Parc national de la Lomami : une aire protégée à cheval entre le Maniema et la Tshopo

Mardi 13 Décembre 2016 - 17:10

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Huitième de la RDC et première depuis quarante ans, dont la création a été célébrée à l’occasion de sa présentation la soirée du 10 décembre dans la salle Virunga de l’Hôtel Memling, elle renferme plus de cinquante espèces de grands mammifères parmi lesquelles figurent certaines emblématiques telles que le bonobo, l’éléphant de forêt, l’okapi, le bongo et le léopard.

Lesula, une nouvelle espèce de singe discret et mystérieuxCréé le 19 juillet dernier par un décret du Premier ministre Matata Ponyo, le Parc national de la Lomami (PNL), a souligné le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de la Conservation de la nature et du développement durable, s’étale sur 8 874 km2. Représentant le ministre à cette soirée de célébration, il a de manière sommaire entretenu l’assistance sur « la politique de conservation de la RDC et le décret portant création du PNL ». Il a d’entrée de jeu relevé que la RDC est au nombre des dix pays du monde qui compte une méga biodiversité, à savoir qu’il rassemble 50 à 60% des espèces de faune et flore actuellement recensées sur la planète. Il a du reste affirmé que la conservation de cette biodiversité est gérée de façon intégrée.

Dans sa présentation technique du site précédée par celle de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et de ses attributions, le Dr Cosma Wilungula a, de manière plus détaillée, encore renseigné la salle sur le processus de création et la situation du PNL. Le projet TL2 mené par la fondation Lukuru a soutenu le directeur général de l’ICCN, qui a porté à la création du parc remonte à 2007. Il tire son nom du fait qu’il englobe la rivière Lomami située au centre de l’aire explorée et inclut des parties du bassin Lualaba vers l’est et du bassin Tshuapa vers l’ouest. Par ailleurs, le PNL pourvu d’une zone tampon et des périphériques habités par les différentes communautés compte une biodiversité surprenante avec notamment, en plus des espèces emblématiques susmentionnées, le paon congolais, le colobe rouge ainsi qu’une variété remarquable de primates avec treize espèces et sous-espèces de primate diurne recensées. Par ailleurs, il a évoqué la découverte d’une nouvelle espèce de singe, notamment le Lesula (Cercopithecus lomamiensis).Le paon congolais  Et d’affirmer que la menace principale dans la région est la chasse commerciale, le Dr Cosma a loué la franche collaboration du projet Lukuru mené par les scientifiques John et Terese Hart avec les populations locales pour la création du PNL. « Des actions en faveur des communautés sont suffisamment définies, notamment l’amélioration de la qualité des routes de desserte agricole », a-t-il souligné, sans compter la création des étangs pour compenser la pêche. Et d’ajouter  : « Nous ne conservons pas juste pour un besoin de conservation, mais nous conservons pour le bénéfice de la population ». Ainsi, le parc comprend 887 400 ha d’habitat naturel à lui seul sans village ou autre habitation humaine. Il s’étend sur les provinces de la Tshopo et du Maniema, au sud de Kisangani et au nord-ouest de Kindu, chefs lieux respectifs des deux provinces.

Soutien des partenaires

La cérémonie officielle de présentation du PNL organisée à la demande du gouverneur du Maniema avait pour visée d’en souligner l’importance et de démontrer le rôle crucial que peut avoir la conservation de la nature en RDC. De souligner ici que le pays renferme la moitié de la forêt tropicale d’Afrique. Aussi a-t-il exprimé dans son allocution ses félicitation et sa reconnaissance à tous les artisans de l’existence du parc. Ce, en commençant par le chef de l’État dont il a rappelé le souci de sauvegarde de la nature et de l’humanité stimulant l’initiative à travers son objectif de conservation, quitte à porter de 10 à 17% la superficie des aires protégées de la RDC.

Une vue partielle du PNLLes ambassadeurs d’Allemagne, de l’Union européenne et des États-Unis ont, dans leurs interventions respectives, dit les raisons militant en faveur du soutien à la création du parc et renchéri les propos de leurs prédécesseurs. Ainsi, la chef de coopération allemande a notamment prié l’assistance de réfléchir le suivant proverbe indien : « Ce n’est que lorsque le dernier arbre sera abattu que le dernier fleuve sera pollué, que le dernier poisson sera péché, ce n’est qu’alors et alors seulement, que l’homme comprendra que l’argent n’est pas comestible ». Ceci devrait attirer notre attention sur la valeur de la nature, a-t-elle dit, déclarant en sus qu’il est essentiel de protéger le « trésor » que représente le PNL condamnant le braconnage et la coupe illégale des arbres. Du reste, elle a évoqué l’appui de l’Allemagne et de la Banque mondiale au fonds fiduciaire dénommé Fonds Okapi pour la conservation de la nature en RDC avec pour but d’assurer le financement durable des actions de conservation et de protection de la biodiversité notamment des aires protégées dont le PNL. L’ambassadeur de l’Union européenne a, entre autres, parlé de 120 millions d’euros pourvu pour cinq parcs dont une partie va contribuer à améliorer les conditions de vie des populations riveraines. Quant au diplomate américain, il a souligné le soutien apporté depuis 20 ans à la RDC via le programme régional de l’environnement pour l’Afrique centrale financé par l’Usaid, le Carpe. En sus des investissements chiffrés à 125 millions de dollars investis au cours des trois dernières années dans les forêts du bassin du Congo dont la majeure partie est revenue à la RDC, il a souligné le rôle clé joué par les scientifiques américains John et Terese Hart de la Fondation Lukuru dans la création du PNL.

 

Nioni Masela

Légendes et crédits photo : 

Photo1 : Lesula, une nouvelle espèce de singe discret et mystérieux Photo2 : Le paon congolais Photo3 : Une vue partielle du PNL

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