Musique: Marie Coco Demba souhaite son retour sur scène

Jeudi 12 Septembre 2019 - 21:57

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Marie Coco Demba est artiste musicienne congolaise et secrétaire aux affaires sociales et de la vie des musiciens dans l’Union des musiciens Congolais (UMC). Femme dynamique, elle estime que les femmes ont la chance de s’imposer sur le marché de la musique au même titre que les hommes.

Musicienne au talent appréciable par sa voix, Marie Coco Demba s’oppose à toute idée de penser que les femmes de sa génération ne peuvent plus rien donner dans le monde de la musique. Ancienne sociétaire des orchestres SBB, Super Boboto de Brazzaville dans les années 1970, elle finira par intégrer l’orchestre Rumbaya de Loko Massengo, au début des années 1980. Après le départ de ce dernier pour la France, elle disparaîtra de la scène musicale parce que n’ayant pas été lancée ou présentée au public comme l’avait fait Rochereau pour Mbilia Bel.

« Les chanteuses à l’époque n’avaient pas la possibilité de chanter en solo. Nous étions obligées de chanter avec les hommes en attaque », a-t-elle indiqué. Aux heures fortes de sa carrière, elle a composé des chansons dont l’un des titres reste gravé dans l’esprit des mélomanes : "Papy".

Loko Massengo, Ange Nino et elle vont constituer un trio très fort ; ils chanteront "Perfusion". Grâce à sa voix angélique, elle séduira Djo Balard, le roi de la sape, qui l’invitera à chanter dans la plupart des chansons qu’il sortit à l’époque de son retour de France, à Brazzaville.

Aujourd’hui, Coco se dit une artiste accomplie, pleine de vie. Elle est contente et fière de travailler au côté de Bernard Bouka, dans l’UMC. Aussi se félicite-t-elle du niveau des débats qu’ils ont souvent lors des réunions sur la  musique au Congo.

Malgré ce temps de répit, sa voix reste la même. Elle espère, par ailleurs, être contactée par un producteur pouvant la ramener en studio. Cependant, elle déplore le fait que l’on ne donne pas assez de chance aux musiciennes de sa génération,  abandonnées à elles-mêmes alors qu’elles peuvent mieux faire.

« A notre époque, il y avait des concerts et des festivals de musique organisés dans des endroits publics pour permettre aux producteurs de découvrir les chanteuses que nous sommes. Il y a beaucoup de chanteuses qui peuvent mieux faire mais, les hommes ne nous donnent pas cette chance de nous exprimer », déplore-t-elle, tout en restant confiante que rien n’est perdu et que dans des jours à venir, Bernard Bouka s'organisera à faire revenir sur scène ces artistes musiciennes qui ne font plus parler d’elles.

Marie Coco Demba n’a pas cessé de composer. Elle se dit prête à sortir un album qui tienne la route et qui soit apprécié par toutes les générations. Mais, sa peur c’est le vide constaté sur le terrain de la musique avec une absence criarde de managers et de mécènes. Un véritable obstacle dans la promotion des artistes musiciennes au pays. Elle pense que c’est aussi la raison pour laquelle les femmes se donnent plus à la musique religieuse que profane.

Pour renverser la tendance, elle émet le souhait de voir un jour le ministère de la Culture reprendre les choses en main en organisant une soirée exclusive « Dames musiciennes » comme l’avait fait la ministre Aimée Ngnali, lors de l’une des éditions du Festival panafricain de musique.

Achille Tchikabaka

Légendes et crédits photo : 

Marie Coco Demba

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