Procès 100 jours : Lamuka met la pression sur Félix Tshisekedi

Mardi 23 Juin 2020 - 14:19

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Pour Martin Fayulu et Adolphe Muzito, deux responsables de ce regroupement politique, l’actuel chef de l’Etat devrait s’expliquer devant les juges sur son vrai rôle dans l'exécution de son programme en vue de ne pas faire croire qu’il s’agit juste d’un règlement des comptes politiques contre Vital Kamerhe.

A peine le verdict du procès 100 jours ayant mis en cause Vital Kamerhe et compagnie prononcé, des réactions ont fusé de partout pour commenter la sentence du tribunal. Elles  sont allées dans tous les sens selon qu’on est pro ou anti Kamerhe. Si, pour les uns, les lourdes peines infligées au directeur de cabinet du chef de l'Etat - dont vingt ans de travaux forcés et dix ans d’inéligibilité - se justifient à la lumière de l’argumentaire développé par les avocats de la partie civile et du réquisitoire du ministère public, lesquels ont confirmé le caractère intellectuel du détournement, pour les autres, Vital Kamerhe ne pouvait qu’être relaxé, faute de preuves tangibles.

Le regroupement politique de l’opposition « Lamuka » a aussi donné de la voix en intervenant dans cette controverse via deux de ses principaux leaders, en l’occurrence Martin Fayulu et Adolphe Muzito. Se gardant de commenter le sort réservé à Vital Kamerhe, ces deux responsables de Lamuka se sont plus intéressés sur le rôle joué dans l’exécution dudit programme de 100 jours par l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, dont le nom est revenu plus d’une fois au cours du procès. En effet, au cours de ses interventions, le leader de l’UNC avait soutenu à plusieurs reprises que toutes les décisions prises dans l'exécution du programme de 100 jours l'ont été sur « instruction du chef de l'État ».

Pour Martin Fayulu et Adolphe Muzito qui se sont exprimés par l‘entremise d’un communiqué de presse publié au lendemain du verdict final, le chef de l’Etat devrait s’expliquer devant les juges sur son vrai rôle dans l'exécution de son programme en vue, arguent-ils, de ne pas faire croire qu’il s’agit juste d’un règlement des comptes politiques contre Vital Kamerhe. « Nous réitérons notre exigence de voir les responsabilités être établies à tous les niveaux en rapport avec toute personne qui avait la responsabilité dans le cadre de ce programme. C’est le cas de notre compatriote Félix Tshisekedi qui doit, pour des raisons légales, morale et éthique, s’expliquer, fournir sa version des faits sur son vrai rôle dans le cadre d’exécution de programme de 100 jours, ceci pour éviter qu’un certain nombre de nos compatriotes ne puissent crier au complot et au règlement des comptes politiques à l’issue de ce procès », peut-on lire dans leur déclaration commune.

Le candidat malheureux à la présidentielle de décembre 2018, Martin Fayulu, avait récemment soutenu que « le directeur de cabinet ne peut poser un acte sans que son chef ne soit au courant de rien ». Une façon sournoise de chercher à impliquer mordicus le chef de l’Etat dans un procès pour lequel il n’est mêlé ni de près ni de loin, font observer certains analystes. Ces derniers voient dans cette démarche de Lamuka une énième tentative à vouloir mettre Félix Tshisekedi à porte-à-faux avec l’opinion intérieure. Et pourtant, avancent-ils, l’instruction présidentielle qu’aurait reçue le dircab l’était en fonction de l’exécution des travaux et non en rapport avec un quelconque détournement pour lequel il est seul à en répondre devant les cours et tribunaux. Toujours dans leur communiqué conjoint, Martin Fayulu et Adolphe Muzito ont invité la justice congolaise à se saisir aussi d’autres dossiers de détournement tel que celui de deux cents millions de dollars de la Gécamines, mais aussi d'un milliard de dollars dépensés par la Ceni pour organiser les scrutins en 2018.

Alain Diasso

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