Médias : des journalistes informés de l’évolution du métier à l’ère du numérique

Samedi 4 Mai 2019 - 16:45

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua, représentant son collègue de la Communication, a indiqué, le 3 mai à Brazzaville, que l’évolution technologique vient révolutionner la presse congolaise.

Bruno Jean Richard Itoua a parlé des avancées technologiques du métier lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, sur le thème « Médias pour la démocratie : le journalisme et les élections en période de désinformation ».  

Le bouleversement de la presse, a-t-il dit, se montre à travers l’internet, les nouveaux médias qui introduisent des nouveaux enjeux et de nouveaux défis, obligeant les professionnels à plus de formations pour s’adapter aux nouvelles techniques et à plus d'éthique pour le respect de leur métier.

Les journalistes, a insisté le ministre, sont exposés à la tentation qui peut les amener dans la manipulation et la désinformation dans la diffusion des fake news. « Le vrai journalisme a pour base les faits qui sont la bonne information, qui sont ici la crédibilité de l’information et la responsabilité du journaliste dans le respect de la déontologie et la méthode relative à l’exercice de son métier », a-t-il déclaré.  

Le monopole de l’internet et des réseaux sociaux a été soutenu également par l’enseignant chercheur à l’Université Marien- Ngouabi, le Dr Idriss Antonin Bossoto, dans sa communication sur le thème « La presse congolaise face aux réseaux sociaux ».

L’orateur a expliqué que l’avantage de ces outils par excellence sur la presse traditionnelle se traduit par la rapidité, l’interaction, la participation et bien d’autres. Ils sont devenus des nouveaux supports d’information qui diffusent l’information dont le public a besoin dans un temps réel ainsi que dans plusieurs formats. « La popularité de l’internet et les réseaux sociaux est que l’information est diversifiée et spécialisée en donnant à l’individu le choix de l’information contrairement aux médias traditionnels qui imposent une information », a-t-il déclaré.  

Idriss Antonin Bossoto a, en outre, déploré la peur des médias congolais à s’approprier les technologies de l’information, la méconnaissance des enjeux de transformation du numérique, le manque de formation et de subvention ainsi que la mauvaise qualité de l’offre de l’information, etc.   

Plusieurs autres communications ont été données à cette occasion, notamment sur les thèmes « Le journalisme et les élections en période de désinformation » développée par le Pr Robert Ludovic Miyouna, et celle portant sur « Le journalisme d’investigation au Congo », par le journaliste Joachim Mbandza.    

Le président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Philippe Mvouo, a fait l’historique de la journée et déploré les risques auxquels sont exposés les professionnels des médias.

La célébration de cette journée, a-t-il expliqué, consiste à rendre hommage à tous ceux qui ont perdu leur vie dans l’exercice du métier. Elle est une occasion pour les professionnels de médias de réfléchir sur des notions de liberté de la presse et de liberté d’expression ainsi que de méditer sur les conditions d’exercice de ces libertés.   

A propos de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, Philippe Mvouo a rappelé que ces notions demeurent fragiles et ne sont pas encore définitivement acquises.  Le Congo qui n’a pas encore atteint la perfection de ces libertés, a-t-il fait savoir, s’affirme dans la promotion des valeurs en encadrant le métier de la presse dans le respect des principes universels.  

Des journalistes exposés aux risques du métier

Le représentant de l’Unesco au Congo, le Dr Jean-Pierre Ilboudo, a donné le nombre des professionnels ayant connu le risque dans la profession. Au total, mille trois cent sept journalistes ont été assassinés et quatre-vingt-dix-neuf tués entre 1994 et 2018, selon le document de l’observatoire de l’Unesco, a-t-il expliqué.

La liberté de la presse, a souligné le représentant de l’Unesco, est considérée comme l’un des principes fondamentaux de tout système démocratique qui repose sur la liberté d’opinion et d’expression. « Le Congo étant parmi les pays qui adhèrent aux valeurs démocratiques est donc enclin à l’organisation périodique des scrutins. A ce titre, les médias ont un rôle vital à jouer dans la prévention des conflits et le soutien aux processus démocratiques pacifiques », a déclaré le Dr Jean-Pierre Ilboudo.

Il a, par ailleurs, relevé la baisse de confiance aux informations livrées par les médias en période électorale, indiquant que les journalistes sont souvent face à des pressions qui les contraignent parfois à donner de fausses informations.

Notons que la cérémonie a été marquée par la remise aux responsables des médias des actes des assises sur la presse congolaise, tenues l'année dernière, et le code d’éthique et de déontologie professionnel. 

Lydie Gisèle Oko

Légendes et crédits photo : 

Des professionnels des médias lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse / DR

Notification: 

Non