Pollution plastique : les associations Forum des naturalistes et Journalistes verts proposent une recette

Mercredi 6 Juin 2018 - 20:14

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

 Les deux organisations préconisent le recyclage des déchets qui se décline, entre autres, par la valorisation pour une gestion responsable des plastiques.

 

 

 

Forum des naturalistes, une structure née de l’initiative des étudiants en géographie et gestion de l’environnement de l’Institut supérieur pédagogique/Gombe et Journalistes verts (JV), une société de journalistes congolais spécialisés sur des questions environnementales, ont plaidé pour une gestion responsable des plastiques. Ce plaidoyer est en phase avec le thème choisi cette année pour la Journée internationale de l’environnement fêtée le 5 juin : « Combattre la pollution plastique ».

Au cours d’une activité organisée à Kinshasa, le président de Forum des naturalistes, Arec Diambilayi Mutangilayi, a rappelé qu’il y a quarante-six ans que cette célébration a été lancée. « C’est depuis 1972 que le monde a pris conscience de la destruction de la planète par l’homme. L’évolution du monde actuel découvre de plus en plus l’importance très capitale de la protection de l’environnement. La communauté humaine s’est rendue à l’évidence que s’il faut protéger l’environnement et tout ce qui s’y trouve, il faut combattre la pollution plastique »,  a-t-il souligné d'entrée de jeu. Arec Diambilayi a tenté de répondre à une série de questions que se pose bien le commun de mortels sur la pollution, la pollution plastique, les avantages de la lutte contre cette pollution et bien d'autres.

Arec Diambilayi a expliqué que la pollution plastique était corrélée avec le faible coût de cette matière. Ce qui amène, a-t-il fait savoir, une utilisation massive et jetable de celle-ci. Se référant à une revue scientifique « Environnemental Protection Agency », l’orateur a noté qu’en 2011, le plastique constituait 12% des déchets solides municipaux, comparativement à moins de 1% dans les années 1960. Il a indiqué que l'on entend par pollution toute profanation ou souillure des écosystèmes. Autrement dit, c’est la propagation de toute substance susceptible de dégrader la qualité de vie.

Le plastique étant une matière d’origine organique non biodégradable, c’est-à-dire une substance ne pouvant pas être décomposée par des organismes vivants, la lutte contre cette matière est donc justifiée, a-t-il dit. C’est ainsi qu’il a précisé que cette lutte est avantageuse pour l’homme puisqu’elle lui permet de garantir la protection d’une nature non transformée. « Raison pour laquelle le Forum des naturalistes veut sensibiliser le monde à faire un effort pour surmonter l’adversité face à toute utilisation des déchets qui détériorent l’environnement », a-t-il souligné.

Jonathan Tshisungu Kazadi, vice-président de cette association, a brièvement pris la parole pour proposer des solutions au nombre desquelles le recyclage des déchets plastiques, le dépôt de ces déchets dans une poubelle, le triage des déchets domestiques et la réduction de la consommation du plastique. À travers ces pistes de solutions, a précisé cet environnementaliste, « toute stratégie de la gestion des déchets plastiques devra se fonder sur un certain nombre de priorités : prévention, valorisation et ensuite l’élimination », avant de conclure: «Nous devons aussi éviter l’abondance dévastatrice des déchets et prévoir l’environnement avec science ».

Vivement une alternative, propose JV

Pour sa part, le chief executive officer de JV, Désiré-Israël Kazadi, s’est focalisé sur les discours internationaux en lien avec l’environnement. L’objectif était d’interpeller les décideurs de la RDC à jouer leur partition. Dans son intervention, citant un rapport de l’ONU, il a relevé que cinq cents milliards de sacs plastiques sont utilisés annuellement dans le monde, soit 10% du total des déchets produits et que 50% du plastique consommé est à usage unique ou jetable. « La RDC ne peut nullement être absente des pays dont la population vit en voisinage avec des déchets plastiques avec toutes les conséquences qu’ils peuvent entraîner dans leur immédiat environnement », a signifié cet éco-journaliste.

Face à la décision du gouvernement d’interdire la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs, sachets, fils et autres emballages en plastiques au 30 juin, JV propose plutôt un recyclage du plastique comme dans certains pays africains. Un autre choix, pour cette organisation, est d’explorer de nouvelles alternatives visant à réduire l’utilisation excessive de plastiques à usage unique responsable de la pollution. « Le gouvernement ne peut soudainement interdire l’usage du plastique, il devra plutôt proposer une alternative à l’instar d’autres pays qui nous sont proches », a-t-il suggéré.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo 1: Les bouteilles plastiques envahissant un cours d'eau à KInshasa/John Bompengo Photo 2: Récupération des bouteilles en plastique/John Bompengo

Notification: 

Non