Lutte contre le paludisme : le Dr Erick Mukomena appelle à la mobilisation de tous

Lundi 27 Avril 2020 - 13:30

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Le plaidoyer du directeur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le Dr Erick Mukomena, a été lancé le samedi 25 avril à l’occasion de la célébration de la treizième édition de la journée mondiale  de lutte contre le paludisme placé sur le thème ‘’Zéro malaria commence avec moi’’.

La RDC a célébré la journée mondiale du paludisme dans un contexte marqué par le Covid-19. A la place d’une manifestation grandiose, c’est une conférence de presse tenant compte de la distanciation sociale qui a été organisée par le PNLP .

Au cours de ce face-à-face avec les médias organisé grâce à l’appui de l’ONG Sanru, le directeur dudit programme s’est montré optimiste quant à la concrétisation de ce thème. Pour lui, avec l’implication de tout le monde,  à savoir la présidence, les gouvernements central et provincial, les médias, les communautés, il est possible de parler de "zéro malaria".

Le Dr Erick Mukomena soutient que la lutte contre le paludisme est multisectorielle. Il y a plusieurs acteurs qui entrent en jeu et plusieurs secteurs doivent se mettre ensemble pour pouvoir éradiquer ce fléau ». Cet engagement, explique-t-il, commence au niveau central en passant par le niveau provincial, opérationnel avec les zones de santé. Au niveau communautaire, il y a l’engagement des ménages. Cet engagement passe par la prévention de la maladie. «Chacun où il se trouve ne devra pas tomber malade. Pour ce faire, nous devons tous utiliser la moustiquaire imprégnée d’insecticide, cet outil est indispensable. La moustiquaire imprégnée d’insecticide est disponible », a-t-il signifié. La prévention, a-t-il poursuivi, c’est aussi l’assainissement péri et intra domiciliaire. « Ce sont des travaux que nous pouvons faire nous-mêmes dans nos parcelles pour éviter les gites des moustiques », a dit le docteur.

Une autre stratégie de prévention de cette maladie qui affecte plus les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, c’est le traitement préventif intermittent (TPI) de la femme enceinte. Pour prévenir le paludisme chez la femme enceinte, le N°1 du PNLP a souligné qu’elle doit recevoir quatre doses. La première à la quatorzième semaine de la grossesse, puis à la seizième et à la vingt-quatrième semaine. La dernière dose interviendra à l’accouchement.

Le Dr Erick déplore le fait que certaines femmes enceintes ne respectent pas ce traitement parce qu’elles se présentent en retard  aux consultations prénatales. L’idéal serait d’atteindre au moins 80% de taux de couverture de TPI mais seulement, a regretté le directeur du PNLP, 57% de femmes recourent au TPI.

Les études sur le vaccin contre le paludisme

Pour ce qui est du vaccin, Dr Erick a indiqué que des études sont avancées dans plusieurs  pays africains dont le Ghana, le Mozambique et le Malawi.  « Même si ces vaccins sont certifiés par l’OMS, tout le monde ne sera pas éligible. Ces vaccins ciblent les nourrissons, les enfants qui sont éligibles au programme de vaccination de routine et ne concernent pas les adultes. Ces vaccins protègent à 50%  contre  les crises de paludisme grave chez les enfants », a-t-il soutenu tout en indiquant que la mortalité infantile due au paludisme a drastiquement baissé

Partant à peu près de quarante mille décès répertoriés dans les hôpitaux, a indiqué le docteur, on a fini en 2019 avec treize mille décès. « Nous avons réduit drastiquement en quatre ans le taux de mortalité hospitalier dû au paludisme de 70%. Si on continue avec les mêmes efforts au niveau opérationnel, cette mortalité va avoisiner d’ici 2022 moins de cinq mille et on contribuera ainsi à la survie de l’enfant congolais », a-t-il fait savoir.

Blandine Lusimana

Légendes et crédits photo : 

Le directeur du PNLP, Dr Erick Mukomena

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