Paix et sécurité : le Congo plus que jamais engagé dans la médiation sous-régionale

Mardi 14 Août 2018 - 22:14

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Au moment où le monde entier fait face au défi de la mondialisation, l’Afrique centrale, déchirée par des conflits armés, retarde son intégration et son développement. Le Congo, engagé dans le règlement de ces conflits sous-régionaux, s’est encore distingué ces derniers mois en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs.

Dans la sous-région Afrique centrale, la diplomatie congolaise a été honorée lorsque le pays a été désigné par ses pairs pour diriger la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Propulsé à la tête de cette organisation, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, a aussitôt inscrit son mandat dans la recherche des solutions aux différents conflits qui affectent cette sous-région.

« Mon mandat commence à l’issue de notre réunion et se place en lien avec la nécessité d’accélérer le règlement des conflits qui affectent la région », déclarait-t-il dans la foulée de sa nomination, rappelant que c’est dans la confiance renouvelée et réciproque ainsi que le soutien inestimable de tous qu’il assumerait cette nouvelle responsabilité. Dès lors, la nécessité s’est imposée à travers le continent d’unir les efforts en vue de mettre fin à ce fléau qui freine son développement.

À ce titre, le Congo a marqué sa présence à tous les rendez-vous visant à résoudre les conflits. À chacune des occasions qui se présentaient, lors des grandes rencontres internationales, le pays a joué un rôle majeur. Ce fut notamment le cas lors de la 72e assemblée générale des Nations unies à New York, aux Etats-Unis, lorsque, prenant la parole, le chef de l’Etat congolais annoncait la tenue à Brazzaville de la 7e conférence internationale sur la Région des Grands lacs et la réunion de haut niveau de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région.

La tenue à Kinshasa, le 14 février, d’un mini-sommet de la CIRGL réunissant les présidents des deux Congo, Denis Sassou N’Guesso et Joseph Kabila, ainsi que l' Angolais Joao Manuel Gonçalves Lourenço figure parmi les activités auxquelles le Congo a pris une part active au plan sous-régional. La rencontre de Kinshasa qui faisait suite à celle tenue à Brazzaville a été l’occasion, pour les trois chefs d’Etat, de souligner l’importance de la paix et de la sécurité dans la région.

Les différents rendez-vous avaient pour but d’envisager les voies et moyens de règlement des différentes crises en cours dans cette partie du continent. Plusieurs autres rencontres en lien avec la paix et la stabilité en Afrique centrale ont été organisées ces derniers mois. La 46e réunion ministérielle du Comité consultatif permanent des Nations unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale, tenue le 1er juin à Brazzaville, s’inscrivait dans ce cadre.

Au sortir de cette réunion, les membres du Comité ont fait observer que les Etats de la sous-région ont réalisé des progrès dans le cadre de l’instauration de la paix et la stabilité des institutions, la consolidation de la démocratie et l’intégration régionale.

S’y ajoute l’organisation à Brazzaville, le 14 juillet, de la treizième réunion du comité régional de coordination rassemblant les directeurs généraux et chefs de service de renseignements et de sécurité de la sous-région. Les assises ont mis l’accent sur la nécessité pour le comité de coordination de mutualiser les efforts des pays de la CIRGL dans le domaine sécuritaire, au regard des grands enjeux actuels, notamment la montée fulgurante du terrorisme.

La capitale congolaise a également abrité, le 18 juillet, la réunion des chefs d’état-major de la CIRGL à l’issue de laquelle, les participants ont souhaité que le mécanisme conjoint de vérification élargi soit doté de moyens financiers et humains supplémentaires pour le rendre plus opérationnel.

La CIRGL pour un processus électoral en RDC

La CIRGL s’est engagée à accompagner la République démocratique du Congo (RDC) dans un processus électoral apaisé, conformément à l’accord du 31 décembre 2016. Au cours des différentes rencontres, le président en exercice de la CIRGL n'a pas cessé de réitérer son appel en exhortant tous les acteurs politiques et la société civile à se mobiliser en vue de la mise en œuvre de cet agenda, dans l’unité, la sérénité, la paix et le respect des accords. Il marquait  ainsi sa disponibilité à soutenir tous les efforts visant à l’aboutissement heureux du processus électoral en cours.

Lors d’une rencontre, le 6 juillet avec le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, l’envoyé spécial de l’Union européenne, Koen Vervaeke, rappelait que son institution tenait au respect par les autorités de la RDC de leurs engagements relatifs à l’organisation des élections générales avant la fin de cette année.

Quelques semaines après, le président en exercice de la CIRGL avait des échanges avec l’envoyé spécial de l’ONU, Saïd Djinnit, et le secrétaire exécutif de la CIRGL, Zachary Muburi-Muita. À l’issue de la rencontre, l’envoyé spécial de l’ONU pour la région des Grands Lacs avait, à cette occasion, affiché son optimisme sur la tenue des élections en RDC. La question a même été débattue au cours d’un forum des parlementaires de la CIRGL tenu du 31 juillet au 1er août à Brazzaville.

Pari gagné, puisque le chef de l’Etat actuel ne briguera pas un troisième mandat lors de l'élection présidentielle de décembre prochain, conformément à la Constitution. L'annonce de la part de la coalition au pouvoir en RDC d’un candidat autre que le président Joseph Kabila représente, en effet, une avancée considérable pour la démocratie dans ce pays.

Le cas de la RDC montre l’importance de la dimension régionale du conflit de sorte que les accords de paix sont les résultats de rapports de concertation entre différents groupes d’Etats voisins de ce pays. Le sommet de la CIRGL qui vient de se tenir le 14 août à  Luanda, en Angola,  a été une occasion pour les dirigeants de plancher sur la situation en République centrafricaine  qui demeure toujours préoccupante.

La Centrafrique, en effet, est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L’Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national. Malgré le retour à l’ordre constitutionnel, plusieurs villes à l’intérieur du pays sont sous le contrôle des groupes armés qui s'affrontent pour avoir la main mise sur des ressources naturelles telles le diamant,  l'or et du bétail. À cause de la perméabilité de ses frontières, le pays continue de subir les effets néfastes de la prolifération et de la circulation illicite d’armes de guerre. Au vu de ces réalités, le combat contre l’impunité est loin d’être gagné.

Connaître la CIRGL

La Conférence internationale sur la Région des Grands lacs (CIRGL) a été créée en 2000 sous l'impulsion du Secrétariat des Nations unies et de l’Union africaine lors d'une conférence à Nairobi (Kenya). La CIRGL est née d’un désir de prévenir les conflits dans une région secouée dans les années 1990 par une série de guerres sanglantes, dont le point culminant a été le génocide de 1993 au Rwanda.

Elle est le fruit d’une prise de conscience quant à la dimension régionale de ces conflits et à la nécessité de mettre en œuvre des initiatives concertées afin de promouvoir la paix et le développement durable dans la région. Les Etats-membres de l'organisation sont l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie.

Les programmes principaux de la CIRGL sont : la paix et sécurité, la démocratie et bonne gouvernance, le développement économique et intégration régionale et les questions humanitaires et sociales. Dans le cadre de son programme sur les questions transversales, la CIRGL aborde les questions liées au genre, à l’environnement, aux droits de l’homme ainsi qu’au VIH/sida.

Yvette Reine Nzaba

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