Moyen-Orient : Israël et les Emirats arabes unis concluent un accord de paix

Vendredi 14 Août 2020 - 14:41

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Israël et les Emirats arabes unis ont conclu, le 13 août, un accord historique de paix et la normalisation de leurs relations diplomatiques, sous l'égide de l'administration Trump, qui prévoit la suspension du projet d'annexion d'une partie de la Cisjordanie.

C'est la première fois qu'un pays du Golfe persique reconnaît l'existence d'Israël, même si la coopération souterraine entre l'Etat hébreu et Abou Dhabi était florissante. Après de longues discussions tripartites, qui se sont accélérées récemment, l’accord a été conclu par téléphone entre Donad Trump, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le cheik Mohammed Bin Zayed, prince héritier d'Abou Dhabi.

Si Israël et les Emirats arabes unis n'entretenaient officiellement aucune relation, en pratique une coopération économique, voire dans les questions de sécurité, s'était développée ces dernières années. La signature d'un accord formel était évoquée depuis un an en raison, notamment, de la décision d'Abou Dhabi d'accepter un pavillon israélien à la foire internationale de Dubaï en octobre. L’accord prévoit qu’Israël suspende ses projets annoncés il y a un an, d'annexion de plusieurs zones de Cisjordanie, sans précisions sur la surface et l'emplacement des zones concernées. « Un accord a été trouvé pour mettre fin à toute annexion supplémentaire de territoires palestiniens », a affirmé cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane.

C'est même « une étape courageuse vers la solution à deux Etats » (Israël, Palestine), a renchéri le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash. Son de cloche différent du côté du Likoud, pour qui « la gauche israélienne et mondiale a toujours dit qu'on ne peut pas faire d'accord de paix avec les pays arabes sans la paix avec les Palestiniens. Pour la première fois dans l'histoire, Benjamin Netanyahu a brisé ce paradigme. »

Dans l'autre camp, le Hamas a aussi jugé que cette normalisation des relations « ne sert pas la cause palestinienne » et constitue « un chèque en blanc pour la poursuite de l'occupation ». L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a qualifié de « trahison » de la cause palestinienne l'accord de normalisation et a appelé à une « réunion d'urgence » de la Ligue arabe pour le dénoncer. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a en revanche évoqué un « jour historique » et un « pas décisif vers la paix au Moyen-Orient ».

« Les Etats-Unis espèrent que ce pas audacieux sera le premier d'une série d'accords clôturant 72 années d'hostilités dans la région », a poursuivi le ministre américain des Affaires étrangères. De même, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a salué « une étape vers la réalisation de la paix au Moyen-Orient. » Israël mène aussi une coopération, malgré l'absence officielle de relations diplomatiques bilatérales, avec le Qatar, Oman et l'Arabie saoudite. Une trentaine de pays ne reconnaissent toujours pas Israël, dont l'Algérie, Bahreïn, l'Irak, le Koweït, le Liban, la Libye, le Maroc, Oman, le Qatar, l'Arabie Saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, et le Yémen. Des analystes israéliens estiment qu'une normalisation des relations avec la plupart des pays du Golfe serait possible à brève échéance, mais nécessiterait un règlement du conflit palestinien en ce qui concerne l'Arabie saoudite.

Yvette Reine Nzaba

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