Mingi Wingi : réflexions autour des initiatives kinoises pour un monde durable

Mercredi 17 Avril 2024 - 18:36

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Les deux premiers jours de la rencontre initiée par l’ONG Coopération éducation culture (CEC) ont permis, au niveau de Kinshasa, de penser à de nouvelles perspectives de gestion de la ville partant de la perception locale de « l’abondance » basée sur une participation culturelle et artistique enrichissante associant Bruxelles.

1 : Une vue globale de la salle à la clôture de Mingi Wingi/ AdiacFaisant le bilan des assises tenues du 22 au 24 mars, Prisca Tankwey, coordinatrice de la rencontre au niveau de l’Académie des beaux-arts (ABA) s’est bien réjouie de « l’abondance d’idées » partagées. À côté des entretiens d’ouverture, le volet pratique avec la participation d’étudiants a donné une dimension moins conventionnelle à Mingi Wingi. Les échanges de vues incitant à user de l’abondance d’idées pour générer des initiatives porteuses pour les deux villes, et par-delà, deux pays et même deux continents, est un pari gagné. La dernière journée de l’édition pilote de Mingi Wingi à l’ABA était l’occasion, pour les culturels et artistes, de se livrer sur « L’abondance » en rapport avec la ville avec réalisme. Les préoccupations soulevées aux entretiens du 23 mars en début d’après-midi centrées sur la « Rencontre Utopies urbaines, une nouvelle forme d’abondance pour construire les villes de demain » étaient animées par les artistes visuels, Prisca Tankwey et le duo Mukenge/Schellhammer du Laboratoire Kontempo, d’une part, et de l’autre par l’architecte d’intérieur, Simon Kiwa et l’architecte Victor Bay Mukanya.

La seconde partie de la journée de15h30-17h30, la problématique de la restitution a été évoquée au travers des interventions de Prisca Tankwey et Paulvi Ngimbi. Partant de l’autopsie du musée de Kinshasa, ils se sont étendus sur la question : « A quoi pourrait ressembler le musée de demain à Bruxelles, à Kinshasa ou ailleurs ? ». La restitution des masters class débutées la veille, le 22 mars, en écriture, sculpture et bande dessinée ont achevé la journée au terme des discussions nourries des panélistes. La production d’un recueil de poèmes a sanctionné la fin de la Creative writing co-animée par Richard Ali et Do Nsoseme. Une dizaine de planches de BD ont été réalisées à la master class du dessinateur et caricaturiste Thembo Kash.

Penser ensemble et trouver les solutions 2 : Thembo Kash animant la master class sur la bande dessinée/ Adiac

De l’atelier de sculpture sont sorties deux œuvres monumentales réalisées sous la direction active des sculpteurs Bethel Botulu et Jean-Alain Masela. Avec les deux plasticiens, la question environnementale s’est invitée tout naturellement à l’ordre du jour. L’abondance à Kinshasa qu’ils ont abordéé du point de vue de l’insalubrité de la capitale a orienté leur travail sur le recyclage, une pratique commune. En effet, tous deux impliqués dans la protection de l’environnement se sont focalisés sur « l’abondance anormale » des déchets plastiques, conséquence de leur gestion calamiteuse, laissant les habitants à leur merci, les obligeant à une cohabitation inconfortable et malsaine. Ainsi, le recyclage est la solution préconisée face à « l’abondance-nuisance » des déchets plastiques. La master class de Jean-Alain Masela a produit Oxymore, sculpture monumentale à base de bouteilles en plastique. Et, le Volcan a surgi du labeur de Bethel Botulu et ses collaborateurs après fonte de divers déchets, bouchons, bouteilles, sacs, etc.

Finalement, le discours des sculpteurs résumé à travers leurs œuvres respectives s’est focalisé sur l’abondance à travers une sensibilisation directe à la préservation de l’environnement. Initiative qu’a du reste saluée Serge Mpatha Muanza, représentant de la CEC à Kinshasa. La raison d’être de l’œuvre, a-t-il souligné, parlant d’Oxymore, est de « conscientiser la population aux méfaits de la pollution plastique ». D’avis que « c’est important qu’elle ait été réalisée avec les étudiants de l’Académie car ce sont eux l’espoir de demain ». Et d’ajouter : « L’artiste a mis son art au service d’une cause, cela lui confère encore plus un caractère spécial ».

Les efforts conjugués manifestés à travers les dialogues entretenus dans les différents panels ont été appréciés à leur juste valeur par l’artiste visuelle, Prisca Tankwey. En effet, pour l’enseignante, cheffe de département peinture à l’ABA, la rencontre était un succès au terme des activités qui l’ont émaillé. Savoir que, a-t-elle affirmé,  « le bon déroulement des ateliers, panels autour de grandes réflexions, ont contribué à la grande réussite du projet Mingi Wingi ». Et de préciser après cette expérience inédite : « Nous attendons plus de collaboration malgré les nombreux contentieux présents entre les deux pays. Le challenge c’est de penser ensemble et trouver les solutions ». « Créer ensemble l’inattendu, a-t-elle conclu, nous y arriverons quitte à multiplier et diversifier les collaborations pour sortir de ce contentieux une belle entente ».

 

 

 

 

Nioni Masela

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Une vue globale de la salle à la clôture de Mingi Wingi/ Adiac Photo 2 : Thembo Kash animant la master class sur la bande dessinée/ Adiac

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