Management artistique : un artiste est appelé à bien gérer sa carrière

Jeudi 24 Octobre 2019 - 21:25

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Placer un artiste musicien congolais sur la scène internationale est un travail qui demande assez de stratégies car être célèbre dans son pays d’origine n’est plus un atout majeur pour l’artiste qui vise conquérir le monde. C'est ainsi que l’adaptation aux évolutions devient le maître mot du métier.

Conquérir la scène internationale relève d’un grand défi pour de nombreux artistes. Le public a des besoins que l’on doit prendre en ligne de compte car l’offre doit combler ses attentes.  C'est suite à ce constat que Josué Bakoua dit Josh Djido, manager d’artistes, producteur et diffuseur de spectacle partage son expertise à quelques artistes congolais comme Fanie Fayar, les danseurs contemporains Delavallée Bidiéfono de Baning’Art et Arnaud Mahoukou. Au niveau international, il est avec Freddy Massamba, artiste congolais basé en Belgique.

Licencié en finances publiques, il est arrivé dans le monde de la musique depuis 2013. En tant que manager d’artistes, il est en contact avec des producteurs, des éditeurs phonographiques et musicaux, des attachés de presse et des tourneurs pour les rendre davantage visibles.

« Un manager est cette personne qui planifie, organise, dirige et contrôle les activités d’un artiste. Il doit avoir une connaissance juridique énorme pour la lecture des contrats signés entre l’artiste et les producteurs, les éditeurs phonographiques et musicaux, les attachés de presse, les tourneurs. Car il met en relation l’artiste et ce monde-là.  Il défend également les intérêts des artistes sur les sources de revenus : les droits de travail, les droits d’auteur, les produits dérivés. C’est un métier que je fais aujourd’hui avec fierté », explique Josh Djido. 

Il est bien vrai que la musique a beaucoup changé et ne se consomme plus comme avant. Avec l’arrivée du numérique, les gens préfèrent acheter une seule chanson qu’un album entier. Aussi, l’impression aujourd'hui est que la musique a pour bastion l'Afrique de l'ouest, alors qu'hier, c’étaient les deux Congo avec la fameuse « rumba ». A en croire Josh Djido, cela fait qu’il y ait des changements au sein des mélomanes où les gens préfèrent de plus en plus une musique plus vivante comme l’afrobeat, l'afrotrap, etc.

« Fanie Fayar faisait du tradi-moderne. Nous nous sommes dits qu'il faut que nous migrions vers d’autres genres de musique dans le but de conquérir plus de public. A cela s’ajoutent les goûts des programmateurs dans les médias. Il y en a qui ne programment que du jazz dans leurs chaînes de télévision ou de radio », a confié le manager.

Avec elle, il a compris qu’il fallait réorienter sa musique puisque la rumba est seulement consommée par les deux Congo et les Congolais de la diaspora ne sont pas aussi nombreux que ceux de l’Afrique de l’ouest. Les salles de spectacle en France, par exemple, se remplissent lorsque les artistes musiciens de cette communauté livrent des concerts.

 Josué Bakoua regrette également que la plupart des artistes congolais n’aient pas de dossiers de presse. Quand ils en ont, selon lui, ils sont mal élaborés, alors que ce travail doit être professionnalisé au lieu de se limiter seulement au succès. Il a indiqué que les organisateurs des festivals reçoivent beaucoup de dossiers et n’ont pas le temps de lire celui qui est mal présenté.

La formation est alors indispensable. La dernière organisée sur « Les métiers de la musique urbaine » à l’Institut français du Congo de Brazzaville visait, entre autres, cet objectif. A peine une dizaine avait répondu à l’appel alors que la carrière d’un artiste est assimilable à un œuf.

« Pour mettre l’artiste à l’abri de cette situation, il faut élaborer un plan de carrière sur un nombre d’années précis. Le manager est le socle de la carrière de l’artiste. Une gloire qu’on ne lui reconnaît pas si ce n’est de l’accuser lorsque l’artiste est en déclin », en pense Josh Djido. 

Achille Tchikabaka

Légendes et crédits photo : 

Josh Djido, manager d'artistes

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