Maternité: des femmes victimes de mauvais traitements

Jeudi 10 Octobre 2019 - 12:00

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Sur les deux mille seize femmes observées, 42% ont été victimes de violence physique ou verbale, de stigmatisation ou de discrimination, et 14 % ont subi une forme de violences physiques, souligne une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée, le 9 octobre.

Beaucoup de femmes sont victimes de mauvais traitements pendant l'accouchement dans des établissements de santé, selon une nouvelle étude de l'OMS qui a été menée au Ghana, en Guinée, au Myanmar et au Nigeria.

« Les femmes plus jeunes et moins instruites sont celles qui risquent le plus d'être victimes de mauvais traitements, notamment de violence physique et verbale, de stigmatisation et de discrimination, de procédures médicales effectuées sans leur consentement, de recours à la force pendant les procédures et d'abandon ou de négligence de la part des travailleurs de la santé », a précisé l’OMS dans un communiqué.

L’étude a également constaté des taux élevés de césariennes non consensuelles, d'épisiotomies (coupures chirurgicales faites à l'ouverture du sexe pendant l'accouchement) et d'examens vaginaux.

« Les directives de l'OMS promeuvent des soins maternels respectueux pour toutes les femmes, c'est-à-dire des soins qui préservent la dignité, la vie privée et la confidentialité, garantissent l'absence de préjudices et de mauvais traitements et permettent un choix informé et un soutien continu pendant le travail et l'accouchement », a souligné l’organisation.

Parmi les femmes observées pendant le travail et l'accouchement, 13% des accouchements par césarienne, 75% des épisiotomies et 59% des examens vaginaux ont été effectués sans leur consentement.

En plus de la violence physique - le plus souvent des gifles, des coups ou des coups de poing-, 38% des femmes sur les deux mille seize observées ont subi des niveaux élevés de violence verbale - le plus souvent, en se faisant crier dessus, gronder et en faisant l’objet de moquerie. Onze d'entre elles ont également été victimes de stigmatisation ou de discrimination, généralement en raison de leur race ou de leur origine ethnique.

Adopter des politiques claires sur les droits des femmes

Selon l’OMS, pour lutter contre les mauvais traitements pendant l'accouchement, les systèmes de santé doivent être tenus responsables et des ressources suffisantes doivent être allouées pour fournir des soins de santé maternelle de qualité et accessibles, et pour permettre la mise en place de politiques claires sur les droits des femmes. Les travailleurs de santé ont également besoin de soutien et de formation pour s'assurer que les femmes sont traitées avec compassion et dignité.

Pour mettre un terme à cette situation qui gagne nombre de maternités en Afrique, l’OMS recommande, entre autres, d’améliorer le processus de consentement éclairé pour toutes les interventions médicales ; offrir suffisamment de conseils et de soutien aux professionnels de santé pour les aider à fournir des soins de meilleure qualité ; permettre à toutes les femmes qui le désirent d'avoir un compagnon de leur choix avec elles pendant le travail et l'accouchement ; et d’accroître la demande du public pour des services de maternité de haute qualité.

Cependant, l'OMS demande aux associations professionnelles, notamment des sages-femmes, des obstétriciens et autres prestataires de soins de maternité, de collaborer pour veiller à ce que les mauvais traitements pendant l'accouchement soient systématiquement identifiés et signalés, et que des mesures appropriées soient mises en œuvre au niveau local.

Notons que les résultats de l'étude permettront d’éclairer les politiques et les programmes visant à garantir que toutes les femmes vivent des expériences positives en matière de grossesse et d'accouchement, avec l'appui de prestataires de soins de santé autonomes au sein de systèmes de santé qui fonctionnent bien.

Josiane Mambou Loukoula

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