection de l’environnement. Cependant, l’installation des toilettes peut donc être l’occasion de réfléchir et d’innover, afin d’éviter que ces endroits ainsi que les artères pour y accéder soient transformés en véritables vespasiennes.

Yvette Reine Nzaba

Légendes et crédits photo : 

-Les tout-petits glissant sur un toboggan -De jeunes gens s'entraînant à la danse - Une vue du jardin le jour - Le jardin la nuit / Photos Adiac

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