Musique : Cilia Jules sort "Baobab"

Jeudi 21 Novembre 2019 - 20:05

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De son vrai nom Princilia Louboungou, l’artiste ponténégrine  s’apprête à lancer son single "Baobab" ou quand le rêve devient réalité.

Cilia Jules a dans sa voix un timbre un  peu « roots », racines dont on fait  sans doute les baobabs.  Une voix qui flirte entre orage et soleil, entre gospel et blues,  comme une voix sortie des champs de cotons. Mais avant cela, il y a un quart de siècle, c’est la petite voix de Princilia qui grandit derrière une télécommande de télévision, microphone imaginaire d’une enfant de 5 ans appelée à devenir artiste. Princilia, télécommande à la main, fait de son lit les planches d’une scène sur laquelle elle rêve de monter un jour. Sa sœur Loria habite le même rêve, toutes deux chantent la même langue mystérieuse d’une terre inconnue, un yaourt indéchiffrable et incompris qui élève pourtant les enfants au rang des stars. Leur maman est le chef d’orchestre, la troisième sœur,  Arminda, s’invite également dans ce tendre délire familial.

Si la part de rêve s’étiole au fil du temps, au fil de l’âge, la passion demeure. Du primaire au collège, Princilia chante et dans dès qu’elle peut, prend en main chaque chorale ou chorégraphie de l’école.  Après le baccalauréat, Princilia s’envole au Bénin pour des études de droit qu’elle finira avec un master 2 en sciences politiques et juridiques. Dans l’ancien Dahomey, les rêves ressurgissent dans les nuits de cette élève studieuse qui  se souvient : «C’est au Bénin, entre le chant et la danse, que commence ma vie d’artiste.  J’y ai fait de nombreuses rencontres comme celle avec Jhay Killah avec qui j’ai chanté Retiens la nuit.  Avec le label Afropop, j’ai aussi enregistré un autre titre, Mets moi bien, et je dansais par ailleurs dans la compagnie de danse contemporaine Multicorps. J’ai réussi à concilier les arts et mes études, donnant également des cours de danse comme professeur ou travaillant avec Diamant Noir et John Arcadius. Tout n’a pas toujours fonctionné comme je l’espérais, quelques projets n’ont pas abouti mais tout était magique pour moi. Malgré cela, les études avaient pris le dessus, j’avais l’ambition de travailler au ministère des Affaire étrangères, dans des ONG ou bien des organisations internationales. A ce moment donné, ma carrière artistique s’est donc retrouvée entre parenthèses, je ne chantais plus qu’à l’église et à la maison ».

Il faudra une décennie de silence, à peine troublé par quelques accords que Cilia Jules récite sur sa guitare, pour que le rêve qui semblait endormi la pénètre à nouveau.  «  La musique est en moi, sans doute plus forte que moi.  Elle est une chose qui me hante  comme si je n’avais jamais abandonné ma télécommande, celle que j’avais à 5 ans et qui me servait de micro. Mais j’ai abandonné mon lit pour de nouvelles scènes, chantant pour des spectacles de Matombi Productions ou pour le festival Pointe-Noire en scène.  Dix ans d’absence sur la scène c’est long, je reviens sur la pointe des pieds encouragée par un public enthousiaste qui apprécie mon répertoire world music. C’est ce public qui m’a donné la force, le courage et la foi d’enregistrer deux de mes chansons », dit-elle d’une voix aujourd’hui déterminée.

Le single " Baobab", enregistré au Studio 203 par  le célèbre Aly Moulady et dont le clip est signé par le non moins célèbre Dan Scott, s’apprête à sortir en cette fin de novembre. Outre le second titre "Levourissa", Cilia Jules promet d’autres sorties avec, à la clé, un album en préparation. De quoi satisfaire les mélomanes qui souhaiteraient découvrir un vrai et nouveau talent de la chanson congolaise.

Philippe Edouard

Légendes et crédits photo : 

Cilia Jules

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