Mariage coutumier : et si on harmonisait le prix ?

Vendredi 11 Janvier 2019 - 11:09

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Prix de la coutume ou prix du mariage ? quelles que soient les réponses, les deux se languissent finalement au point où réussir sa dot au Congo reste assujetti à des années d’économie afin de faire face aux caprices des factures parfois utopiques.

Le mariage et la coutume se présentent comme intimement liés. Malheureusement, la complexité de certaines traditions pose problème, rétractant nombre d'hommes à s’engager conséquemment dans le mariage.

Il ne s’agit pas là d’un désintérêt envers la personne qu’on aime mais plutôt d’une incapacité notoire à répondre aux attentes matérielles de la future belle-famille. Pourtant, les choses ont été rendues plus simples par le code de la famille fixant le montant à cinquante mille francs CFA. Cependant, ce document est foulé au pied par la belle-famille, pensant certainement trouver une solution à ses difficultés en fixant la barre très haut, avec des sommes astronomiques allant de cinq cent mille jusqu’à trois millions de francs CFA. Ajouter à cela des cadeaux en nature, en argent et le devoir d’habiller les beaux parents, les tantes ainsi que le cadet de la future épouse.

Au regard du train de vie actuelle des Congolais dont plus de la moitié gagne un salaire de moins de cent mille francs FCA par mois, il n'est pas facile de réaliser la dot lorsque déjà, il faut faire face aux énormes charges quotidiennes. On comprend aisément qu’il n'est pas donné à tout le monde  de réunir des économies pour honorer le mariage coutumier, déjà trop cher. Si les tarifs deviennent quelque peu osés dans la plupart des traditions, d’autres coutumes y ajoutent du grain à moudre. La formulation reste quasiment la même sauf que chez les Kongo, par exemple, le mariage s’effectue des deux côtés de la future épouse (côté paternel et côté maternel) pour plus de garantie afin d’être reconnu entièrement et surtout pour fermer la porte à tous sortes de mauvais sorts.

La quantité de certains objets exigés en nature va dépendre de la taille de la famille qui doit en bénéficier en fonction du nombre des membres qui la composent: pagnes, foulards, chaussures, costumes, grosses marmites, etc.

L'insolite est que certains vont jusqu’à l'extravagance,  exigeant des groupes électrogènes, des écrans TV plasma, motos Jakarta, kavaki, véhicules... Malheureusement, le constat est que les plus nantis encouragent ces débordements des belles-familles, n’hésitant pas à accorder du rab pour se distinguer des autres.

Les plus démunis, quant à eux, préfèrent contourner ces difficultés en optant pour des unions libres. Ils offrent juste ce qui est appelé le premier et deuxième vin, équivalent à des fiançailles officialisées, en attendant de verser mensuellement le montant de la dot jusqu’à épuisement. Cela peut prendre plusieurs années. En réalité, la vraie solution ne peut venir que de l’Etat par l’entremise du ministère des Affaires sociales qui doit proposer une loi répressive pour dissuader les familles cupides qui bafouent le code de la famille, en allant au-delà du montant du mariage coutumier fixé à cinquante mille FCFA.

Jade Ida Kabat

Légendes et crédits photo : 

Le poids de la dot fait traîner les mariages

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