Programme des 100 jours : les chiffres évaluent les premières actions du président Tshisekedi

Mercredi 8 Janvier 2020 - 17:47

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Élu à la tête d’un Etat continent, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est mis directement au travail sans attendre la formation d’un gouvernement de coalition issu du scrutin de décembre 2018. Le 2 mars, il a dévoilé les grands axes de son programme d’urgence pour les cent premiers jours de son mandat. Selon les chiffres recueillis auprès du ministère du Budget, du Fonds de promotion de l’industrie et du Fonds national d’entretien routier, le volume de projets arrêté à 2,481 milliards de dollars américains (USD) a connu un taux d’exécution de 8,7 % entre janvier et septembre 2019. 

Au départ, le programme des cent jours prévoyait un financement global de l’ordre de 304 millions USD avant une réévaluation à 2,481 milliards USD plus tard. On le sait, le programme des cent jours visait à marquer l’opinion et à convaincre les derniers hésitants de la détermination du nouveau président à engager la RDC dans la voie du développement. Par ailleurs, le cabinet de la présidence a confirmé en son temps l’implication de plusieurs ministères dont les Finances et le Budget, de la conception à la réalisation des projets. Dans le cadre de l’accompagnement sur le terrain du programme d’urgence des cent jours, plusieurs institutions de la République ont mis sur pied des cellules de suivi.

Une ONG inquiète

Évaluant le programme, l’Observatoire de la dépense publique sur la gestion des finances (Odep) a mené une étude sur son exécution au cours de la période comprise entre janvier et septembre 2019.  La conclusion générale de l’organisation est que le programme a été géré « en violation de la loi cadre régissant les finances publiques en RDC ». Selon elle, cette situation marque malheureusement un grave recul après de nombreux progrès dans le secteur. Il se dégage de l’analyse des premiers chiffres que 84 % des marchés ont été passés de gré à gré, 15 % par appel d’offres et moins de 1 % par des marchés publics imprécis (sans adresses). Pour la petite précision, les données proviennent essentiellement du ministère du Budget et de l’Autorité de régulation des marchés publics. « Le gouvernement congolais a passé une centaine des marchés publics sur 492 que comptait le programme de cent jours, dont le budget s’élève à 2,813 507 milliards USD. L’exécution de ces marchés publics a été caractérisée par trois faits importants : l’absence de libellé complèt de vingt et un projets d’une valeur de 1 764 256 USD ; cinquante-quatre projets d’un montant de 431 millions USD ont été effectués avec appel d’offres, contre vingt et un  projets d’une valeur de 2 380 456 milliards effectués de gré à gré ».       

Dans l’ensemble, l’Odep note sept facteurs inquiétants : le faible financement du programme de cent jours, la prépondérance des marchés de gré à gré, les projets surfinancés et surfacturés, la faible exécution des projets « route », la violation du circuit de la dépense publique et du Manuel de procédure, la concentration des ressources au sein des institutions et le défaut de suivi et de contrôle. Dès lors, il s’avère indispensable que les autorités RD-congolaises revoient les choses pour réussir ce programme d’urgence qui vise à répondre aux besoins pressants de la population. Des recommandations allant dans ce sens ont été formulées à l’endroit du chef de l’État, du Parlement, du Premier ministre et des organes supérieurs de contrôle.     

Laurent Essolomwa

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