Polémique autour des nominations à la SNCC et à la Gécamines : la base de l’UDPS réclame les têtes des députés Léon Mondole et Charles Nawej

Mardi 11 Juin 2019 - 15:32

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Ça bouillonne au parti de Félix Tshisekedi où des militants en colère viscérale, tiennent à faire la peau aux élus nationaux qui s’étaient illustrés par des propos discourtois envers le chef de l’Etat, lors de la plénière du 7 juin.

Jean Marc Kabund, président intérimaire de l'UDPS tente de calmer les militants du parti lors d'une manifestation lundi 10 juin devant le Palais du peuple/Ph ACTUALITE.CDLe débat qui avait eu lieu au cours de la plénière s'était transformé en un sévère réquisitoire contre la personne du président de la République dont les ordonnances nommant de nouveaux mandataires à la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC) et à la à la Société générale des carrières et ces mines (Gécamines) ont été qualifiées d’anticonstitutionnelles. Léon Mondole, l’auteur de la motion incidentielle ayant donné lieu à ce qui est considéré comme un dérapage de la part des députés du Front commun pour le Congo (FCC), n’avait sans doute pas mesuré les conséquences de son initiative.   

A l'indignation des députés membres du groupe parlementaire UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) et  des partis alliés contre le comportement des élus du FCC tout en stigmatisant les propos outrageants lancés contre le chef de l’Etat, s'est ajoutée celle de la base de l'UDPS. A la 11e rue /Limete où est établi le siège du parti, la colère na faiblit pas. Elle est même montée d’un cran, le10 juin. Des combattants (militants de l'UDPS)  ont résolu d’aller investir le Palais du peuple et faire la chasse aux députés du FCC à la base des débordements ainsi déplorés, ne pouvant tolérer ce qu'ils ont qualifié de déviationnisme ayant élu domicile dans l'hémicycle. N’écoutant que leur propre voix, ils ont pensé avoir des bonnes raisons de réagir. « Le chef de l’Etat est politiquement irresponsable devant le parlement et ses actes administratifs ne peuvent, en aucun cas, faire l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale », ont-ils argumenté. « On n’avait jamais vu ça ni sous Mobutu ni sous Joseph Kabila, que des députés citent en mal le nom du chef de l’Etat ! », a-t-on entendu dire.  

Les activités parlementaires perturbées

C’est sous une forte escorte motorisé (les fameux wewa) sur fond des klaxons et des chants hostiles à l’ancien régime que ces militants ont pris le chemin du Palais du peuple. Arrivés par dizaines sur les lieux, ils ont érigé un check-point pour rechercher les députés FCC, créant de ce fait un tohu-bohu qui a perturbé le déroulement des activités parlementaires. Les plus téméraires ont été même prêts à franchir les corridors sécuritaires érigés par les forces de l’ordre pour forcer l’entrée dans l’hémicycle. Les éléments de la police déployés sur les lieux ont été contraints d’user de gaz lacrymogène pour desserrer l’étau qui s’est formé à l’entrée principale du site parlementaire. Des députés qui ont eu le malheur de croiser cette meute des militants surexcités s’en sont tirés avec des véhicules quasi endommagés. Tentant de contenir la fougue des militants du parti au pouvoir, Jean-Marc Kabund, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale et président intérimaire de l’UDPS, a eu également droit à des invectives avant de se dérober dans la masse.

Cherchant à réitérer le scénario de la veille, les militants de l’UDPS se sont à nouveau présentés le 11 juin au Palais du peuple. C’était sans compter avec la police qui, entre-temps, avait renforcé le dispositif sécuritaire aux abords du site. C’est sur ces entrefaites que le bureau de l’Assemblée nationale a finalement donné de la voix, par le biais de son rapporteur, Célestin Musao Kalombo, pour tenter d'apaiser les esprits. Pour ce dernier, « il n’était pas question de mettre en cause les actes administratifs pris par le chef de l’Etat », lors de la plénière du 7 juin. Celle-ci, à l’en croire, devait débattre plutôt de la gestion des entreprises du Portefeuille. Pour lui, c’est la motion incidentielle du député Léon Mondole qui a orienté autrement le débat, avec un pic sur la formation du gouvernement, non sans que la présidente du bureau ne puisse recadrer les intervenants qui tentaient de sortir du cadre.

Qu’à cela ne tienne. Pour la base de l’UDPS, les députés Léon Mondole, l’auteur de la motion incidentielle, et Charles Nawej, qui avait traité Félix Tshisekedi  d’inconscient pour avoir signé les ordonnances susdites, devraient être interpellés par le procureur général de la République pour « outrage au chef de l’Etat » après la levée de leurs immunités. Dossier à suivre.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Des militants de l'UDPS manifestant devant le Palais du peuple

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