Pandémie du sida : des pairs éducateurs formés au dépistage démédicalisé

Mardi 10 Décembre 2019 - 18:48

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Le stage sur une nouvelle forme de dépistage qui consiste à aller vers la population qui a parfois peur de se diriger vers les structures sanitaires a été lancé officiellement, le 10 décembre, à Brazzaville.

L’objectif est de contribuer à l’amélioration de l’offre du dépistage du VIH/sida par le renforcement des capacités des pairs éducateurs des organisations de la société civile et mener un plaidoyer auprès des partenaires gouvernementaux, techniques et financiers pour lever les barrières juridiques et politiques du dépistage communautaire.

La formation vise également à renforcer les capacités de ces pairs éducateurs pour être habiles à assurer le dépistage rapide du VIH/sida, à rendre le dépistage plus accessible à la population clé et autres vulnérables ainsi qu’à assurer la gestion des déchets biomédicaux.   

La pandémie du VIH/sida est alarmante au Congo. Le taux de prévalence est de 3,2% d’après l’enquête séroprévalence et sur l’indicateur du sida 2009, dont la tranche d’âge varie de 15 à 49 ans.

Les disparités oscillent entre 1,5% et 4,8% d’un département à un autre. Les catégories de personnes les plus exposées à la maladie sont notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH), dont la prévalence est estimée à 41, 2% et 8, 1% chez les professionnelles de sexe.

D’après l’enquête comportementale réalisée par la direction exécutive du Conseil national de lutte contre le sida en 2017, couplée à la sérologie VIH chez les personnes séropositives, les HSH, la population carcérale et les consommateurs de drogues injectables, 18, 1% des femmes enceintes attendues en 2016 ont bénéficié d’un dépistage du VIH, soit 20% contre 80% prévu par l’objectif d’accès universel.

Le Congo est confronté aux problèmes de disponibilité en ressources humaines en santé. Il connaît un obstacle majeur en matière de fourniture de soins et de services ainsi que dans la prise en charge, lié aux ruptures des antirétroviraux et de médicaments contre les infections opportunistes.

La formation est organisée du 10 au 13 décembre, par l’Association des pairs des jeunes positifs du Congo (AJPC) que dirige Esmo Valerie Maba, avec l’appui technique du comité de la plate-forme de l’Afrique de l’est et du centre (Pace), présidée par Jeanne Gapiya. Les travaux ont été ouverts par la directrice de cabinet par intérim au ministère de la Santé et de la population, Cornelie Gabrielle Adou Ngapi.

La première journée a été marquée par des allocutions et du témoignage de la présidente de la Pace, du Burundi, également personne vivant avec le VIH depuis trente-trois ans ainsi que sur les notions de base sur la maladie.  

Flery Bassaka, représentant la présidente de l’AJPC, a indiqué que le dépistage est une porte d’entrée pour atteindre les objectifs fixés par l’Onusida 90-90-90. « Le dépistage démédicalisé permet de trouver le VIH là où il se cache, d’accroître l’offre du dépistage dans nos communautés afin de contribuer efficacement dans l’atteinte de ces objectifs 2030 : mettre fin au VIH », a-t-il déclaré.

Cornelie Gabrielle Adou Ngapi a assuré les participants de l’appui du gouvernement dans la lutte contre la pandémie du VIH/sida, dans son allocution d’ouverture.  

Le dépistage précoce du VIH sauve les vies

Jeanne Gapiya a souligné qu’à travers les actions menées par sa plate-forme, les antirétroviraux ont été introduits dans son pays, le Burundi. Selon elle, cette formation changera la vie des Congolais.

Elle a, par ailleurs, expliqué qu’elle vit avec le VIH/sida depuis trente-trois ans. « Je me considère comme une rescapée du VIH parce que je suis parmi ceux-là qui ont su leur statut sérologique au moment où il n’y avait pas le traitement antirétroviral et où la discrimination était à la pompe », a-t-elle témoigné.   

Elle a poursuivi qu’elle avait pris la décision de changer sa vie pour se battre contre cette maladie qui avait pris beaucoup de ses êtres chers, en commençant par son enfant et son premier mari, sans oublier ses frères et sœurs et bien d’autres.

 Jeanne Gapiya a exhorté les pairs communautaires à prendre les choses en main car ils bénéficient de l’appui du gouvernement congolais. « Le VIH a une chose positive et équitable car il ne regarde pas les riches ou pauvres, les beaux et les moches », a-t-elle rappelé.  

Lydie Gisèle Oko

Légendes et crédits photo : 

Les pairs éducateurs et les officiels / DR

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